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lundi 15 juillet 2019

Poésie

Poésie drape
Rêve
Ronde
Porte
Ouvre
Vole
Vrille
Frappe
Cogne
En poussières d’or
L’esprit et sa raison.

Poésie
Colore
Eclôt
Explore
Explose
Plaisire
Déploie
Sculpte
Rythme
Lance
À pleines mains
La tête à son corps.



jeudi 9 mai 2019

9 mai : Le livre qui s'escalade, Aragon, Les Beaux Quartiers

Page après page
Consciencieusement
L’un des grands noms
Se lit,
Une nouvelle pierre à l’édifice.
Sérieuse
Déterminée
Je ne lâche pas ma prise.
Je poursuis l’oeuvre.
Je garde foi.
Je ne peu le nier,
L’ennui m’a envahie
Et je marche lourdement mot après mot.
L’heure égrène son petit tas de lignes,
Un peu ridicule.
Je m’accroche pourtant
Escalade cette pente ardue.
Je pense à la prochaine étape.
Elle ouvrira la déferlante.
Je pourrai m’y plonger
Sans ramer contre vent.
Une nouvelle ère u livre rocailleux
Mais rien ne meut.
Je m’essouffle.
La raison dure comme fer.
Tu iras jusqu’au bout.
Un point d’honneur.
Un peu idiot n’est-il pas ?
Je m’efforce de penser.
Les grands classiques surgissent.
Je les ai sentis mais ils frappent à tous les
Tournants.
Flaubert et Stendhal s’entrecroisent.
Et pourquoi donc ce nouveau roman
Qui aurait presque l’air
Copié ?
Pourquoi pourquoi ?
Un peu risible cette réplique.
Lui qui sait si fort emporter son lecteur.
Quelle mouche l’a piquée ?
Écrit de jeunesse et lourdeurs d’ingénu ?
Les pas pèsent.
Et puis,
L’intuition que
Quelque chose s’inscrit.
Qu’il vaut la peine.
Qu’il en restera la marque
En moi,
Peu importe le prix.
De ces livres qu’on ne peut pas dire
Sans mensonge éhonté
Qu’on les a aimés.
Qui n’ont rien envolé.
Mais qui demeurent
Jusqu’à ce qu'on en comprenne
Parfois si tard
Le pourquoi lancinant.

vendredi 15 mars 2019

15 mars : salon de livres

Toute minuscule souris
Bondir de livre en livre, trampolines
Se faufiler sous la couverture juste entrouverte.

dimanche 3 mars 2019

3 mars : Lire

Le livre se referme
Emmené par le poids de la myriade de
Pages.
Je le laisse
Doucement 
Ploc
S’achever ;
L’ordre des choses.
Je peux le rouvrir
Bien sûr
Et replonger.
Pourtant,
La première fois
Est close.
Le livre
Lourd comme une brique
Se rangera sous peu
Aux côtés de ses
Pairs.
A jamais vivant
Certes.
Plein univers
M’habitera 
De ses mille et une couleurs.
Avant de m’endormir,
A l’heure où les diables sortent du bois,
J’invoquerai
La ronde de ce monde-là.
Et en paix,
Je sourirai
En m’évaporant 
Dans l’inconscient.
Glisserai
Sans fracas
Là où
Funambule est la loi.

Le livre se referme
Et moi
Nourrie d’un nouveau
Rêve.


samedi 23 février 2019

23 février : littérature fantasy

S’ouvre 
A triple druple quintre 
Myre 
Battants
La porte du 
Livre-monde.
Non pas 
Un petit coin
D’univers
Au microscope,
Une parcelle de 
Réel
Embaumé
De beaux mots.
Non non !
Un pays entier
Comme déjà
Qu’une noble
Âme
Nous révèle.
Par la main,
Nous intronise 
Page après page 
Dans
Cet imaginaire
Flamboyant,
Bien avant 
Nous,
Bien plus 
Puissant
Que simple
Verbe.
Atterris sur une
Nouvelle
Planète
Où tout éveille
Et colore
Sans 
Inquiétant.
Rêve à l'état pur
Pâte habile
Douce boulangère
Érudite 
Pleine de morceaux de
Nous.
Contrées 
Langues
Couleurs 
Et vies
Pas inconnues
Mais 
Jamais vues.
Songées
Sans doute
Aussitôt oubliées
Effacées 
Par le plancher des
Vaches.
Le livre-monde
Promène et vole
Là où
Les règles du 
Jeu
Stoppent nos
Velléités 
Délireuses et
Désordonneuses.
Traversée d’un
Au-delà
Rond comme
L’être 
Tout entier.

dimanche 20 janvier 2019

La poésie s'en va-t'en-guerre


Le grand show bat son plein, french cancan en froufrous
Lueurs colorieuses et les yeux pleins d'étoiles
Les êtres pimentés piquetés qui s’étalent
Ouverts à tous les vents, brillants héros en proue.

Ils s’admirent et se noient dans leurs pupilles, trous
Noirs fascinants et le bel esprit met les voiles ;
En orbite autour de leur nombril, ils ravalent
Goulûment leurs voix intérieures qui s’enrouent.

Les miroirs eux aussi surveillés sous écrous,
Conscience courroucée furieuse détale
Escampette emporte ses arts et mort dans l’âme.

Alors jetez livres et lettres, en torrents fous,
Que pleuve poésie en mille ivres pétales :
Plongeons les mots en main et retissons leur toile.

lundi 16 juillet 2018

Crack de livres

L'ami
l'aimant
me sourit et
joyeux
montre du doigt
qui la petite boutique,
qui l'énorme librairie,
qui le simple rayon.
Joyeux
et moi les yeux cois,
car il elle se contrecarre
ou se fout gentiment
des livres ;
pas de vocation
pas de caprice biblique
en vue ;
mais elle il est si
gaigai
car sait
que mes mains vont
claper
que mes mires vont
briller.
Il ne m'en faut pas plus
pour que la rage
me prenne.
Le manque monte
mine
creuse
craque
tout
et lutte comme
une camée
stade quatre
pour conjurer le
cinq et
contrarier
l'addiction.
Je respire,
je ferme les yeux,
je passe sans un mot,
le cou bien recte.
Mais
des images de
saccages
de
pillages
de brassées
illégales de
livres
accumulées,
de
carnages livresques,
cruelle et carnassière,
j'éjecte le premier qui
m'empêche
avec la force des
vrais accrocs.
Je catapulte
tous les jolis comptoirs
bien alignés.
Je crée une
mer de livres
dans laquelle je
m'écrase
sans fracas,
ils sont tous là sous
à côté
devant
derrière,
et caquète
comme une folle
en plein trip.
En vrai,
je modère mes
ardeurs
et me contente d'un
"Vaut mieux pas, je vais tout acheter."
Un dernier flash
me traverse :
les crocs luisants,
je sucerai le sang
de ces livres
la nuit venue.

samedi 30 juin 2018

Toutes les vies rêvées

Tout vivre,
Tout essayer,
Tout être,
Tout devenir,
Tout tout tout,
Une femme,
Un homme,
Bébé,
Vieillard,
Chien,
Elephant,
Ici,
Ailleurs,
La lune,
Richissime,
Crève-la-faim,
Grand esprit,
Demeuré,
Sans ami,
Adulé,
Choyé
Lapidé,
Futuriste,
Préhistorique,
Tout voir
Tout entendre,
Toutes les langues,
Toutes les vies.

Rêve,
Oui rêve
De toutes les couleurs
De l’arc-en-ciel.

Et ruminer ses rêves ?
Ne vivre qu’une vie ?
Pourquoi si l'on peut...
Etre tous ceux qu’on veut
Tout ce,
Tout tout.
Alors vas-y !
Ecris toutes leurs histoires !
Toutes tes histoires !
Sois tout et tous,
Les rêves trop grands pour le
Strict terrien
Mais ne !
Ne se résignent pas.
Raconte-les !
Saisis tes mots et
Toutes tes vies.
Secoue et
Trace les lignes
Jour après jour
Pour faire mille pierres
D'un coup.
Pas à la recherche du chef
D’oeuvre.
Pas à la recherche du nombre
D’or.
A la recherche du temps
Indu.
Volé ,
Gagné,
Duper
La niche humaine,
A coups de contes et
D’odyssées
Incontournables.
Écoute et lis,
Ecris écris et crie !
Tourne la terre
Dans tous tes
Sens.
Tu trouveras tes
Vies.

samedi 12 mai 2018

Héroïne en naissance : tu seras mon trésor

Elle est floue loin
A l’horizon,
Elle va et vient
Sur une plage
Exotique,
Une plage qui me fait
Rêver,
Qui me fait
Plaisir
Rien qu’à l’imaginer,
Pas le paradis pur,
Mais une forme de mon
Paradis.
Toute ma liberté
S'y niche.
Elle se rapproche,
Elle se dessine.
Elle ne prend pas encore
Vraie vie.
Mais elles rend
Forme.
Un esprit
D’abord
Puis
Un corps qui vient
L’envelopper.
Le corps
Est encore
En travail,
Portrait robot
Modifiable
Jamais fini
Même.
Elle sera
Ce que  j’écrirai.
Elle ne sera que
Mes mots
Mes lubies,
Apparemment.

Mais elle s’envolera
Chuchoter
À des mille et des cent
Mon univers de rêve.
Car elle est un
Être de
Papier
Crayon
Issus de toutes
Et tous,
Juste retour des
Rencontres et
Des amours
Et haine.
Personnage de mots
En voyage
Tout autour de la
Terre.

mardi 10 avril 2018

Les jours sans livre

Les jours sans livre,
sans feuille
sans plume,
sans bille,
sans tip tap
du clavier,
sont des jours
le nez dans
le guidon,
la truffe dans
le bitume,
le pif pas
en l'air,
le pif en plein
boum,
les mains dans
le cambouis,
la tête au
carré,
règles du réel,
face contre
terre.

Les jours sans livre,
sans feuille
sans plume,
sans bille,
sans tip tap
du clavier
sont des jours
sans espace,
sans envol,
sans élan,
sans avance,
vlan ! le plancher
des vaches.

Quand réapparaissent
livres,
feuilles,
plumes,
billes,
tip tap
des claviers,
les ailes s'ouvrent
et les pieds poussent
le sol trop solide
pour
s'éventer,
s'évader,
s'évanouir,
s'évaporer même,
et mieux re-
venir
le nez,
la truffe,
le pif,
purs
et prêts à
flairer
tenter
tâter
frapper
le pavé du réel.

samedi 10 février 2018

Le livre, irréductible agitateur

Lecture tranquille,
Presque un peu ennuyée,
À se demander si on poursuit,
Même si rien de méchant
Mais rien de vibrant non plus.
Un peu lointain.
Un peu trop loin.
Et puis,
Virage à 180°
Et je sens que quelque chose vient vers moi,
Que j’y vais,
Que deux univers vont
Peut-être
Sans doute,
Ces intuitions-là trompent peu...,
Se rejoindre.
Je suis surprise.
Le thème oui,
Un peu plus morbide,
Un peu plus moi,
Soyons honnêtes.
La forme :
Une présence.
Une vraie présence,
Celle que j’attendais en secret ?
Et voilà que se déroulent
De ces pages
Qui
Vous font battre le coeur
Plus fort,
Complètement concon et complètement very vrai,
Ces pages qui happent
Et l’énorme coup de tonnerre.
Lecture tranquille
Devient tonitruante.
Les mots sont ceux qui
Me révèlent
Un morceau de moi,
Comme un immense bout de banquise
Se détacherait pour enfin prendre
Son envol.
Détaché exactement découpé
Selon les pointillés
Sans aucune rature
Ni trucage.
Les phrases
L’histoire
Sont les miennes
Mais que jamais osées
Penser si clair.
Cancéreuse de la vie,
La maladie qui sauve
Parce qu’enfin elle dit
Les déchirures
Depuis les origines,
La maladie qui fait prendre sens
A la maladie de l’existence.
Le livre offre les mots,
Saute le pas
Et aide à avoir moins peur de
Penser et
Sentir.
Car qu’y a-t-il de plus effrayant que
Cela ?
Penser et sentir sont toujours politiquement
Incorrects.

Le livre continue de
Remuer
le monde.

vendredi 12 janvier 2018

La bible intérieure

Bible,
immense livre,
mégalomane,
idéaliste.
A la recherche du
tout.
Rien de perdu.
Peut-être rien de trouvé.
Un pot-au-feu
de tous les autres.
Omnivore.
Omnibus.
Omnipraticien.
Mange et parle à tous les
râteliers.
Certainement pas
omni-
scient ni potent,
qu'on ne fasse pas dire ce qui
n'est pas !
La grande recette fourre-tout,
ambitieuse oui,
sans prétention,
comédie propre humaine,
la bible intestine.
Tous les livres
lus
relus
pas lus
dans la même marmite
géante.
Et tout le monde
farandole.

Se penchant sur le grand
fait-tout,
on y trouve
un vampire en pleine discussion avec
un imbécile heureux
et un vieux fou,
la fée Clochette main au menton les yeux plissés
au milieu d'une sombre scène
de crime,
noire et rouge,
curieux, détonant
point vert dans ce magma
sanguinolent.
Un policier tête brûlée
apprenant sagement
l'amour courtois aux côtés de son nouveau
poto
Godefroy.
Platon à la fête foraine,
sur la grande roue des Tuileries,
gueulant comme un gosse,
un veau aussi.
La maison close débordée
d'absinthe
jouxte les sublimes collines vert fluo
des Hobbits et des elfes ,
aussi les barricades révoltées
et la minuscule chambre du
malade agonisant.
Le blanc psychanalyste invité d'honneur de la méga-rave
du soir,
pétard aux lèvres,
le cancer n'a pas tout gagné,
mais le médecin de la reine
le suit pas à pas,
par précaution,
« Quelle belle détente cette petite sauterie ! »
tout le monde dans sa langue
et
tout le monde polyglotte,
dialogue sino-suédois,
luso-perse,
saxo-sanscrit.
Grand intello décryptant les
silences du
prématuré fracassé.
Tous les mondes
non se touchent
mais se tissent,
et se textent.


mardi 12 décembre 2017

La galaxie intérieure

En plein milieu d'une journée,
au tout petit matin,
les yeux collés,
moment de solitude,
trouée dans la multitude d'échanges
du jour,
un homme se dresse
son livre haut les mains
à tout vent,
libre accès,
je peux lire,
non c'est un peu loin
dans toutes les dimensions qu'on
veuille,
plonger
d'un coup,
ça oui !
dans l'univers reconnu.
Pourquoi ce livre-là ?
Pourquoi ici là ?
L'inconscient ou même le
préconscient
pas si lointain lui,
jouent avec la galaxie de
livres qui brillent en
moi.
Sûr que l'IRM
exploserait.
Dans cet instant
singulier
du jour,
un livre s'ouvre,
un Proust
un Balzac,
bien souvent ces messieurs,
et immersion furtive
dans l'univers qu'ils m'ont
offert,
chacun.
Mais aussi tous les autres,
ceux-là sont
les stars,
on parle trop des stars
d'ailleurs,
tous les autres,
les deuxièmes violons,
sans lesquels,
les premiers ne peuvent
briller
et qui, eux aussi,
surgissent
parfois
au beau milieu de la vie,
invisible cadeau d'une seconde,
qui
fait sourire
tout seul.
Et les vraies gens ne voient
pas
qu'en ce point-là,
l'on est tout sauf
seul.

dimanche 10 décembre 2017

Lire ou mourir

Quand on lit, souvent, beaucoup, nécessairement, autant qu'on lit on entend ceci : « Super de lire comme ça ! J'aimerais y arriver aussi mais je n'ai pas le temps. »
ou plus responsable : « Je ne prends pas le temps. » ou parfaitement honnête : « Je n'aime pas lire mais (oui il y a ces drôles de désirs indésirés, propres à notre drôle d'espèce) j'aimerais aimer ça. » Que répondre à ces réflexions ? Sourire est encore ce que j'ai trouvé de mieux. Non par condescendance, il n'en est pas question ici, chacun lit ou non comme il veut, mais il est question de bien plus que de lire et l'on ne s'étend pas ainsi sur le sujet en société, hors intimes. Ce que j'aimerais répondre mais que, bien entendu, je m'interdis car les tripes sur la table en plein boulot ou au café du coin, ça ne se fait pas. Maman a dit et heureusement encore ! Seulement, souvent, pour les interlocuteurs, ce n'est pas un sujet si brûlant. Ils n'ont pas fourré toutes leurs entrailles là-dedans. Alors ils s'étonnent du silence de ce qu'on appelle le grand lecteur. Mais c'est simple pudeur. Aussi savoir-vivre et respect du gentil code social,
Ne parle que de ce qui ne te touche pas vraiment !
Donne ton avis mais pas ton sentiment !
Ta vie n'intéresse personne alors réfléchis et dis on !
Ne dégueule pas ton cœur en public !
On a tous bien appris la leçon. On dit on, comme ça, zou ! On est tranquille. Il mériterait un livre ce On. L'encyclopédie du On. Tout un programme... Bref, quand on écrit, quand j'écris avec un Je, mais je ne suis pas sûre d'être seule dans ce cas, m'est avis, comme disent les plus âgés (le bonheur des expressions ringardes, désuètes, bondies des temps anciens, une seconde et retour à l'actuel, à l'immédiat que l'on aime tant, qui nous rassure parce qu'il nous fait croire vivant alors qu'il est le plus instable des déséquilibrés de ce monde (attention il ne faut plus dire « fou », remarquez, j'aime autant car le fou est un artiste de la vie, sportif de l'extrême, le vrai héros méconnu, alors « le fou » comme « le débile, non merci ! Autant le laisser au placard, oui et se rabattre scrupuleusement sur « le déséquilibré ».), que , donc, l'on dit ce que l'on pense au fond des intestins. Et je peux par conséquent avouer sans crainte de négliger une sacro-sainte règle sociale, que lire n'est pas un « j'aimerais », « comme il serait... !», un vœu pieux. Ce n'est pas davantage un travail, une torture si l'on s'en remet au sens latin du terme. Non, certainement pas. Le travail l'est peut-être, parfois, souvent pour certains, même si l'on y cherche le plaisir, rêveurs. Lire est un besoin, une nécessité, vitale, j'ose le mot. Il n'est pas question de loisir ou de bonne conduite, de bonne éducation ou de plaisir, simple. Lire peut être cette nécessité absolument tripale, totem indétrônable, repère quand l'être se perd. Un énorme livre autour duquel pousse ma vie. Pas parce que je l'ai choisi. Certainement pas. Ou alors, je le découvrirai bien plus tard, une fois sage. Mais un énorme livre auquel une artère aussi fémorale ou jugulaire que les autres qui mène au palpitant. C'est une image bien sûr ! C'est pour faire comprendre. Une métaphore comme on dit. Oui mais non ! Le livre peut sauver une vie, la préserver, même fragile, la tenir à bout de bras contre la vraie mort, pas la métaphore de la mort. La vraie mort qui ne respire plus.
Alors non, je ne peux pas parler du lire sur un bout de table ou de trottoir. Autant me foutre à poil et danser sur le bitume et les voitures comme une folle !

jeudi 7 décembre 2017

Oyez oyez, Dames et Sieurs les éditeurs !

Oyez oyez
chers Gens de livres,
toute gens
du livre
et des mots !

Oyez oyez
Dames et Sieurs
scribes modernes,
imprimeurs d'aujourd'hui,
le cœur en chasse !

Oyez oyez
vous Vifs de lettres,
l'appel de l'amoureuse illustre
inconnue
des mots et leur génie !

L'amie d'antan a dit un jour :
« Je sais tu écriras
et des livres,
je sais tu seras écrivain. »
On a ri de sa naïveté,
de son rêve altruiste.
On a dit :
« Mais oui bien sûr ! »
en riant.
Quand même,
jamais on a oublié cette
phrase,
une seule fois,
durant presque
vingt ans.
Merci vieille amie.
Cadeau divin dit bien ton nom.
Peut-être plus
bien plus
qu'on ne
le crut
alors.

L'amie d'antan avait raison sur
un :
écrire écrire écrire,
elle avait vu que
là était la raison
d'être et
de boxer
tous les jours que
Dieu ou un autre,
une autre même de préférence,
prodigue.
L'amie avait vu ce que l'on n'a pu
soi-même
comprendre
si tôt.

Gens du livre !
Appel à vous !
Ecoutez-moi,
déchiffrez-moi,
regardez là,
juste ici là,
plongez-vous
même juste une minute
dans mon océan
de papiers gribouillés
jour après jour,
sans exception,
de mots d'amour
de rage aussi
et d'aventure.

Oyez oyez
Dames et Sieurs
la barbouilleuse
en quête !
Et adoubez
ou
répugnez.
Mais une sentence
doit
s'écrier.



samedi 2 décembre 2017

La petite mort littéraire

Je le lis encore.
Ça ne fait que trois petites fois.
Trois petites fées.
Qui attendent leurs p'tites sœurs.
Parce que j'en dois encore faire flamber trois.
Au moins.
Parce que je lis n'a pas fini.
Il est mi-.
Tronqué.
En haleine.
Il y retournera et le feu follet de nouveau
s'embrasera.
Dans les flammes, une petite fée dansera sur elle-même,
comme un vieux jouet chanteur,
comme une poterie sur tour,
modelée à grands coups de lèche brûlante.

Je le lis,
et
j'ai presque peur de remettre la main
dessus.
Comme sur une Bible trop sacrée,
gênante de solennité
gênante d'impudeur
tant les réponses sont hurlées haut et fort.

Je le lis,
il est petit ce livre !
Tout petit !
Aussi petit qu'un livre-lutin
Ce bébé-bible à fées de feu.
Un bibelot me dira-ton.
Et tu en fais tout ce pataquès ?!
Ah ces gens qui lisent...
Un petit livre parmi des centaines d'autres déjà lus et à lire.
A en tourner la tête.
Mais celui-là est un vrai chamboule-tout.
Se déroulent sous mes yeux les mots
que
j'aimerais écrire.
Pas leur sens, pas l'histoire, pas le sujet visible à l’œil nu.
Le vrai sujet, celui que certains croient objet.
Le trésor est toujours caché dans l'emballage.
Le vrai sujet : la poésie.

J'hésite à le lire
à nouveau,
de peur de me perdre de plaisir.
Une petite mort assurée
mais
j'ai encore mille livres à
écrire.
La petite mort n'est pas la grande.
La petite mort vers la grande vie.



jeudi 23 novembre 2017

Rêve à vivre

Le même rêve
qui
tourne,
bouclettes,
de plus en plus
crépues.
Bientôt,
il ne poussera plus.
Longtemps, je me suis réveillée sans y croire.
Un rêve nocturne
et diurne,
amphibie,
polyglotte.
Il commence à tourner
trop vite,
comme le moulin
qu'on ne soigne pas comme
il faut.
Il tourne,
se bat contre le vent,
parce que rien d'autre sous
la dent.
Parce qu'il reste dans
les limbes.
A moitié né,
mi-vivant,
aujourd'hui enfin
vraiment désiré.

Le rêve c'est
lire,
écrire,
et vivre de.
Le rêve dit et redit,
d'abord tu et retu.
Impensé.
Ri.
Désormais,
le rêve s'impatiente
et s'enroule toujours plus
serré.
Lire,
lire,
jamais ne cesser de lire ;
et nourrie jusqu'à la moelle,
presque gavée,
et
ensuite,
prendre les mots à pleines mains ;
les modeler,
les colorier,
les déguiser,
écrire tous les spectacles,
toutes les vies
traversées
et
imaginées,
observées
et
enviées
désirées,
loin des yeux près du cœur
puis qui
s'attrapent
inopinément,
dit-on.
Mais pas de hasard.
Tous les esprits,
corps,
âges,
et leur insuffler
les mots,
partagés avec le monde
entier,
ensemble,
sans se connaître
mais,
écrits-lus,
de conserve.
Et le rêve s'achève pour
devenir une des
vies
qu'on n'aura pas
à écrire.

mercredi 15 novembre 2017

Marcel Proust ne meurt jamais

Quand vient Noël,
Réapparaît Marcel.
Aussi loin que je sente
le sapin la neige les lutins,
sans un bruit,
sans aucun bruit,
se réveille Marcel.
Il dort l'été.
Il dort pour mon été.
Cela ne vaut que pour
mon espèce.
Je ne parle qu'en mon
nom.
Les plages et le grand soleil brûlant
l'assomme en moi.
Le froid piquant,
les écharpes bonnets et gants,
les lumières dans les rues,
les Papa Noël qui clignotent,
le font sortir
d'hibernation.
Les saisons à l'envers pour lui.
Il n'est pas comme tout le monde.
Marcel qui ?
C'est quoi ce mec ?
Mais Proust les amis !
Le Marcel,
l'unique et seul Marcel.
Plus facile de le dire aujourd'hui
qu''il y a...
Les Marcel ne courent pas les rues.
Toujours est-il,
que,
à contre-temps,
à son habitude,
mon Marcel,
notre Marcel,
je dois l'admettre et le partager,
pointe son nez
de hérisson,
inoffensif épineux,
lui aussi.
Sapin hérisson et tous ceux qui s'y
retrouvent.
Proust renaît comme un cadeau
quand Noël sonne
même au loin,
novembre,
pas quand même tout bientôt.
Il sort la tête de l'eau.
Pourtant je n'ai jamais voulu le noyer.
Je le cache à l'intérieur
toute l'année,
il pionce comme l'
asthmatique hypocondriaque
qu'on sait.
Et puis, il arrive,
toujours me surprenant,
et rouvre son livre,
son immense histoire.
Série non-télévisée avant l'heure.
Il est là et il y restera le temps
de cet hiver-là.
Je le regarde,
toujours adoratrice,
toujours stupidement émue,
il ne meurt jamais
et s'offre
encore et encore
comme mon Jésus
à moi.
Je le chéris,
le berce,
et le relis.
Le plus grand cadeau de
ma vie.

dimanche 24 septembre 2017

Ecrire

Réinventer le cours
de la vie,
reconstruire son
passé,
redorer ses
souvenirs,
être celle que j'aurais
rêvée de
sentir battre en moi.
Donner vie à toutes
celles
qui auraient pu,
qui auraient dû (quand la colère bout),
toutes celles qui étaient
là,
à attendre
et qui finirent
sans doute par s'endormir,
de désespoir,
de rancœur.
Elles qui n'attendaient que
de
se montrer,
prouver,
spectacle,
vie au grand jour,
amis,
fêtes,
danser.
Dans le kaléidoscope de mes
êtres potentiels,
faire jaillir les plus
folles,
les plus
osées,
les plus
entêtées.
Celles qui auraient couru
à toutes jambes,
ou crié gueulé beuglé
libérées,
ou même dansé comme des déesses
sans honte,
sans peur,
sans lunettes de taupe
maladroite
et grossière.
Dans ce kaléidoscope,
les trois quarts qui ont
finalement
se résigner,
malgré leur fougue
et
leur feu,
qui m'ont brûlée de l'intérieur,
non par vengeance,
parce qu'elles sont
telles
et que je ne les ai pas
laissés
s'écouler,
traverser la paroi du
secret.
Je les ai laissés
périr,
du moins se flétrir
mais je cours à la recherche
du temps
perdu.
Faire vivre enfin
ces morceaux de moi
omis,
réprimés,
emprisonnés
sans jugement
et annoncé
« ad vitam eternam ».
Mais elles sont là
toutes ces filles et femmes
en geôle,
elle respirent à peine
mais jamais elles ne sont
mortes.
Les réveiller et les faire danser
sous mes doigts
écrivains.