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dimanche 30 juin 2019

mercredi 3 avril 2019

Joue contre joue nuit et jour,
Création d'amour siamoise 
Peau à peau déploient les ailes qui embrasseront le monde.

dimanche 23 septembre 2018

Ton clan

Longtemps tu t’es couchée de bonne heure.
De bonheur ?
Marcel est un petit
Farceur
Sous ses airs policés,
Coincés du cul merde disons-le !
Tu éclates de ce rire
D’absurdine
Parce que tu te couchais oui
Sans dormir,
Priant pour oublier
Cette putain de journée.
Tu n’avais pas le choix,
Tu te taisais
Et tu avais bien tort
Tout aussi bien que
Tu avais raison.
Que peut-on faire quand
La solitude
Cogne le coeur
À coups de poings
Entraînés,
Entraînant
Au ring des bas-fond ?
Tu entends toute la chance que tu as
Eue.
Les oreilles rebattues,
Tu fais taire les
Importuns imbéciles.
Tu continues surtout,
Toi,
De te
Taire.
Tu en as appris
Le trésor.
Cette histoire-là aussi
En rond en rond,
Stop.
Tu as pris ton parti
D’une solitude qui est aussi
Ta liberté.
Dans ta tête,
Tu hurles les pires obscénités,
Tu rêves les plus folles jouissances,
Et tu te nourris
À toi seule.
Fière,
Goguenarde.
Les autres t’ont perdue.
Ils tendent les bras.
Ils disent,
Nous sommes les tiens.
Et mon rire
Alors
Tonitrue
À faire trembler la terre.

Tu t étais préparée
Avec douleur,
La belle liberté
Et la tête pleine,
Ça nourrit pas son homme
Et encore moins sa femme,
À foncer sans appel.
Sans plus jamais ne devoir demander
Pour ne plus ô jamais entendre
Le boum de la chute
Baleinique
NON
En plein béton
Et le corps arc-en-ciel
d'hématomes chatoyants.
Pas de parade à cela.
Toujours du sans filet.
Et plus de faux espoirs
Ridicules contes d'enfant.
Tu les raillais toi-même.

Mais ta naïveté était là même
Où tu pensais ta supéritorité.
Les tiens n’étaient qu’
Autres.
Tu en avais donc fini et conclu
Là point barre
Et final.
Sauf que,
Tu n’avais pas prévu
Ceux qui
Deviendraient
Ton clan.
Tu jurais tes grands dieux que
Jamais toi ô grand jamais tu ne serais
D’un clan !
Tu haïssais ces amas
D’êtres
Brutalement transformés
En insipides
Atrophiés
Pièces d'un puzzle.
Sauf que,
Tu n’as pas
Prédit ceux
Qui n’amputent personne.
Tu n’avais pas compris
Ceux
Qui déchiffrent
La partition secrète.
Tu n’avais pas saisi
Ceux
Qui plongent
Dans les yeux dans les mots,
Ceux
Qui te devineraient,
Qui plongeraient d'un plouf,
Dans tes alambiqués méandres,
Qui t’aimeraient
Pour ce
Qui fait de toi
Une seule.
Tu ne savais pas que
D’autres mais mêmes,
Faux autres et pas vrais mêmes,
Liraient dans ton silence,
Écouteraient tes larmes
Et derrière ton sourire,
Ensemble
vibreraient ta colère.
Ils aussi
Décrypteraient ton corps
Et son déguisement
Joyeux et tralala.
Tu ignorais aveugle
Ceux qui
Débusqueraient les mots
A leur exacte place.
Tu ne te doutais pas
Que tous ces autres-là
Ouverts aux quatre vents
Finiraient imprévus
par modeler ton clan.

C'est là où tu
Peux n’être que toi.
Là où chacun sans
Ni se connaitre,
Ni se savoir
Te dit :
Sois-toi et plus jamais ne te trahis.
Tu flamboieras.
Tu brilleras.

Ton clan t’aura appris
Le respect et pourquoi.



jeudi 23 août 2018

La foule, le livre, sans Nous

La foule
Berce,
Tourbillonne,
Effervescente,
Elle a mille visages,
Mille couleurs,
Tous les possibles
Visibles et
Invisibles.
Tous les combinaisons
Du chiffre.

Puis,
Désertion.
Il n’en reste que deux.
Elle regarde tout
Autour,
Même un planant
Perdu
Au-dessus d’eux
Deux
Qui ferait
Des ronds,
Oublié.
Mais elle est face à face.
Elle n’a pas peur.
Elle ne sait pas
Etre
Deux.
Elle se tait,
Elle parle trop,
Elle perd le corps,
Pour être
D’autres.
Elle invente
Convoqué
La foule
Qui les entourent
Alors,
Non elle seulement.
L’autre,
Là,
Sait être
En nous.
Le simple deux
Va.
Il regarde droit devant,
Droit dans les yeux,
Pas toujours,
Parce que...
Pourquoi faire ?
L’ensemble ne tient pas
Par les yeux.

Elle est plus
Seule
Que jamais
Quand c’est deux.
Qui que soit le
Second,
Elle est perdue
En nous.
Elle omet tout,
Elle rejoue
Les comédies
Millénaires,
Elle automate
Pire qu’une poupée
Chiffe molle,
Machine fausse
Parce qu’être deux
C’est aimer trop,
C’est aimer tellement haut
Que le vertige
Terrasse
Et elle s’affaisse.
C’est comme son coeur
Dans ses mains
Pulsant,
Vivant,
Hors d’elle-même,
Catastrophique
Badaboum
D’énergie écarlate.

Ils sont nous
Et elle voudrait disparaître.
Son reflet
Force toutes ses
Barricades
Et
Chaque fois,
Le coeur
Se jette dans
Ses mains.
Nausée...
La machine prend le relais.
Respiration assistée.
Ils sont trois,
La poitrine se referme.
La machine demeure,
Précaution.

Elle voudrait être
Seule,
S’échapper,
Seule,
Elle existe
Moins.
Elle n’a plus ce nous
Du corps,
Elle est juste ce qui
Va.
Seule,
Elle est folle.
Elle reprend place
Dans son
Monde.
Sans corps
Sans coeur
À portée de main,
Pleine pourtant de
Toutes leurs
Promesses.
La magie de l’esprit
Et elle est seulement
Elle.
Les livres
Bâtissent les murs
Tapissent les sols.
Ils en sont
La matière.
Ils,
ne demandent pas
De
Nous.
L’à-deux n’impose
Rien,
Il est celui qui
Va.
Facile.

Enfin seule,
Sans corps
Sans cris.
Ensuite,
Elle ressortira
Se jeter
Dans la foule
Et s’y perdre
Délicieusement.
Juste bain
Régénérant.
L’entre-deux,
Son dilemme.

dimanche 5 août 2018

Tu écriras pour eux

Tu écriras
Pour eux.
Tu écriras
Pour ceux qui étaient là.
Pas seulement pour
Témoigner de toi,.
Tu écriras
Pour remercier.

Bien sûr aussi pour haïr
En public
Les autres
Que tu as dû
Taire.
Mais cela est évident.
Facile.
Disponible.
À fleur de peau.
Prêt à régurgiter.
Tellement ruminé.
Tu sais cela,
Aisément.

Tu écriras.
Et tu ne cesseras pas.
Tu ne devras
Jamais
Cesser.
Les honorer.
Leur offrir tout
Le plus intime
Le plus souterrain.
Tu le leur dois.
Tu ne t’arrêteras
Pas
De leur rendre
Hommage,
Ici

Partout.
Tu écriras
Pour eux.
Tu ne les connais
Plus.
Ils ne savent pas
Eux-mêmes.
Tu les porteras aux nues.
Tu écriras
Pour les montrer
Au monde.
Pour les faire aimer
De chacun.
Pour qu’on sache
Qui ils sont,
Qu’on reconnaisse
Le talent
De ceux-là,
Qui étaient
Là.

Qu’il en coûte
Les tripes sur la table.
Qu’il en coûte
Du sentiment jusqu’à
L’écœurement.
Qu’il en coûte
De passer pour une fille.
Qu’il en coûte
Toute ta pudeur.
Qu’il en coûte
Ce que tu veux paraître.
Qu’il en coûte
Ton espoir d’être une autre.
Qu’il en coûte
Ton rêve fou de rire le monde.
Que tu passes pour
Ce qu'on t’a dit de
Mépriser.
Qu’en effet
Tu dédaignes,
Sage comme une image.
Tu écriras,
Il t’en coûtera
Ce qu’il faut être.
Tu gagneras
Ce qu’il te faut.


Tu écriras
Pour eux.
Quand tu
Te décourageras,
Souviens-toi que
Ce n’est pas que pour toi,
Petit narcisse
Qui sait se miroiter
A la perfection.
Qu’à l’intérieur
Du beau miroir,
Ils sont tous gravés
Là.
Ce sont eux,
Ces oiseaux
Qui te rattrapent
En plein sable
Mouvant,
Sauveteurs en mer
de boue
Et tu
Encore et encore
Ecriras
Pour eux.

mercredi 25 juillet 2018

Ma Cléopâtre, émerveille-toi !

Elle a construit
Brique à brique
Sa pyramide,
Elle pointe vers les étoiles
Et elle chatouille le ciel.
Elle a traversé le monde.
Elle a conquis sa part,
Elle a tenu tête
Aux couillus,
En Cléopâtre
S’il le fallait
Impitoyable.
Elle a bâti
Rebâti
À la force du poignet
Main de fer dans
Un gant de velours,
Le chaleureux sourire
S’évanouissant
Dès qu’on lui tendait
Un bonbon
Empoisonné.
Pas besoin de goûteur,
Le pif aussi
Subtil
Qu’un flaireur de
Coke.
Sa pyramide
À partir d’un caillou
De cour d’école
Qu’elle a su
Faire rêver.

Ma pharaonne des temps modernes
Croit en un jour
Tout s’écrouler.
Elle pourrait
En crever
Juste là
Au pied de son oeuvre,
Allongée dans le sable
Brûlant,
Plus rien bouger,
Fermer les yeux,
Les larmes abreuvent
Son petit carré désert
Et ses oreilles au passage.
Le fier nez pointe toujours.
Mais,
Elle n’entend plus.
Elle n’écoute plus.
Elle revient à la cour
D’école
Les mains vides
Et
Le poignard au coeur.

Elle est pourtant là
Ma soeur
Ta pyramide.
La tienne,
À partir de
Rien.
De rien n’oublie pas
Ton courage,
N’oublie pas
Ton combat.
L’impuissance ne t’est plus
Depuis bien longtemps
Collée aux basques.
Tu lui as dit
Coucouche panier
Avec autorité
Même si tu ne savais pas
Ni comment
Ni vers quoi.

Alors,
Rouvre les yeux,
Hors de ton petit carré désert
Prison mesquine
Qui voudrait
La peau d’une
Cléôpatre.
Les conquérantes aussi
Ont besoin
De repos.
Maintenant,
Assise en tailleur
De yogi,
Contemple ta pyramide
Aux mille couleurs.
Tu as saisi
Les pierres
De tous les sols,
Toutes celles
Que personne
Ne voyait,
Tu les a fait
Briller
Et tu as enchanté
Ta tour.

Emerveille-toi !
Et chasse les
Barreaux qui poussent
Ou
Repoussent,
Même des terres les plus
Infécondes,
Ces salauds !
Les prisons n’ont pas
De patrie,
Tu le sais mieux
Que quiconque.
Mais aucune cage
N’aura plus
Jamais
Raison
De ta vie.
Tu l’as promis
Dans toutes tes
Fois,
Dans toutes tes
Langues.

Emerveille-toi
Autant que tu
Emerveilles
Ceux qui t’admirent
En silence.




vendredi 22 juin 2018

Coeur aime en creux

Le nez crasé sur une baie vitrée
Aéroportuaire.
Les mains plaquées cinq doigts écartés mains en l’air encadrant
Le visage.
Les yeux fouillant
Ce qu’ils ne pourront voir.

Le nez levé vers le tableau
D’affichage.
Les oreilles tendues vers les
Cliquetis des lettres et chiffres qui s’enroulent et s’égrainent.
Les yeux cherchent
La voie.

Le nez au vent de l’océan
Moutonneux.
Les mains accrochées à la lourde
Rembarre.
Les yeux qui pleurent d’iode
Et de sel.

L’on part
Et l’on regarde
Partir.

Souvent,
Plus que jamais,
Le coeur aime en creux,
En trous,
En froids.
Il brûle,
Il creuse,
Il brandit
Le trésor
Quand le lit
S’assèche.
La crue
Lui fait accroire
Que...
Mais quand
Plus presque la moindre petite goutte,
Le palpitant
S’affole
Et
Aime plus fort
Pour se remplir
Re
Et re re.


mardi 27 février 2018

Pourquoi tu l'aimes ?

Pourquoi tu l'aimes ?
Oh ben en voilà une question !
C'est une question qu'on ne pose pas.
Bien sûr qu'on ne la pose puisqu'on aime sans raison.
Ahhh... Donc demain tu peux ne plus aimer ?
Non sûrement pas ! Mais c'est quoi cette question de merde !

Pourquoi tu l'aimes ?
C'est ma princesse.
Oui mais pourquoi ?
Ben parce qu'elle est belle.
Ok... C'est tout ?
Bien sûr que non ! Elle est sympa, sa famille est top et tout quoi !

Pourquoi tu l'aimes ?
Il me fait vibrer.
C'est-à-dire ?
C'est un peu intime comme question dis !
Oui désolée mais tu veux bien me répondre quand même ?
Oui. Il m'excite.
Ok... C'est tout ?
Non... il est aussi beau, galant, il brille en société, tout le monde l'aime.

Pourquoi tu l'aimes ?
Parce qu'elle m'aime tellement que je ne peux que l'aimer.
Euh... je comprends pas...
Qu'est-ce que tu comprends pas ?
Tu l'aimes parce qu'elle t'aime ?
Oui. Comme ma mère par exemple. C'est pareil la famille quand t'es tout bébé.

Pourquoi tu l'aimes ?
Parce qu'il me fait rêver.
Rêver à quoi ?
Il m'offre la vie dont j'ai toujours rêvé.
Il me construit mon rêve.
C'est son rêve aussi ?
Bien sûr, quelle question ! T'es conne toi !

Pourquoi tu l'aimes ?
Parce qu'elle est la femme idéale.
Et donc tu aimes tout ce qu'il est ?
Ah non pas du tout !
Ah bon ?
Ben qu'est-ce que tu crois  ? T'as jamais été mariée toi, ça se voit !
Mais elle a quelque chose de parfait que j'aime plus que tout.
Ah ok. Quoi ?
Un truc que j'arrive pas à dire. Un truc que j'attendais.
Et elle ?
Elle dit pareil, c'est drôle.


Et toi pourquoi tu l'aimes ? Tu dois le savoir puisque tu poses la question.
On a réponse à toutes les questions qu'on pose ? Première nouvelle.
Fais pas ta philosophe-là, t'es chiante.
Bien sûr que je suis chiante.
Allez ! Pourquoi tu l'aimes toi ?
Euh...
Aaaaah, tu vois, toi non plus tu sais pas quoi répondre.
C'est pas ça, c'est que ça va être long.
Eh ben synthétise.
Ok. Je peux dire Tu, ce sera plus facile.
Si tu veux, tant que tu réponds à cette foutue question.
Super. Alors...
Tu me fais rire sans rien faire tu fais sautiller mon feu follet
ça danse dans la poitrine,
ça danse avec des figures pire que Dirty Dancing,
les Jeux Olympiques à l'intérieur ;
Tu brilles,
pas dans la nuit,
dans la mienne,
tu brilles de n'être comme personne.
Tu es un farfelu
l'énergumène qui ose,
le jamais vu qui regarde droit dans les yeux
et amadoue les hargneux dans
leurs connards de starting blocks,
tout en rires et pirouettes,
ou simple politesse.
Tu penses ce que les autres ne veulent pas,
tu t'imposes rigoureusement,
parfois cruellement,
l'intégrité totale
et tu souffres de ne pas
en être.
Mais qui en est ?
Moi bien sûr,
j'aime cette ligne droite d'honnêteté
qui dévie
souplement tant que rien n'est menti.
Tant que rien n'est menti.
J'aime plus que tout
ce respect des gens, des bêtes et des choses
qui te fait vivre et te battre,
ce respect sans œillères,
autant qu'humain le peut
et cette humilité d'animal social,
parmi les autres,
ni plus ni moins,
dont le cerveau ne fait pas la valeur,
mais qui ne cesse jamais de le faire tourner en bourrique,
dont le physique n'est pas un honneur,
dont la force est dans cette estime de tout ce qui n'est pas
mépris et arrogance.
Et pourtant,
tu es toi-même
le presque dernier que tu respectes,
parfois,
le presque dernier que tu estimes,
souvent,
le presque dernier que tu admires,
toujours.
Aime-toi autant que je t'aime.

Ah ouais...
Pourquoi tu fais chialer les gens toi ?
Parce que je sors les tripes. Et parce qu'on doit le dire ou on a tout perdu.
Tout menti.

samedi 24 février 2018

Reprendre c'est voler : amour à mort

L'amour est donné,
il est trop tard pour le
reprendre.
Et puis,
donner c'est donner et reprendre c'est voler !
Alors comme on ne veut pas
être traité
de traître voleur,
on continue d'aimer.
Et puis,
pour soi,
on n'arrête pas ça comme on veut
d'un claquement de doigt.
Toujours cette exception du psychopathe
ou de l'ado très limite,
au hachoir
à la machette
cul-sec.
C'est efficace.
Mais bon, on ne peut pas tous
faire comme ça.
Ou sans doute,
la température du globe
descendrait
très terriblement.
La solution au réchauffement
climatique est peut-être
ici.
Sait-on jamais.
Nous disions donc,
je ne veux pas être un
voleur
donc je ne reprends pas mon bien,
puisque ça n'est plus le mien.
Enfin, je garde tout de même mon esprit,
merci bien.
Mais en réalité,
quel est le fin mot de l'affaire...
Le très fin mot...
C'est que l'on ne peut ni ne veut
reprendre ce bien auquel,
à raison d'un grand procès business,
on finisse par
le récupérer.
On n'en ressort qu'avec un objet déformé,
une boule de colère qui se débat et brûle les doigts,
réveille la nuit,
pire qu'un gosse,
je vous jure !,
bien plus qu'une
jolie
pomme d'amour qu'on croyait
récupérer,
mettre au frais pour la prochaine
fois.
Mais non !
Puisque de toute façon,
toutes ces avocateries
et duels en témoins
ou pas d'ailleurs,
ne rendent pas le bien.
L'amour est donné,
il est trop tard pour le
reprendre.
Il ne se retire pas.
Il ne se soustrait pas.
On le regrette,
on se félicite.
On n'y peut plus grand-chose une fois l'offre
actée.
On devrait toujours
s'en féliciter,
on a toujours
eu de bonnes raisons.
Et après-coup,
on aura beau placé,
devant celui qui brandit le présent
d'hier,
tous les filtres de
haine
et de dégoût qu'on veut,
le présent reste d'aujourd'hui.
Jusqu'au dernier souffle putain !
Pas de romantisme à deux balles !
On ne récupère jamais
le bout de soi qu'on a donné à
celle
celui
qu'on a aimé(e).
On se recompose et
peau neuve.
On se cache souvent,
très souvent,
qu'on ne veut ni ne peut
reconquérir son bien.
L'amour donné
court
même quand on croit qu'on
l'a enturbanné
d'indifférence.
Il dort,
paisible ou pas.
Mais c'est sûr,
il ne se reprend
pas.
Et on meurt riche
de tous ceux,
tous,
que l'on a chéris,
bien,
mal,
bêtement,
démesurément,
formidablement.
Mais pourquoi s'infliger de
mourir
les mains cramées,
le corps en feu,
de ces follets
menteurs ?
On ne fait que se
voler soi-même,
auto-traître voleur ;
'peu con quand même !

lundi 29 janvier 2018

Pas d'amour sans Histoire

Grand ami
grand amour,
celle celui ceux
qu'on connaît si bien,
qu'on se targue
de.

Grand ami
grand amour,
dont on ne connaît ni Eve ni Adam
ni aucune pomme,
ni son serpent,
ni son Dieu.

Grand ami
grand amour,
dont on se sent si !
avec le(la)quel(le) on pourrait !
si authentique, si vrai !
si intime, si même !

Grand ami,
grand amour,
qu'on connaît sur le bout des
doigts,
m'enfin on le voit tous les jours
quoi !

Grand ami
grand amour,
qu'on n'a pas besoin de questionner,
tout est limpide,
on lit en lui comme dans un livre ouvert,
pas de secret l'un pour l'autre.

Ton grand ami
ton grand amour,
qui est-il né ?
Comment a-t-il ?
Qui l'a aimée ?
comment s'est-elle nommée ?
Qui l'a fort détesté ?
comment a-t-il parlé, marché, dormi ?
Qui l'a simplement ignorée ?
comment a-t-elle appris, saisi, joué ?
Qui lui a pris la main ?
Comment a-t-il compris, pleuré, admis ?
Qui l'a serrée en bras ?
Comment a-t-elle cru ne jamais y arriver ?
Qui a relevé la tête ?
Comment a-t-il trouvé ses eaux ?
Qui a souri dans un silence ?
Comment a-t-elle dit oui ?
Qui l'a donc accueilli ?
Comment a-t-il dit non ?
Qui lui a interdit ?
Comment a-t-elle hurlé ?
Qui l'a fait jouir d'abord ?
Comment a-t-il voulu mourir ?
Qui s'est assis à côté d'elle ?
Comment a-t-elle voulu les tuer ?
Qui a forcé ses larmes ?
Comment a-t-il rêvé le monde ?
Qui a ouvert les portes ?
Comment a-t-elle attrapé joie ?
Qui pourrait témoigner ?
Comment a-t-il souffert ?
Y avait-il un qui ?

Comment est-elle devenue ?
Qui l'a conduit en vie ?
Comment est-il celui-
ci
et non
là,
ton grand ami,
ton grand amour ?
Tu n'en sais rien.
Tu ne vois qu'une
minuscule photo
de l'immense
existence.
Un flash,
un zoom,
une carte postale.
Certainement pas
le vrai,
l'intime,
ton même,
si son Histoire
t'est inconnue.
Tu ne connais qu'un ridicule
lambeau,
brillant pourquoi pas,
peut-être magnifique,
mais une déchirure de
l'énorme tissu,
qu'il elle
a bien voulu donner,
qui ne fait pas mal,
qui fait mieux vivre,
qui rend heureux,
qu'il elle a trouvé
et qui marche,
et aussi qui te plaît,
qui te convient,
qui te parle,
qui dirige ton regard,
qui parfois muselle tes questions
qui parfois les détourne
mais qui ne te donne pas l'os à moelle
sur un
plateau d'argent.

Ton grand ami,
ton grand amour,
si tu l'aimes tant et plus,
assieds-toi face à face,
avec sa permission,
apprends enfin à reconnaître,
apprends l'Histoire,
la seule qui lui fasse sa
vraie place.
Ou alors
grand ami
grand amour,
à l'arrache,
tu l'aimes comme il est,
et puis voilà !
Mais tu ne sais pas qui c'est !
Tu ne sais rien.
Tu ne sais pas même son nom.
L'amour ne rend pas aveugle.
Je suis
tu es
nous sommes
de grands aveugles aimants.
Perds tes yeux !
Perds ton ouïe !
Perds ta raison !
Et tu verras !
Tu ne cesseras d'aimer
tes grands amis
grands amours,
en amoureux archéologue de leur
roman.
Ami,
amour,
apprenti biographe.

samedi 6 janvier 2018

Amour et solitude

Sans cynisme mal placé.
Sans noirceur excessive.
Je crois
Sans dolorisme masochiste.
Je crois ferme
Mais honnêtement ne peut être
Sûre.
Honnêtement même si
Rageant.

On entend un jour
Quelqu’un
Répondre les mots qui
Trottaient dans la
Tête.
C’est comme un premier flash.
On ne l’oubliera jamais.
Elle il résonne dans le
Même air
Et on croit qu’il entend
Les battements viscéraux.
On ouvre grand les yeux et
On attend ce petit miracle
Humain,
Encore et encore,
Aux aguets.
Mais des années peuvent passer
Avant que.
Pas de pleurnicheries.
La simple réalité
Puisque la vie n’est pas de
Poétiques correspondances.
On finit par
Cesser d’attendre
Et tenter de
correspondre
Avec soi-même.
Baudelaire n’est pas sans aider
Dans ce labeur.
Mais la limite arrive
Et assombrit le ciel.
Et l’on recommence à
Espérer
L’autre.
On se dit qu’il faut être prudent,
Pas trop vite,
Pas trop fort.
Un petit rail pour
Un nouveau départ.
Une autre,
Un autre,
Qui devient cher absolument
Immédiatement ;
Elle il a touché
Le point G
De l’être tout entier.
On en rencontre,
De temps en temps,
Certains demeurent,
Tels quels,
D’autres vont et viennent,
Et l’on est heureux d’avoir trouvé
Une vraie paire.
Même épisodique,
Même plus jamais vue.
On se dit que cela
Suffit.
Et peu à peu,
L’optimisme grandit,
L’optimisme est le luxe de l’âge,
20 ans plus bel âge, est la plus ridicule connerie
Du vieux oublieux.
On oublie tout,
On oublie l’enfant,
On le trahit,
On oublie le jeune,
On le déguise,
On modèle l’histoire
À notre bon plaisir
Et l’on se croit porteur d’une
Extraordinaire mémoire.
Mémoire d’imposteurs.
Là où nous sommes les plus
Affolants prestidigitateurs :
Mémoire de toc.
Les sentîmes ne sont qu’ouvertement
Ce que nous sommes
Tout au long de nos exploits de femmes
Et d’hommes si supérieurs.
Et donc,
On croit savoir trouver de mieux en mieux
Des paires.
Et sans crier gare,
On parvient à croire
Que c’est un possible du quotidien.
Et on aime tellement qu’on
Ne s’aperçoit même plus
Qu’on croit et
On s’assoit tranquillement
Dans cette ultime douceur.
Résonner avec ses autres,
Ses belles personnes,
Ses paires.

Mais le coup de hache
S’abat sans aucune hésitation
Sur le trône et les lauriers
Naïfs,
Et en même temps si nécessaires,
A moins d’ermiter
Ou se prendre.
Seulement,
Le coup de hache est sans pitié
Et vraiment
Il brise le coeur.
Il te dit,
Sardonique :
Crois-tu donc que tu ne seras plus seul(e) ?
Crois-tu donc que tes mots serviront ?
Crois-tu donc que même à nu tu seras vue ?
Crois-tu que cela est possible davantage qu’une petite minute
Parfois,
Et vraiment pas toujours quand tu en manques ?
Pauvre conne !
Pauvre con !
Ceux qui t’aiment le plus ?
L’amour n’a rien à voir là-dedans.
Alors,
Jouis de ces instantanés d’intelligence.
Souris.
Et tais-toi.
Ton for intérieur est une irréfragable solitude.
Fais avec
Et oublie.
Toute lutte serait vaine.
Aimés ou pas,
Les autres ne te comprendront
Jamais,
Comme tu ne les entendras
Pas.
Ici, la justice règne.



dimanche 24 décembre 2017

À mes tendres écorchés vifs

Que la vie soit une pute,
Rien de neuf sous le soleil.
Que la vie soit une énorme salope,
Parfois,
Il faut bien l’admettre.
La naïveté,
L’innocence,
Sans jérémiades ni chialements geignards,
N’est pas de mise pour
Nombre des vivants.
Quel que soit l’âge,
Aussi jeune qu’elle ait été,
Elle ne connaît
Ne connaîtra
Pas,
Sans tambour bien fanfare
L’insouciance.
Tous ces possibles sont loin derrière
Ou bien trop loin devant...
À chaque jour suffit sa peine.
La lutte du quotidien,
L’insouciance est un luxe.
Luxe qu’on dit,
Crie,
Trompette
La belle innocence
De l’enfance.
La plus grosse connerie de
Tous les temps.
La plus grande complaisance du
Monde adulte.
On se réjouit
Par procuration du
Sans arrière-pensée du tout petit.
On se réjouit de ce
Q’on voudrait croire
Avoir été,
On s’y accroche.
On c’est beaucoup !
C’est humain.
C’est exaspérant...

Il y a donc tous ceux qui
Se taisent
Et s’échappent loin du
Brouhaha
Pour ne pas entendre ces
Inepties d’insouciance.
Ce sont mes préférés
Bien sûr.
Ce sont mes plus tendres
Amis.
Mes plus précieuses
personnes.
Pas parce qu’ils seraient
Lucides.
Plus pour cette raison-là.
Parce qu’ils ont dans le cœur
Pour tous les jours de
Leur pute de vie
Ce trou de rêves
Et de magie.
A la place quoi ?
Quoi ?
Réfléchissez...
La solitude.
La  solitude qui
Ne s’éteint
Pas.
Qui les étreint.
Les poursuit.
Leur gicle à la gueule
Combien elle seule leur
A été fidèle.
Elle explose en un
Feu d’amertume
Bien malgré eux,
Mais qui semble éternel.
Alors,
Quand un de ces tendres
Écorchés vifs,
Une de ces êtres exceptionnels
Cachés dans
La normalité rassurante à
Leurs congénères.
Quand un de ceux-là,
Adulte désormais,
Bien armé,
Clairvoyant,
Jamais résigné
Même s’il a tout pour,
Voit sa solitude et
L’enfant trop
Intelligent
Qu’il a dû être,
Lui sauter à la gorge,
Au visage,
Aveuglants,
Envahisseurs
Indécrottables,
Alors,
Une rage immense
Me prend,
Bien plus puissante
Que l’intestine qui étudie les
Plis et replis intra intérieur.
Une rage de débutant.
Une rage de toute jeune.
Celle des débuts de la révolte
Parce que la vie se comporte
Comme une pute,
Se prostitue sans vergogne
A la solitude
Et abandonne
l’être que j’aime
Comme déjà mille et mille fois.
Alors,
Quand cet être-là
Souffre encore,
Lui elle qu’on devrait
Admirer chaque jour d’être
Vivante et prête à,
Quand
Encore la pute de vie
Joue son énorme salope,
Alors j’ai
La rage de tout lui donner,
Tout réparer,
Pour lui offrir
Une once d’insouciance.
Mais je ne peux que
Manger mes tripes
Et offrir mes mots,
Les seuls à savoir
Résister
A la solitude bourrée
Bras dessus bras dessous avec
La vie.
Avec cette rage,
Je voudrais leur
soulever
Leurs montagnes.



dimanche 17 décembre 2017

L'amour de toujours

Tu n'es pas l'homme parfait,
l'homme idéal,
le prince charmant
dont on
voit rêver dans les films,
les livres (mais pas les vrais
parce que les vrais ne mentent pas
sur
l'amour)
les jeunes filles aux abois.
Je ne suis plus une jeune fille et je
m'en félicite ;
les années ont passé
et soulagé nombre de
peines.
Tu n'es pas

Tu es bien davantage que tout cela.
Tu es mon
homme parfait,
mon
idéal
mon
prince charmant.
Plus petit ?
Dans la forme,
sans aucun doute,
et seulement là,
et heureusement.
Tu es l'humain par excellence.
Tu n'es pas plus que
ta bonne place,
tu restes là où les
hommes,
humble et décent,
toujours décent,
toujours digne d'être homme
ni plus ni moins ;
tu ne cours pas comme un
furieux
après utopies
dévorantes,
ambitions
irréelles.
Tu fais de ta
condition simple,
sans froufrous
ni chichis,
jamais,
une profonde et fraîche
féérie.

Tu es
mon rêve-réalité.
L'énormité d'un rêve
toujours caressé,
tellement bercé
qu'il devient
soi,
qu'il est
fondu en chair.
L'énormité d'un rêve
que l'on oublie
tant il nous constitue.

Un jour,
j'écris,
je me souviens,
mais cette fois sans douleur
et sans comprendre
pourquoi,
des amours adolescentes,
blessures encore
amères.
Je ne sanguinole plus
comme une accidentée
fractures ouvertes dans tous les
sens,
car j'ai grandi,
oui bien sûr ;
car j'ai trouvé
à mes côtés
l'amour qui m'a
souvent
aspirée loin dans les ténèbres
et je hurlais
en esprit,
de toutes mes forces,
De Profundis Clamaui,
la mort tout près,
an main au cas où.
Je souris et je tends les mains,
pour la première fois plus sage qu'elle,
vers la jeune fille souffrante
pour lui tourner les
yeux
vers l'avenir.
Car elle doit savoir
qu'un jour,
quand
elle sera grande,
elle aura au cœur
l'être qu'elle rêve.
Son Rêveréalité.

samedi 2 septembre 2017

Éloge de l'amour calme

L’amour de notre époque
Est un
Amour imprévu
Inattendu,
Arrête d’espérer et il viendra tout seul,
Comme si l’amour était
Nécessairement une
Surprise.
Il n’est pas obligé d’être
D’emblée
Flamboyant,
Coup de foudreux,
Incroyable,
Stupéfiant,
Eblouyeur,
Éclabousseux
Et champagnesque.
L’amour de notre siècle
Doit être
Presque
Incroyable,
Croirait-on.
Mais non et renon !
L’amour du drame,
Du merveilleux,
De l’action folle et ultime,
Cette époque soi-disant cynique...
Hein !?
Bien davantage fleur bleue
Et pâquerettes,
Assez écœurantes
Pour moi,
Je dois dire.
Pas si différente que celle des amants
Platoniques
De nos vieils et preux chevaliers
Pourquoi l’amour serait-il
Si
Détonnant ?
Si
Époustouflant ?
Tout le monde s’accorde,
Tacitement
À aimer cet amour ramène-gueule,
Mafioso magicien.
J’ai rêvé cette
Dinguerie
Aussi.
Aussi plaquée,
Imprimée
Que tout un chacun.
Que tous les jeunes
Du moins.
Et puis, j’y ai goûté.
J’ai d’abord fait la fière,
Disant que,
Moi,
Messieurs Mesdames,
Je ne mangeais pas de ce pain-là.
J’ai choisi l’inverse
Pour mieux étouffer mon désir
Honteux.
Honteux,
Pou moi seule,
Il me semblait stupide,
Naïf,
Inadéquat.
Et puis,
J’y ai touché
A cette came-là,
Comme une drogue devant laquelle j’aurais
Résisté
Des années.
J’y ai touché
Et elle m’a fracassée.
Très vite,
J’ai compris que
J’avais toujours eu raison
De lutter contre.
Mais encore fallait-il que je
Sache contre quoi je
Luttais.
Cet amour-là
Que l’on m’avait
Rêvé,
Que je me croyais trop
Lâche pour
Affronter,
A brûlé un bout de mon
Etre.
Non que ce soit un
Mal !
Toute cicatrice prouve que
L’on a grandi.
Mais il a aussi brûlé
Comme diable.
Il a fait surgir la haine
Et le désir de tuer,
L’autre,
Soi,
Les deux.
Le désir de battre à mort.
Il a eu le bienfait
D’expulser la colère.
Enfin.
C’est tout.

Alors,
Aujourd’hui,
Je rêve
Bien sûr,
Beaucoup mieux,
Je rêve du quotidien,
Je rêve de ce qui
Est.
Là.
Qui était prévu.
Qui n’a rien de magique
Et fumeux,
Mais tout de réel
Et profond.
Tu ne prétends être
Aucun bonimenteur,
Ce que tu montres
Sans pudeur soi-disant
Virile.
La plus conne des tares
De la virilité
Exigée,
Messieurs,
Pour être de vrais
Couillus.
Tu es bien plus
Admirable
Quand tu pleures
Sans te cacher sous la rage
Qui larme,
Dit-on.
Jamais larmes sans douleur.
Je rêve de toi
Parce qu’avec toi,
Je vais enfin
Pouvoir
Me laisser
Toucher entière,
Plonger malgré mon vertige
Et mes manies de sons et lumières à tous les coins
De rue,
De pièce,
De fatigue,
Dans les plus noires profondeurs,
Où je n’aurais plus qu’à
Te faire confiance.
Je finirai bien par
Me
Faire confiance.
Tout en douceur,
Un jour comme un autre,
Sans spectacle,
L’impossible adviendra.
Comme toutes les catastrophes
Et tous les miracles.

dimanche 13 août 2017

Jamais tu n'aurais cru

Tu ne pensais
pas
que tu
pouvais
aimer
autant.
Tu te croyais
moins
tendre.
Tu te croyais plus
égoïste
plus
solitaire
plus
individuelle,
sans les autres
s'il le faut,
même si ça
blesse.
Soi ne pas s'écrouler
et soi seul.
Pas parce que tu n'as
pas
besoin des autres,
des chers,
pas parce que tu te
crois
si fort,
mais parce que la survie est
une lutte de soi à soi,
qu'on ne peut pas
demander
délivrance
à d'autres,
aussi vrais et sûrs qu'ils soient,
grands et tendres,
honnêtes et lucides.
On ne se délivre que
soi
seul.
Ta prison est
en toi.
Bien sûr,
tu as appris à te saisir
du bon.
Mais ce n'est pas lui qui
dénoue
et
délivre.
Bien sûr que
seul
tu n'es
rien,
ni toi ni personne.
Bien sûr !
Mais le fond t'appartient et
tu en es certain.
Tu as pensé,
tellement pensé que
tu sais
aujourd'hui.
Et ça apaise.

Sauf que,
tu découvres
que
tu aimes
tellement
que
tu n'es plus seul
dans ton fond.
Si oui évidemment,
le tout petit fond indéchiffrable.
Mais le fond que tu croyais
devoir travailler
seul
n'est plus seulement le tien.
Tu t'étais promis de
jamais
ô grand jamais
ne te laisser berner par
le cœur.
Les tripes suffisent
à la douleur.
Mais tu t'es laissé glisser
et ton fond
aussi,
ton creux,
ton refuge,
aussi,
est accroché à cet autre
que tu aimes.
Il ne te sauvera pas.
Il n'est pas là pour ça.
En revanche il,
est entré très loin,
il,
s'est avancé tout près,
et tu ne l'a pas vu
s'approcher
tant.
Tout à l'intérieur.
Et tu n'as
ni
peur
ni
honte.
Tu n'aurais jamais
cru.
Tu n'étais pas
de ceux-là.
Pourtant,
tu sais aimer
enfin,
car il
n'est pas là,
et tu n'es plus assez
toi seul.

dimanche 16 juillet 2017

Mes amours

Elle propose un foot américain
Ou de baiser dans une voiture.
Les grosses baskets
Et pas de bijoux au cas où.
Franchement ?
Non elle ne déteste
Pas la castagne.
Un peu de baston ça défoule.
Elle est pas aussi forte.
Elle est bien plus rapide.
Elle s’attaque au gros lourd,
Évite le poids léger
Qui se laissera pas avoir.
Les potes le savent,
Ils lui laissent le gros gueulard,
Elle en fait un chien fou.
Elle est la fille de la bande de mecs
Ou le mec de la bande de filles.
Ca l’empêche
Pas
Absolument pas
De vouloir être maman.
Ah non, pas maman universelle
Qui aime tous les chiards qui l’entourent,
Ou qui jamais ne voudrait jeter les siens par la fenêtre.
Vouloir être maman
Et aimer les bébés animaux,
Aussi.
Pas quand même les comédies romantiques,
Elle préfère la soirée foot
A la bière et pizza.
Et oui elle peut manger de la pizza
Froide
Au p’tit déj’.
Elle a essuyé les
« Garçons manqués »,
« P’tit mec »,
Et puis plus tard,
« La gouine »
Comme si ça devait blesser.
Elle a vite fait taire
Et fait rire.
Mais c’est toujours pareil,
Le prime abord.
Ce que les gens peuvent être simplistes !
Elle entend même,
C’est si dommage avec de si beaux cheveux...
Mystère et boule de gomme.
C’est le jour d’un mariage
Ou baptême prout prout de la famille
Grande catho
Jésus Jésus tu es notre sauveur
Et non à l’avortement,
Famille
Qu’elle aime fort comme elle est,
Même si elle moque sous cape,
Ou juste soiree class,
Qu’elle fait le buzz :
Elle n’a pas peur des talons hauts
Et des longues robes moulineuses.
La voilà déesse insoupçonnée.
Tout est dans la tête les mecs !
In-
Ven-
Té.

Lui a de la sape multicolore,
Toujours tiré à quatre épingles.
Il aime lire et relire à en chialer.
Et il chiale ma foi !
Comme tout le monde n’est-ce pas ?
Il est toujours de la partie shopping,
Toujours loin loin du gymnase puant.
Il aime manger bio,
Manger net.
Il cuisine à se pâmer.
Jardiner pourquoi pas ?
Il a un avis arrêté en matière
D’esthétique,
Il se fout des insultes
Et mécaniques qui roulent.
Il rit.
« Pas de couilles »
Mais si je vous assure et en bonne forme
Même,
«Faux mec »
Et encore bien plus qu’elle,
L’incontournable
« P’tit pédé »
Tapette, tarlouse et Cie.
Meuh oui Meuh oui !
Si d’aventure,
Lui venait le désir de son pareil,
Eh bien donc ?
Mais cela n’a jamais été à l’ordre du jour.
N’empêche que ça énerve
Les jours de colère.
Il n’a jamais douté
Désirer les femmes,
Il les admire et les chevauchent
Sans pitié.
Il aime à sentir son pouvoir
Et à sentir tenir
La fille sous ses entrailles
Elles finissent souvent par lui dire
Au milieu du schmilblick :
Putain tu fais ça comme un dieu !
Franchement ?
J’aurais pas cru.
Ca c’est après,
Sur l’oreiller.
Et la famille ?
Une maman seule qui chouchoute son fils unique chéri d’amour
En l’initiant aux films d’auteurs ?
Muuuuuuuuuuut !
Deux parents,
Père bourré H24 à tabasser pour qu’il
Cesse ses coups bas
Pour sa tendre moitié.
Et Maman qui lui dit le matin en partant :
Ne te bats pas avec les autres !
Parce qu’elle croit elle aussi
Des choses à côté
De la plaque.
Dans ta tête Maman !
In-
Ven-
Té.

Ce sont mes préférés,
Les plus beaux,
Les plus drôles,
Les plus tolérants.
Les Rien à branler
Du code des genres
Qui rassure tout ce petit monde
Effrayé de la fin du
Sexisme.
Femmes les premières.
Oui oui Môsieur !
Ce sont les plu jolis,
Les plus doux,
Les plus forts,
Les plus loyaux.
Les plus forts surtout.
Ceux qui donnent la force
À ceux qu’ils aiment
Parce que peu importe
C’est comme ci comme ça,
Ils te disent au final :
Fais comme tu es.
Ce sera toujours le plus juste.


mardi 16 mai 2017

Fondus d'amour sans foudre

Le coup de foudre ?
Sûrement pas.
Les feux de l'amour ?
Non plus.
L'éblouissement ?
Pas davantage.
La révélation ?
Toujours pas.


Pourquoi toujours
attendre une
fulgurance ?
Pourquoi l'intensité
immédiate
et brûlante
ferait-elle
valeur ?
Pourquoi le premier coup d'oeil ?
Pourquoi au premier regard ?
Pourquoi le premier instant ?
Pourquoi évidemment ?

Nous ne sommes pas
ni l'un ni l'autre
des Zeus
foudroyants.

Nous ne sommes pas
ni l'un ni l'autre
des amoureux
d'amour.

Nous ne sommes pas
ni l'un ni l'autre
des sprinters
à l'affût.

Nous ne sommes pas
ni l'un ni l'autre
éperdus
d'émotions.

Nous avons vu venir,
doucement,
tendrement,
l'amour calme
et fidèle.
Les corps qui se fondent
et tracent la route
aux âmes.
Nos mains s'emmêlent
et nos cervelles
s'intriquent.
Nous ne sommes pas
perdus
ni l'un ni l'autre
en un seul être,
brouillon,
mi-un mi-deux.
Nous entre-
croisons
peu à peu
jour à jour
lentement
et sûrement
les fibres de nos êtres,
d'abord les plus grossières
et après des années,
jusques aux
capillaires.
Nos cellules sentiront
le parfum de l'autre,
nos atomes accueilleront
la couleur de l'aimé.
Nous serons donc teintés
des nuances infinies
de l'être que nous aimons.
Nous serons riches
de deux millions de nuances.
Deux millions
et puis quatre
et puis huit.
Toujours de deux en deux.

Nous ne sommes pas
ni l'un ni l'autre
des sprinters.
Nous sommes bien
par contre,
l'un et l'autre
de grands
coureurs de fond.