dimanche 3 mars 2019

3 mars : Lire

Le livre se referme
Emmené par le poids de la myriade de
Pages.
Je le laisse
Doucement 
Ploc
S’achever ;
L’ordre des choses.
Je peux le rouvrir
Bien sûr
Et replonger.
Pourtant,
La première fois
Est close.
Le livre
Lourd comme une brique
Se rangera sous peu
Aux côtés de ses
Pairs.
A jamais vivant
Certes.
Plein univers
M’habitera 
De ses mille et une couleurs.
Avant de m’endormir,
A l’heure où les diables sortent du bois,
J’invoquerai
La ronde de ce monde-là.
Et en paix,
Je sourirai
En m’évaporant 
Dans l’inconscient.
Glisserai
Sans fracas
Là où
Funambule est la loi.

Le livre se referme
Et moi
Nourrie d’un nouveau
Rêve.


Le mufle rase l'eau sans un pli, orbites oreilles rosies
Le cuir luisant miroite et se confond
Hippopotame robuste cheval a l'oeil de mouche glisse aquatique.

Zèbre enfume Mouche

Le stupide canasson en pyjama psychédélique
Siamois de surcroît !
Zézaye moqueuse la mouche bernée et vole dans le vide.
Nébuleuse opaque et lourde
Larme blanchit la campagne
La ville danse et crie au loin sous tous les cieux. 

samedi 2 mars 2019

Rhinocéros

Mastodonte tout en pif aux allures de préhistoire,
Image d'étrangeté qui anéantit désir anthropomorphe et force l'autre regard,
Le rhino esbaubit, les oreilles juchées en as de pique.

vendredi 1 mars 2019

1er mars : Mousqueton, alpiniste mousquetaire

Alpiniste solitaires de mes montagnes,
Russes et autres,
Russes entre autres,
J’ai le mousqueton fidèle.
Même en terres fermes
Il est aux aguets,
Il tient la taille,
Observe l’à-venir
Qui s’ouvre devant,
Les arrières en
Sécurité.
Mon mousqueton accroche
Les pierres
Les roches
Les pics
Les plus durs.
Il est rompu à
L’exercice.
Il se rit du danger
Et le reçoit en
Habitué.
Il vise toujours plus haut
Plus près de brûler
Son fer
Au soleil.
Le plat du sol de sa
Planète lui est
Extra-terrestre,
Aliéné à la folie
Et aux grandeurs.
Il demeure
Alors
Collé à
Sa racine.
Ne s’envole plus.
Peureux d'un coup.
La violence et la guerre
Au sommet du monde
Seul
Sont son terrain de jeu.
Les autres 
Le
Tétanisent.

Le fidèle mousqueton ne dort jamais.
Pourtant,
Il ne quitte pas
Son lit,
Ne s’aventure pas
En quelconque 
Marée
Ou
Débordage.
On l’appelle.
On l’admire.
On l’aime même parfois.
Ses pairs s’entrelacent deux à deux,
Ou par grappes et 
Rondes
Rieuses.
Il rit de loin
Et missionne son ombre
Pour
S’acoquiner 
Et 
Cocoriquer.
Réel,
Il demeure
Hypervigile 
A sa base.
Le QG confortable.
Plus ou moins ceci dit 
Puisque bourreau de
Lui-même,
Il ne décroche jamais,
Mâchoire claquée
Murée.
Il ne touche plus
A cette came-là,
Celle qui 
Bras dessus bras dessous
En mousquetons croqueurs.
Il reste clos sur 
Ses plombs
Hermétiques.
La boucle est bouclée
Et personne.

Et je traverse la vie
Agrippée à moi-même
Et mes reliefs acérés
Volcaniques.
Le mousqueton prêt à la guerre.
Surtout,
Les dents 
Serrées,
Les lèvres
Mangées.
Attaches craquées.
Hackeuse 
Je détresse.



Chien sauvage

Deux paraboles plantées sur une tête de toutou comme toi et moi.
L'une à moitié croquée : le toutou est un dur.
Le front tranché par une peinture de guerre : les yeux stridents la déclarent.