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lundi 15 juillet 2019
Poésie
Poésie drape
Rêve
Ronde
Porte
Ouvre
Vole
Vrille
Frappe
Cogne
En poussières d’or
L’esprit et sa raison.
Poésie
Colore
Eclôt
Explore
Explose
Plaisire
Déploie
Sculpte
Rythme
Lance
À pleines mains
La tête à son corps.
Rêve
Ronde
Porte
Ouvre
Vole
Vrille
Frappe
Cogne
En poussières d’or
L’esprit et sa raison.
Poésie
Colore
Eclôt
Explore
Explose
Plaisire
Déploie
Sculpte
Rythme
Lance
À pleines mains
La tête à son corps.
jeudi 9 mai 2019
9 mai : Le livre qui s'escalade, Aragon, Les Beaux Quartiers
Page après page
Consciencieusement
L’un des grands noms
Se lit,
Une nouvelle pierre à l’édifice.
Sérieuse
Déterminée
Je ne lâche pas ma prise.
Je poursuis l’oeuvre.
Je garde foi.
Je ne peu le nier,
L’ennui m’a envahie
Et je marche lourdement mot après mot.
L’heure égrène son petit tas de lignes,
Un peu ridicule.
Je m’accroche pourtant
Escalade cette pente ardue.
Je pense à la prochaine étape.
Elle ouvrira la déferlante.
Je pourrai m’y plonger
Sans ramer contre vent.
Une nouvelle ère u livre rocailleux
Mais rien ne meut.
Je m’essouffle.
La raison dure comme fer.
Tu iras jusqu’au bout.
Un point d’honneur.
Un peu idiot n’est-il pas ?
Je m’efforce de penser.
Les grands classiques surgissent.
Je les ai sentis mais ils frappent à tous les
Tournants.
Flaubert et Stendhal s’entrecroisent.
Et pourquoi donc ce nouveau roman
Qui aurait presque l’air
Copié ?
Pourquoi pourquoi ?
Un peu risible cette réplique.
Lui qui sait si fort emporter son lecteur.
Quelle mouche l’a piquée ?
Écrit de jeunesse et lourdeurs d’ingénu ?
Les pas pèsent.
Et puis,
L’intuition que
Quelque chose s’inscrit.
Qu’il vaut la peine.
Qu’il en restera la marque
En moi,
Peu importe le prix.
De ces livres qu’on ne peut pas dire
Sans mensonge éhonté
Qu’on les a aimés.
Qui n’ont rien envolé.
Mais qui demeurent
Jusqu’à ce qu'on en comprenne
Parfois si tard
Le pourquoi lancinant.
Consciencieusement
L’un des grands noms
Se lit,
Une nouvelle pierre à l’édifice.
Sérieuse
Déterminée
Je ne lâche pas ma prise.
Je poursuis l’oeuvre.
Je garde foi.
Je ne peu le nier,
L’ennui m’a envahie
Et je marche lourdement mot après mot.
L’heure égrène son petit tas de lignes,
Un peu ridicule.
Je m’accroche pourtant
Escalade cette pente ardue.
Je pense à la prochaine étape.
Elle ouvrira la déferlante.
Je pourrai m’y plonger
Sans ramer contre vent.
Une nouvelle ère u livre rocailleux
Mais rien ne meut.
Je m’essouffle.
La raison dure comme fer.
Tu iras jusqu’au bout.
Un point d’honneur.
Un peu idiot n’est-il pas ?
Je m’efforce de penser.
Les grands classiques surgissent.
Je les ai sentis mais ils frappent à tous les
Tournants.
Flaubert et Stendhal s’entrecroisent.
Et pourquoi donc ce nouveau roman
Qui aurait presque l’air
Copié ?
Pourquoi pourquoi ?
Un peu risible cette réplique.
Lui qui sait si fort emporter son lecteur.
Quelle mouche l’a piquée ?
Écrit de jeunesse et lourdeurs d’ingénu ?
Les pas pèsent.
Et puis,
L’intuition que
Quelque chose s’inscrit.
Qu’il vaut la peine.
Qu’il en restera la marque
En moi,
Peu importe le prix.
De ces livres qu’on ne peut pas dire
Sans mensonge éhonté
Qu’on les a aimés.
Qui n’ont rien envolé.
Mais qui demeurent
Jusqu’à ce qu'on en comprenne
Parfois si tard
Le pourquoi lancinant.
vendredi 15 mars 2019
15 mars : salon de livres
Toute minuscule souris
Bondir de livre en livre, trampolines
Se faufiler sous la couverture juste entrouverte.
dimanche 3 mars 2019
3 mars : Lire
Le livre se referme
Emmené par le poids de la myriade de
Pages.
Je le laisse
Doucement
Ploc
S’achever ;
L’ordre des choses.
Je peux le rouvrir
Bien sûr
Et replonger.
Pourtant,
La première fois
Est close.
Le livre
Lourd comme une brique
Se rangera sous peu
Aux côtés de ses
Pairs.
A jamais vivant
Certes.
Plein univers
M’habitera
De ses mille et une couleurs.
Avant de m’endormir,
A l’heure où les diables sortent du bois,
J’invoquerai
La ronde de ce monde-là.
Et en paix,
Je sourirai
En m’évaporant
Dans l’inconscient.
Glisserai
Sans fracas
Là où
Funambule est la loi.
Le livre se referme
Et moi
Nourrie d’un nouveau
Rêve.
samedi 23 février 2019
23 février : littérature fantasy
S’ouvre
A triple druple quintre
Myre
Battants
La porte du
Livre-monde.
Non pas
Un petit coin
D’univers
Au microscope,
Une parcelle de
Réel
Embaumé
De beaux mots.
Non non !
Un pays entier
Comme déjà
Là
Qu’une noble
Âme
Nous révèle.
Par la main,
Nous intronise
Page après page
Dans
Cet imaginaire
Flamboyant,
Bien avant
Nous,
Bien plus
Puissant
Que simple
Verbe.
Atterris sur une
Nouvelle
Planète
Où tout éveille
Et colore
Sans
Inquiétant.
Rêve à l'état pur
Pâte habile
Douce boulangère
Érudite
Pleine de morceaux de
Nous.
Contrées
Langues
Couleurs
Et vies
Pas inconnues
Mais
Jamais vues.
Songées
Sans doute
Aussitôt oubliées
Effacées
Par le plancher des
Vaches.
Le livre-monde
Promène et vole
Là où
Les règles du
Jeu
Stoppent nos
Velléités
Délireuses et
Désordonneuses.
Traversée d’un
Au-delà
Rond comme
L’être
Tout entier.
dimanche 20 janvier 2019
La poésie s'en va-t'en-guerre
Le grand show bat son plein, french cancan en froufrous
Lueurs colorieuses et les yeux pleins d'étoiles
Les êtres pimentés piquetés qui s’étalent
Ouverts à tous les vents, brillants héros en proue.
Ils s’admirent et se noient dans leurs pupilles, trous
Noirs fascinants et le bel esprit met les voiles ;
En orbite autour de leur nombril, ils ravalent
Goulûment leurs voix intérieures qui s’enrouent.
Les miroirs eux aussi surveillés sous écrous,
Conscience courroucée furieuse détale
Escampette emporte ses arts et mort dans l’âme.
Alors jetez livres et lettres, en torrents fous,
Que pleuve poésie en mille ivres pétales :
Plongeons les mots en main et retissons leur toile.
lundi 16 juillet 2018
Crack de livres
L'ami
l'aimant
me sourit et
joyeux
montre du doigt
qui la petite boutique,
qui l'énorme librairie,
qui le simple rayon.
Joyeux
et moi les yeux cois,
car il elle se contrecarre
ou se fout gentiment
des livres ;
pas de vocation
pas de caprice biblique
en vue ;
mais elle il est si
gaigai
car sait
que mes mains vont
claper
que mes mires vont
briller.
Il ne m'en faut pas plus
pour que la rage
me prenne.
Le manque monte
mine
creuse
craque
tout
et lutte comme
une camée
stade quatre
pour conjurer le
cinq et
contrarier
l'addiction.
Je respire,
je ferme les yeux,
je passe sans un mot,
le cou bien recte.
Mais
des images de
saccages
de
pillages
de brassées
illégales de
livres
accumulées,
de
carnages livresques,
cruelle et carnassière,
j'éjecte le premier qui
m'empêche
avec la force des
vrais accrocs.
Je catapulte
tous les jolis comptoirs
bien alignés.
Je crée une
mer de livres
dans laquelle je
m'écrase
sans fracas,
ils sont tous là sous
à côté
devant
derrière,
et caquète
comme une folle
en plein trip.
En vrai,
je modère mes
ardeurs
et me contente d'un
"Vaut mieux pas, je vais tout acheter."
Un dernier flash
me traverse :
les crocs luisants,
je sucerai le sang
de ces livres
la nuit venue.
l'aimant
me sourit et
joyeux
montre du doigt
qui la petite boutique,
qui l'énorme librairie,
qui le simple rayon.
Joyeux
et moi les yeux cois,
car il elle se contrecarre
ou se fout gentiment
des livres ;
pas de vocation
pas de caprice biblique
en vue ;
mais elle il est si
gaigai
car sait
que mes mains vont
claper
que mes mires vont
briller.
Il ne m'en faut pas plus
pour que la rage
me prenne.
Le manque monte
mine
creuse
craque
tout
et lutte comme
une camée
stade quatre
pour conjurer le
cinq et
contrarier
l'addiction.
Je respire,
je ferme les yeux,
je passe sans un mot,
le cou bien recte.
Mais
des images de
saccages
de
pillages
de brassées
illégales de
livres
accumulées,
de
carnages livresques,
cruelle et carnassière,
j'éjecte le premier qui
m'empêche
avec la force des
vrais accrocs.
Je catapulte
tous les jolis comptoirs
bien alignés.
Je crée une
mer de livres
dans laquelle je
m'écrase
sans fracas,
ils sont tous là sous
à côté
devant
derrière,
et caquète
comme une folle
en plein trip.
En vrai,
je modère mes
ardeurs
et me contente d'un
"Vaut mieux pas, je vais tout acheter."
Un dernier flash
me traverse :
les crocs luisants,
je sucerai le sang
de ces livres
la nuit venue.
samedi 30 juin 2018
Toutes les vies rêvées
Tout vivre,
Tout essayer,
Tout être,
Tout devenir,
Tout tout tout,
Une femme,
Un homme,
Bébé,
Vieillard,
Chien,
Elephant,
Ici,
Ailleurs,
La lune,
Richissime,
Crève-la-faim,
Grand esprit,
Demeuré,
Sans ami,
Adulé,
Choyé
Lapidé,
Futuriste,
Préhistorique,
Tout voir
Tout entendre,
Toutes les langues,
Toutes les vies.
Rêve,
Oui rêve
De toutes les couleurs
De l’arc-en-ciel.
Et ruminer ses rêves ?
Ne vivre qu’une vie ?
Pourquoi si l'on peut...
Etre tous ceux qu’on veut
Tout ce,
Tout tout.
Alors vas-y !
Ecris toutes leurs histoires !
Toutes tes histoires !
Sois tout et tous,
Les rêves trop grands pour le
Strict terrien
Mais ne !
Ne se résignent pas.
Raconte-les !
Saisis tes mots et
Toutes tes vies.
Secoue et
Trace les lignes
Jour après jour
Pour faire mille pierres
D'un coup.
Pas à la recherche du chef
D’oeuvre.
Pas à la recherche du nombre
D’or.
A la recherche du temps
Indu.
Volé ,
Gagné,
Duper
La niche humaine,
A coups de contes et
D’odyssées
Incontournables.
Écoute et lis,
Ecris écris et crie !
Tourne la terre
Dans tous tes
Sens.
Tu trouveras tes
Vies.
Tout essayer,
Tout être,
Tout devenir,
Tout tout tout,
Une femme,
Un homme,
Bébé,
Vieillard,
Chien,
Elephant,
Ici,
Ailleurs,
La lune,
Richissime,
Crève-la-faim,
Grand esprit,
Demeuré,
Sans ami,
Adulé,
Choyé
Lapidé,
Futuriste,
Préhistorique,
Tout voir
Tout entendre,
Toutes les langues,
Toutes les vies.
Rêve,
Oui rêve
De toutes les couleurs
De l’arc-en-ciel.
Et ruminer ses rêves ?
Ne vivre qu’une vie ?
Pourquoi si l'on peut...
Etre tous ceux qu’on veut
Tout ce,
Tout tout.
Alors vas-y !
Ecris toutes leurs histoires !
Toutes tes histoires !
Sois tout et tous,
Les rêves trop grands pour le
Strict terrien
Mais ne !
Ne se résignent pas.
Raconte-les !
Saisis tes mots et
Toutes tes vies.
Secoue et
Trace les lignes
Jour après jour
Pour faire mille pierres
D'un coup.
Pas à la recherche du chef
D’oeuvre.
Pas à la recherche du nombre
D’or.
A la recherche du temps
Indu.
Volé ,
Gagné,
Duper
La niche humaine,
A coups de contes et
D’odyssées
Incontournables.
Écoute et lis,
Ecris écris et crie !
Tourne la terre
Dans tous tes
Sens.
Tu trouveras tes
Vies.
samedi 12 mai 2018
Héroïne en naissance : tu seras mon trésor
Elle est floue loin
A l’horizon,
Elle va et vient
Sur une plage
Exotique,
Une plage qui me fait
Rêver,
Qui me fait
Plaisir
Rien qu’à l’imaginer,
Pas le paradis pur,
Mais une forme de mon
Paradis.
Toute ma liberté
S'y niche.
Elle se rapproche,
Elle se dessine.
Elle ne prend pas encore
Vraie vie.
Mais elles rend
Forme.
Un esprit
D’abord
Puis
Un corps qui vient
L’envelopper.
Le corps
Est encore
En travail,
Portrait robot
Modifiable
Jamais fini
Même.
Elle sera
Ce que j’écrirai.
Elle ne sera que
Mes mots
Mes lubies,
Apparemment.
Mais elle s’envolera
Chuchoter
À des mille et des cent
Mon univers de rêve.
Car elle est un
Être de
Papier
Crayon
Issus de toutes
Et tous,
Juste retour des
Rencontres et
Des amours
Et haine.
Personnage de mots
En voyage
Tout autour de la
Terre.
A l’horizon,
Elle va et vient
Sur une plage
Exotique,
Une plage qui me fait
Rêver,
Qui me fait
Plaisir
Rien qu’à l’imaginer,
Pas le paradis pur,
Mais une forme de mon
Paradis.
Toute ma liberté
S'y niche.
Elle se rapproche,
Elle se dessine.
Elle ne prend pas encore
Vraie vie.
Mais elles rend
Forme.
Un esprit
D’abord
Puis
Un corps qui vient
L’envelopper.
Le corps
Est encore
En travail,
Portrait robot
Modifiable
Jamais fini
Même.
Elle sera
Ce que j’écrirai.
Elle ne sera que
Mes mots
Mes lubies,
Apparemment.
Mais elle s’envolera
Chuchoter
À des mille et des cent
Mon univers de rêve.
Car elle est un
Être de
Papier
Crayon
Issus de toutes
Et tous,
Juste retour des
Rencontres et
Des amours
Et haine.
Personnage de mots
En voyage
Tout autour de la
Terre.
mardi 10 avril 2018
Les jours sans livre
Les
jours sans livre,
sans
feuille
sans
plume,
sans
bille,
sans
tip tap
du
clavier,
sont
des jours
le
nez dans
le
guidon,
la
truffe dans
le
bitume,
le
pif pas
en
l'air,
le
pif en plein
boum,
les
mains dans
le
cambouis,
la
tête au
carré,
règles
du réel,
face
contre
terre.
Les
jours sans livre,
sans
feuille
sans
plume,
sans
bille,
sans
tip tap
du
clavier
sont
des jours
sans
espace,
sans
envol,
sans
élan,
sans
avance,
vlan !
le plancher
des
vaches.
Quand
réapparaissent
livres,
feuilles,
plumes,
billes,
tip
tap
des
claviers,
les
ailes s'ouvrent
et
les pieds poussent
le
sol trop solide
pour
s'éventer,
s'évader,
s'évanouir,
s'évaporer
même,
et
mieux re-
venir
le
nez,
la
truffe,
le
pif,
purs
et
prêts à
flairer
tenter
tâter
frapper
le
pavé du réel.
samedi 10 février 2018
Le livre, irréductible agitateur
Lecture tranquille,
Presque un peu ennuyée,
À se demander si on poursuit,
Même si rien de méchant
Mais rien de vibrant non plus.
Un peu lointain.
Un peu trop loin.
Et puis,
Virage à 180°
Et je sens que quelque chose vient vers moi,
Que j’y vais,
Que deux univers vont
Peut-être
Sans doute,
Ces intuitions-là trompent peu...,
Se rejoindre.
Je suis surprise.
Le thème oui,
Un peu plus morbide,
Un peu plus moi,
Soyons honnêtes.
La forme :
Une présence.
Une vraie présence,
Celle que j’attendais en secret ?
Et voilà que se déroulent
De ces pages
Qui
Vous font battre le coeur
Plus fort,
Complètement concon et complètement very vrai,
Ces pages qui happent
Et l’énorme coup de tonnerre.
Lecture tranquille
Devient tonitruante.
Les mots sont ceux qui
Me révèlent
Un morceau de moi,
Comme un immense bout de banquise
Se détacherait pour enfin prendre
Son envol.
Détaché exactement découpé
Selon les pointillés
Sans aucune rature
Ni trucage.
Les phrases
L’histoire
Sont les miennes
Mais que jamais osées
Penser si clair.
Cancéreuse de la vie,
La maladie qui sauve
Parce qu’enfin elle dit
Les déchirures
Depuis les origines,
La maladie qui fait prendre sens
A la maladie de l’existence.
Le livre offre les mots,
Saute le pas
Et aide à avoir moins peur de
Penser et
Sentir.
Car qu’y a-t-il de plus effrayant que
Cela ?
Penser et sentir sont toujours politiquement
Incorrects.
Le livre continue de
Remuer
le monde.
Presque un peu ennuyée,
À se demander si on poursuit,
Même si rien de méchant
Mais rien de vibrant non plus.
Un peu lointain.
Un peu trop loin.
Et puis,
Virage à 180°
Et je sens que quelque chose vient vers moi,
Que j’y vais,
Que deux univers vont
Peut-être
Sans doute,
Ces intuitions-là trompent peu...,
Se rejoindre.
Je suis surprise.
Le thème oui,
Un peu plus morbide,
Un peu plus moi,
Soyons honnêtes.
La forme :
Une présence.
Une vraie présence,
Celle que j’attendais en secret ?
Et voilà que se déroulent
De ces pages
Qui
Vous font battre le coeur
Plus fort,
Complètement concon et complètement very vrai,
Ces pages qui happent
Et l’énorme coup de tonnerre.
Lecture tranquille
Devient tonitruante.
Les mots sont ceux qui
Me révèlent
Un morceau de moi,
Comme un immense bout de banquise
Se détacherait pour enfin prendre
Son envol.
Détaché exactement découpé
Selon les pointillés
Sans aucune rature
Ni trucage.
Les phrases
L’histoire
Sont les miennes
Mais que jamais osées
Penser si clair.
Cancéreuse de la vie,
La maladie qui sauve
Parce qu’enfin elle dit
Les déchirures
Depuis les origines,
La maladie qui fait prendre sens
A la maladie de l’existence.
Le livre offre les mots,
Saute le pas
Et aide à avoir moins peur de
Penser et
Sentir.
Car qu’y a-t-il de plus effrayant que
Cela ?
Penser et sentir sont toujours politiquement
Incorrects.
Le livre continue de
Remuer
le monde.
vendredi 12 janvier 2018
La bible intérieure
Bible,
immense
livre,
mégalomane,
idéaliste.
A
la recherche du
tout.
Rien
de perdu.
Peut-être
rien de trouvé.
Un
pot-au-feu
de
tous les autres.
Omnivore.
Omnibus.
Omnipraticien.
Mange
et parle à tous les
râteliers.
Certainement
pas
omni-
scient
ni potent,
qu'on
ne fasse pas dire ce qui
n'est
pas !
La
grande recette fourre-tout,
ambitieuse
oui,
sans
prétention,
comédie
propre humaine,
la
bible intestine.
Tous
les livres
lus
relus
pas
lus
dans
la même marmite
géante.
Et
tout le monde
farandole.
Se
penchant sur le grand
fait-tout,
on
y trouve
un
vampire en pleine discussion avec
un
imbécile heureux
et
un vieux fou,
la
fée Clochette main au menton les yeux plissés
au
milieu d'une sombre scène
de
crime,
noire
et rouge,
curieux,
détonant
point
vert dans ce magma
sanguinolent.
Un
policier tête brûlée
apprenant
sagement
l'amour
courtois aux côtés de son nouveau
poto
Godefroy.
Platon
à la fête foraine,
sur
la grande roue des Tuileries,
gueulant
comme un gosse,
un
veau aussi.
La
maison close débordée
d'absinthe
jouxte
les sublimes collines vert fluo
des
Hobbits et des elfes ,
aussi
les barricades révoltées
et
la minuscule chambre du
malade
agonisant.
Le
blanc psychanalyste invité d'honneur de la méga-rave
du
soir,
pétard
aux lèvres,
le
cancer n'a pas tout gagné,
mais
le médecin de la reine
le
suit pas à pas,
par
précaution,
« Quelle
belle détente cette petite sauterie ! »
tout
le monde dans sa langue
et
tout
le monde polyglotte,
dialogue
sino-suédois,
luso-perse,
saxo-sanscrit.
Grand
intello décryptant les
silences
du
prématuré
fracassé.
Tous
les mondes
non
se touchent
mais
se tissent,
et
se textent.
mardi 12 décembre 2017
La galaxie intérieure
En
plein milieu d'une journée,
au
tout petit matin,
les
yeux collés,
moment
de solitude,
trouée
dans la multitude d'échanges
du
jour,
un
homme se dresse
son
livre haut les mains
à
tout vent,
libre
accès,
je
peux lire,
non
c'est un peu loin
dans
toutes les dimensions qu'on
veuille,
plonger
d'un
coup,
ça
oui !
dans
l'univers reconnu.
Pourquoi
ce livre-là ?
Pourquoi
ici là ?
L'inconscient
ou même le
préconscient
pas
si lointain lui,
jouent
avec la galaxie de
livres
qui brillent en
moi.
Sûr
que l'IRM
exploserait.
Dans
cet instant
singulier
du
jour,
un
livre s'ouvre,
un
Proust
un
Balzac,
bien
souvent ces messieurs,
et
immersion furtive
dans
l'univers qu'ils m'ont
offert,
chacun.
Mais
aussi tous les autres,
ceux-là
sont
les
stars,
on
parle trop des stars
d'ailleurs,
tous
les autres,
les
deuxièmes violons,
sans
lesquels,
les
premiers ne peuvent
briller
et
qui, eux aussi,
surgissent
parfois
au
beau milieu de la vie,
invisible
cadeau d'une seconde,
qui
fait
sourire
tout
seul.
Et
les vraies gens ne voient
pas
qu'en
ce point-là,
l'on
est tout sauf
seul.
dimanche 10 décembre 2017
Lire ou mourir
Quand
on lit, souvent, beaucoup, nécessairement, autant qu'on lit on
entend ceci : « Super de lire comme ça ! J'aimerais y
arriver aussi mais je n'ai pas le temps. »
ou
plus responsable : « Je ne prends pas le temps. » ou
parfaitement honnête : « Je n'aime pas lire mais (oui il
y a ces drôles de désirs indésirés, propres à notre drôle
d'espèce) j'aimerais aimer ça. » Que répondre à ces
réflexions ? Sourire est encore ce que j'ai trouvé de mieux.
Non par condescendance, il n'en est pas question ici, chacun lit ou
non comme il veut, mais il est question de bien plus que de lire et
l'on ne s'étend pas ainsi sur le sujet en société, hors intimes.
Ce que j'aimerais répondre mais que, bien entendu, je m'interdis car
les tripes sur la table en plein boulot ou au café du coin, ça ne
se fait pas. Maman a dit et heureusement encore ! Seulement,
souvent, pour les interlocuteurs, ce n'est pas un sujet si brûlant.
Ils n'ont pas fourré toutes leurs entrailles là-dedans. Alors ils
s'étonnent du silence de ce qu'on appelle le grand lecteur. Mais
c'est simple pudeur. Aussi savoir-vivre et respect du gentil code
social,
Ne
parle que de ce qui ne te touche pas vraiment !
Donne
ton avis mais pas ton sentiment !
Ta
vie n'intéresse personne alors réfléchis et dis on !
Ne
dégueule pas ton cœur en public !
On
a tous bien appris la leçon. On dit on, comme ça, zou ! On est
tranquille. Il mériterait un livre ce On. L'encyclopédie du On.
Tout un programme... Bref, quand on écrit, quand j'écris avec un
Je, mais je ne suis pas sûre d'être seule dans ce cas, m'est avis,
comme disent les plus âgés (le bonheur des expressions ringardes,
désuètes, bondies des temps anciens, une seconde et retour à
l'actuel, à l'immédiat que l'on aime tant, qui nous rassure parce
qu'il nous fait croire vivant alors qu'il est le plus instable des
déséquilibrés de ce monde (attention il ne faut plus dire « fou »,
remarquez, j'aime autant car le fou est un artiste de la vie, sportif
de l'extrême, le vrai héros méconnu, alors « le fou »
comme « le débile, non merci ! Autant le laisser au
placard, oui et se rabattre scrupuleusement sur « le
déséquilibré ».), que , donc, l'on dit ce que l'on
pense au fond des intestins. Et je peux par conséquent avouer sans
crainte de négliger une sacro-sainte règle sociale, que lire n'est
pas un « j'aimerais », « comme il serait... !»,
un vœu pieux. Ce n'est pas davantage un travail, une torture si l'on
s'en remet au sens latin du terme. Non, certainement pas. Le travail
l'est peut-être, parfois, souvent pour certains, même si l'on y
cherche le plaisir, rêveurs. Lire est un besoin, une nécessité,
vitale, j'ose le mot. Il n'est pas question de loisir ou de bonne
conduite, de bonne éducation ou de plaisir, simple. Lire peut être
cette nécessité absolument tripale, totem indétrônable, repère
quand l'être se perd. Un énorme livre autour duquel pousse ma vie.
Pas parce que je l'ai choisi. Certainement pas. Ou alors, je le
découvrirai bien plus tard, une fois sage. Mais un énorme livre
auquel une artère aussi fémorale ou jugulaire que les autres qui
mène au palpitant. C'est une image bien sûr ! C'est pour faire
comprendre. Une métaphore comme on dit. Oui mais non ! Le livre
peut sauver une vie, la préserver, même fragile, la tenir à bout
de bras contre la vraie mort, pas la métaphore de la mort. La vraie
mort qui ne respire plus.
Alors
non, je ne peux pas parler du lire sur un bout de table ou de
trottoir. Autant me foutre à poil et danser sur le bitume et les
voitures comme une folle !
jeudi 7 décembre 2017
Oyez oyez, Dames et Sieurs les éditeurs !
Oyez
oyez
chers
Gens de livres,
toute
gens
du
livre
et
des mots !
Oyez
oyez
Dames
et Sieurs
scribes
modernes,
imprimeurs
d'aujourd'hui,
le
cœur en chasse !
Oyez
oyez
vous
Vifs de lettres,
l'appel
de l'amoureuse illustre
inconnue
des
mots et leur génie !
L'amie
d'antan a dit un jour :
« Je
sais tu écriras
et
des livres,
je
sais tu seras écrivain. »
On
a ri de sa naïveté,
de
son rêve altruiste.
On
a dit :
« Mais
oui bien sûr ! »
en
riant.
Quand
même,
jamais
on a oublié cette
phrase,
une
seule fois,
durant
presque
vingt
ans.
Merci
vieille amie.
Cadeau
divin dit bien ton nom.
Peut-être
plus
bien
plus
qu'on
ne
le
crut
alors.
L'amie
d'antan avait raison sur
un :
écrire
écrire écrire,
elle
avait vu que
là
était la raison
d'être
et
de
boxer
tous
les jours que
Dieu
ou un autre,
une
autre même de préférence,
prodigue.
L'amie
avait vu ce que l'on n'a pu
soi-même
comprendre
si
tôt.
Gens
du livre !
Appel
à vous !
Ecoutez-moi,
déchiffrez-moi,
regardez
là,
juste
ici là,
plongez-vous
même
juste une minute
dans
mon océan
de
papiers gribouillés
jour
après jour,
sans
exception,
de
mots d'amour
de
rage aussi
et
d'aventure.
Oyez
oyez
Dames
et Sieurs
la
barbouilleuse
en
quête !
Et
adoubez
ou
répugnez.
Mais
une sentence
doit
s'écrier.
samedi 2 décembre 2017
La petite mort littéraire
Je
le lis encore.
Ça
ne fait que trois petites fois.
Trois
petites fées.
Qui
attendent leurs p'tites sœurs.
Parce
que j'en dois encore faire flamber trois.
Au
moins.
Parce
que je lis n'a pas fini.
Il
est mi-.
Tronqué.
En
haleine.
Il
y retournera et le feu follet de nouveau
s'embrasera.
Dans
les flammes, une petite fée dansera sur elle-même,
comme
un vieux jouet chanteur,
comme
une poterie sur tour,
modelée
à grands coups de lèche brûlante.
Je
le lis,
et
j'ai
presque peur de remettre la main
dessus.
Comme
sur une Bible trop sacrée,
gênante
de solennité
gênante
d'impudeur
tant
les réponses sont hurlées haut et fort.
Je
le lis,
il
est petit ce livre !
Tout
petit !
Aussi
petit qu'un livre-lutin
Ce
bébé-bible à fées de feu.
Un
bibelot me dira-ton.
Et
tu en fais tout ce pataquès ?!
Ah
ces gens qui lisent...
Un
petit livre parmi des centaines d'autres déjà lus et à lire.
A
en tourner la tête.
Mais
celui-là est un vrai chamboule-tout.
Se
déroulent sous mes yeux les mots
que
j'aimerais
écrire.
Pas
leur sens, pas l'histoire, pas le sujet visible à l’œil nu.
Le
vrai sujet, celui que certains croient objet.
Le
trésor est toujours caché dans l'emballage.
Le
vrai sujet : la poésie.
J'hésite
à le lire
à
nouveau,
de
peur de me perdre de plaisir.
Une
petite mort assurée
mais
j'ai
encore mille livres à
écrire.
La petite mort n'est pas la grande.
La petite mort vers la grande vie.
jeudi 23 novembre 2017
Rêve à vivre
Le
même rêve
qui
tourne,
bouclettes,
de
plus en plus
crépues.
Bientôt,
il
ne poussera plus.
Longtemps,
je me suis réveillée sans y croire.
Un
rêve nocturne
et
diurne,
amphibie,
polyglotte.
Il
commence à tourner
trop
vite,
comme
le moulin
qu'on
ne soigne pas comme
il
faut.
Il
tourne,
se
bat contre le vent,
parce
que rien d'autre sous
la
dent.
Parce
qu'il reste dans
les
limbes.
A
moitié né,
mi-vivant,
aujourd'hui
enfin
vraiment
désiré.
Le
rêve c'est
lire,
écrire,
et
vivre de.
Le
rêve dit et redit,
d'abord
tu et retu.
Impensé.
Ri.
Désormais,
le
rêve s'impatiente
et
s'enroule toujours plus
serré.
Lire,
lire,
jamais
ne cesser de lire ;
et
nourrie jusqu'à la moelle,
presque
gavée,
et
ensuite,
prendre
les mots à pleines mains ;
les
modeler,
les
colorier,
les
déguiser,
écrire
tous les spectacles,
toutes
les vies
traversées
et
imaginées,
observées
et
enviées
désirées,
loin
des yeux près du cœur
puis
qui
s'attrapent
inopinément,
dit-on.
Mais
pas de hasard.
Tous
les esprits,
corps,
âges,
et
leur insuffler
les
mots,
partagés
avec le monde
entier,
ensemble,
sans
se connaître
mais,
écrits-lus,
de
conserve.
Et
le rêve s'achève pour
devenir
une des
vies
qu'on
n'aura pas
à
écrire.
mercredi 15 novembre 2017
Marcel Proust ne meurt jamais
Quand
vient Noël,
Réapparaît
Marcel.
Aussi
loin que je sente
le
sapin la neige les lutins,
sans
un bruit,
sans
aucun bruit,
se
réveille Marcel.
Il
dort l'été.
Il
dort pour mon été.
Cela
ne vaut que pour
mon
espèce.
Je
ne parle qu'en mon
nom.
Les
plages et le grand soleil brûlant
l'assomme
en moi.
Le
froid piquant,
les
écharpes bonnets et gants,
les
lumières dans les rues,
les
Papa Noël qui clignotent,
le
font sortir
d'hibernation.
Les
saisons à l'envers pour lui.
Il
n'est pas comme tout le monde.
Marcel
qui ?
C'est
quoi ce mec ?
Mais
Proust les amis !
Le
Marcel,
l'unique
et seul Marcel.
Plus
facile de le dire aujourd'hui
qu''il
y a...
Les
Marcel ne courent pas les rues.
Toujours
est-il,
que,
à
contre-temps,
à
son habitude,
mon
Marcel,
notre
Marcel,
je
dois l'admettre et le partager,
pointe
son nez
de
hérisson,
inoffensif
épineux,
lui
aussi.
Sapin
hérisson et tous ceux qui s'y
retrouvent.
Proust
renaît comme un cadeau
quand
Noël sonne
même
au loin,
novembre,
pas
quand même tout bientôt.
Il
sort la tête de l'eau.
Pourtant
je n'ai jamais voulu le noyer.
Je
le cache à l'intérieur
toute
l'année,
il
pionce comme l'
asthmatique
hypocondriaque
qu'on
sait.
Et
puis, il arrive,
toujours
me surprenant,
et
rouvre son livre,
son
immense histoire.
Série
non-télévisée avant l'heure.
Il
est là et il y restera le temps
de
cet hiver-là.
Je
le regarde,
toujours
adoratrice,
toujours
stupidement émue,
il
ne meurt jamais
et
s'offre
encore
et encore
comme
mon Jésus
à
moi.
Je
le chéris,
le
berce,
et
le relis.
Le
plus grand cadeau de
ma
vie.
dimanche 24 septembre 2017
Ecrire
Réinventer
le cours
de
la vie,
reconstruire
son
passé,
redorer
ses
souvenirs,
être
celle que j'aurais
rêvée
de
sentir
battre en moi.
Donner
vie à toutes
celles
qui
auraient pu,
qui
auraient dû (quand la colère bout),
toutes
celles qui étaient
là,
à
attendre
et
qui finirent
sans
doute par s'endormir,
de
désespoir,
de
rancœur.
Elles
qui n'attendaient que
de
se
montrer,
prouver,
spectacle,
vie
au grand jour,
amis,
fêtes,
danser.
Dans
le kaléidoscope de mes
êtres
potentiels,
faire
jaillir les plus
folles,
les
plus
osées,
les
plus
entêtées.
Celles
qui auraient couru
à
toutes jambes,
ou
crié gueulé beuglé
libérées,
ou
même dansé comme des déesses
sans
honte,
sans
peur,
sans
lunettes de taupe
maladroite
et
grossière.
Dans
ce kaléidoscope,
les
trois quarts qui ont
dû
finalement
se
résigner,
malgré
leur fougue
et
leur
feu,
qui
m'ont brûlée de l'intérieur,
non
par vengeance,
parce
qu'elles sont
telles
et
que je ne les ai pas
laissés
s'écouler,
traverser
la paroi du
secret.
Je
les ai laissés
périr,
du
moins se flétrir
mais
je cours à la recherche
du
temps
perdu.
Faire
vivre enfin
ces
morceaux de moi
omis,
réprimés,
emprisonnés
sans
jugement
et
annoncé
« ad
vitam eternam ».
Mais
elles sont là
toutes
ces filles et femmes
en
geôle,
elle
respirent à peine
mais
jamais elles ne sont
mortes.
Les
réveiller et les faire danser
sous
mes doigts
écrivains.
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