jeudi 13 mars 2014

Taiseux méthodiques (49)

La gosse est bien passée ce matin. Comme d’habitude. On voit qu’elle reprend pied tranquillement. Enfin tranquillement, c’est beaucoup dire parce que c’est une nerveuse. Ce que je crois en tous les cas, c’est que c’est un bon petit soldat, elle se laisse pas faire. On peut pas lui marcher sur les pieds comme ça. J’arrête pas avec les pieds ce matin moi ! mais c’est ça aussi. Je sais que je suis pas comme tout le commun des hommes. Alors, la gosse, je l’ai aperçue trottiner au coin et s’avancer vers moi ce matin et j’ai tout de suite regardé ses pieds. Parce que les pieds ça parle, ça dit où on en est, si on pourrait tomber, si veut continuer. Fièrement ou pas. Durement ou pas. Hier et avant-hier, elle les avait clopin clopan, un dehors un dedans, en alternance. Un vrai bordel. Et puis ce matin, elle était plus à plat, encore sur le bout d’orteils ou en talon mais elle touchait quelque chose au moins. Et la tête en l’air pas fourrée dans le cou les yeux en terre. Elle m’a même regardé, elle a bien fixé sur ma direction, elle a un petit quelque chose, je saurais pas dire quoi. C’était pas franc, pas clair, pas souriant, presque invisible. Les autres, je leur ai donc rien dit parce qu’ils me prendraient pour un fou. Eux, il leur faut un sourire, un mot trompette et peut-être une révérence même. Moi, ça me déplaît plutôt tous ces froufrous. Et j’en suis sûre, il s’est passé un truc.
Elle m’a rassuré la gosse, elle m’a dit en silence qu’il fallait plus me turlupiner, qu’elle avait retrouvé l’esprit. Elle a des yeux de fauve cette gosse. Elle était pas dragonne aujourd’hui. Elle était fauve paisible. Encore une fois, paisible autant que l’est un fauve qui crève la dalle ou qui digère par 40 degrés Celsius. Tout est une question de rapport. Hier aujourd’hui, et on change d’atmosphère.
Elle était tout en bleu. Elle est toujours en une couleur. Avec l’orange de la tignasse, le bleu ça tape. Les gens ils se retournent sur elle dans la rue. Pas qu’elle soit si agréable à regarder, je veux dire elle est magnifique cette gosse mais elle électrise et donc on a pas envie de la regarder longtemps. Mais ils se retournent parce qu’elle est pas comme tout le monde, elle allume un petit plomb dans la tête. Comme les génies. Comme les fous. Comme les brûlés. Comme les sublimes. Je saurais pas dire ce qu’elle est ou est pas de tout ça. Sûrement un truc ou autre chose que j’ai pas encore trouvé. J’en ai une liste des gens qui allument. J’ai déjà dit les génies
les fous
les brûlés
les sublimes
et puis
les clowns
les lissés à quatre épingles
les fiers
les paons
les brillants
les anges
les diables.
Et finalement, ça en fait bien beaucoup sur lesquels on se retourne. Enfin, c’est peut-être moi seul qui me retourne sur tout ce monde-là. C’est ce qu’ils me disent les gars parce qu’ils disent que je me tricote le cerveau à toujours observer. Et qu’ils se demandent si c’est pas un moyen de flâner un peu ? Meuh non Gégé ! ils me taquinent, je sais bien mais je crois que c’est leur manière de me dire qu’ils y comprennent rien à mes occupations. Alors du coup, je me demande si j’ai pas un peu inventé toute cette liste de gens qu’on regarde et qu’on se retourne. C’est peut-être je et c’est tout. J’en sais rien. Je fais attention pourtant à bien vérifier que les gens ils ont suivi des yeux, qu’ils ont freiné le pas, qu’ils ont dévissé le buste et cou, même discrètement, qu’ils ont arrêté de lire leur journal ou qu’ils ont jeté un coup d’œil à leur voisin ou même dit un petit mot, fait un sourire ou lever les yeux. Y en a plein d’autres des choses à faire pour remarquer mais je vais pas tout énumérer, ça va être clairement chiant. Désolé du vulgaire mais y a pas autre chose à ajouter.  J’essaye comme j’ai lu dans les Sciences et bidule là, je sais plus trop quoi, mais ils expliquaient bien : méthode d’observation et objectivité. Au départ, j’ai rien pigé et j’ai pensé à encore des intellos qui se la jouent. Je me suis vu des dizaines d’années en arrière quand les premiers de classe m’emmerdaient avec leurs histoires. Ils m’aimaient bien j’ai jamais compris. Je me sentais pas de leur monde et ils se sentaient du mien. Tout est pas toujours à double sens, c’est comme ça. Et donc cet article, je l’ai continué. Ils décrivaient, par le menu (comme les pincés des fesses pépient), (je pourrais peut-être faire de la poésie ! le gars sur son chantier qui déclame comme un Victor Hugo, ça me fait rigoler ! c’est pas que je serais incapable, c’est que c’est décalé, je suis pas de ceux-là moi.) Ma méthode à moi ! la Mienne Ma mienne comme disent les gamins. Je me suis mis à me bidonner à me prendre pour un Einstein qui s’ignore. Je pourrais en être de l’intello ! pfff ! Faut savoir rester à sa place. Même les animaux ils savent observer. C’est seulement que l’homme il croit avoir découvert la Lune quand il fait des grandes phrases dans un magasine pour décortiquer ce que ses neurones expédient en deux temps trois mouvements.
La gosse elle a senti que j’étais de ceux qui n’ont pas besoin de révérence. Elle a fait juste ce qui me va. Elle pourrait lire dans les pensées ? Meuh non Gégé ! tu déconnes ! Je sais mais j’aurais presque envie. Je m’ennuierais moins et elle pourrait m’apprendre. Enfin il faudrait déjà qu’elle cause.
Parce que y a ça aussi. Elle est taiseuse. C’est les meilleurs.

mercredi 12 mars 2014

Canyon et dictature (48)

Elle règne
en plaisir
sur son trône et bureau
pas plus loin que
le pas de porte.
La sienne,
sa porte
son univers
sa bulle.
Elle est aventurière
aujourd’hui
puisqu’elle
l’a
laisse
Ouverte,
oooooh
la folle !
elle n’est pas si
ConfiantE
mais
elle est
en verve
en vie
après le grand canyon.
Pas si
Kilo
métré
Mais
si
profond.
C’est le changement
de
1) pression
2) température (il fait froid au fin creux du canyon, Jules Verne est un menteur)
3) lumière
4) hémisphère
qui chamboulonne.
On s’habitue à tout !
Ah bon ?
Alors pourquoi les montagnes russes et
Space Mountain ?
Non et renon,
On ne s’y habitue pas.
Du coup,
Elle,
Elle boycotte les attractions
spatiales
Et ferroviaires.
Il ne faudrait pas la prendre pour une truffe
Quand même.
Un jour,
La vie lui dit,
Plonge et souffre ;
le lendemain,
Allez on va s’éclater
on va piquer en flèche !
Elle se contentera de son
Riche et gracieux
Fauteuil
de bureau
à roulettes
à sensations.
Elle en a des vertiges de
ses
Tourbillons
parfois.
La porte fermée,
Bien
Entendu.
En arrivant à ce poste,
Elle a demandé
Expressé
ment,
d’avoir des rideaux à
Toutes
Les
Fenêtres.
On ne s’en est pas
Formalisé, pas grand-chose
à coté des
drôles
demots
et signes
qu’elle faisait
A l’époque.
Elle les a entendus
le dire.
Elle l’a toujours dit
Pas toujours non c’est faux elle le dit seulement depuis quelque temps parce que c’est la maturité c’est l’âge qui assagit et qui développe l’âme et ses attributs parce que toutes ces situations se sont trop répétées pour ne pas réfléchir à un moment à ce tournicotis qui se mord la queue elle n’est pas une idiote et  trente ans gOOOOOOng ! il a fallu réagir et saisir et ne pas pleurer sur son sort de folle femelle et se prendre pour une folle féline tout en ne perdant pas de vue derrière la peau le phacochère grotesque en tutu qui persévère en danse classique aux airs de hyène quand la nuit tombe.
Un jour,
Elle s’est assise
sagement
en tailleur
Et elle a
Pensé.
Posé devant ses jambes écrits
en majuscules
toutesleschosesdesavie.
Et elle a fait le tri,
sans vraiment déchirer,
Mais replier délicatement
certains d’entre eux
dans la poubelle
prévue
Depuis des mois
Avant
D’y
Arriver
Sans
Hoqueter.
Elle s’est relevé
Au bout des heures
et heures
passées
à
même
le sol.
Aux côtés des rampants.
La grande leçon
et éternelle
fut la suivante :
Jouis de ce qui te torture.
Alors non non la folle femelle n’est pas en plus masochiste.
Elle s’est inspirée de l’Orient et de leurs phrases mystérieuses
Elle l’aime ça.
Depuis,
Elle rit
s’amuse
profite
entourloupe
s’assoit
en agitant
sa bizarrerie en troupe.
Elle obtient tout.
Faudrait pas oublier que t’es pas la reine du monde
Anna la Rouge !
Le grand canyon s’en charge tous les 28,
T’inquiète donc pas Môman.

mardi 11 mars 2014

Le Club des Clairvoyants (47)

Elle ne dégaitera pas
Du jour
Elle primesautera
D’heure en heure.
Les rituels et fréquents passages
toilettaires
Sourire un peu exagéré
à Patrick
en passant devant.
C’est tellement formidable
d’être rarrimée.
Les autres diront d’elle
que rictus enfin.
Pas sourire vraiment
qu’ils perçoivent
Ils ne montent pas la même échelle
Elle et eux.
Patrick navigue entre les deux,
on ne sait pas trop dans quelles
Eaux
il est poisson.
Franchement,
Directe,
Elle s’en fiche
Et contrecarre
Des terrains de
Prédilection
De Patrick.
Il fait ce qu’il veut.
Elle l’observe
Ca oui !
Il est intéressant.
Un des rares spécimens.
Faut dire qu’il est sans sucre.
Il garde l’orange
Fumante.
Il n’a pas l’air risqué.
A première vue.
Du moins,
à première vue
de taupe doucereuse.
Les autres,
sans doute,
diront qu’il est spécial,
Etrange
Un drôle de gars,
C’est leur manière de dire qu’ils n’y comprennent rien, qu’honnêtement c’est pas leur tasse de thé ce gars-là mais qu’ils ont open tolérants peace les amis. Bref, c’est leur manière de l’exclure de leur groupe de gros malins.
Elle ignore ce qu’en fabrique Patrick
dans son ciboul
Mais elle sait qu’elle le prend comme
La chance
d’être quelqu’un.
Quelqu’un de quoi ? On comprend rien quand elle parle celle-là !
Juste un quelqu’un
qui vaut quelque chose.
Elle ne dirait pas
Elle ne dira pas
Qu’untel c’est rien
Qu’autretel poubelle.
Elle ne sera pas de ceux-là.
Mais oui,
c’est vrai c’est ça,
Elle est suprexigeante
en âme.
Elle s’offusque
Les nerfs s’affolent
Quand on ose donc lui dire
Qu’elle est bien dure !
Mias qui est-ce qui sait lire le cœur des autres ici donc Madame ?
C’est elle Anna Banana ! alors respect OK ?
Non,
sérieusement,
la folle femelle, c’est pas eux ? ni ils ?
Bon,
Bien,
Elle sait donc donc de quoi elle parle.
Parce que le fou femelle
ou le fou mâle d’ailleurs,
ils ont une vue panoramique
sur le palpitant
du peuple.
Et ce n’est pas toujours beau,
Elle vous le dirait.
Ils tous vous le diront.
Mais,
Quoi qu’il en coûte,
Tellement pratique.
Pas temps ni
Morceaux de soi
perdus
Laissés
dans les
Crocs
même pas cruels
même pas sauvages
Juste bornés
des mal-choisis.
Elle a
La chance
Elle donc aussi.
Patrick Anna les lucky stars !
Elle a
La chance
Elle a sa tête.
Elle a peut-être pas tous les câbles en main,
Elle a les cérébraux au taquet.
Et elle en jouit
Encore et encore
Pour comprendre et comprendre.
Folle femelle
n’est pas
Idiote semelle.
Bienvenu au Club des Clairvoyants.

lundi 10 mars 2014

Au trot boulot (46)

Arrimage
Sans encombres
Au réel.
Elle est lancée
En fusée sur la terre.
Elle a passé le pas
Poursuit au trot
Au boulot.
Pas au boulot,
Ca ne se fait pas,
On l’aurait fait les gros yeux
Postillonants.
Elle l’aime pas ça
elle tourbillonne
pour bien filer
entre les doigts
priseurs
prisons
précis
filous.
elle s’est laissée
enfumer la tête
elle a passé des ans
poursuivie au cul
Jusqu’au dodo.
et au dodo, elle a dit non,
Elle a craché sa bile jaunasse
Révulsionnée.
Elle l’aime pas ça
elle tourbillonne
pour bien danser
au fond des mains
imprévisible
imprescriptible
imprécatrice
fantôme.

Qui pourra l’attraper ?
Attrape-moi si
Attrape mon cœur
Attrape !
Encore raté …
Trop triste…

Elle entre au trot
Au bureau
A salué les intéressés
De l’entrée.
De l’escalier.
Et du premier.
Elle a presque souri.
Ils en sont
Babas.
gros troufignons
en sucre.
elle se cache
dans sa barbe rousse
pour gémir
de rigole.
C’est pas sérieux pour le premier jour
De retour
Parmi eux.
Peux pas m’en empêcher ! sont tous trop rigolos ! allez encore une fois s’il te plaît !
Non et non ! tu te tiens bien !
Elle se tient bien,
Trottineuse
Evanescente.
S’arrête
Elégamment
Pour son ami Patrick.
oh ! son ami Patrick !
elle a dit son ami ?
son ami ? t’es sûr ?
non, non encore rêvé !
son ami Patrick, jésusmariejoseph !
Oh ce que c’est excitant ce retour à la vie !
Allons Allons Allons, au travail mes petites souris,
Cendrillon est de retour.
Cousons cousons
de fil blanc
Le personnage
De la jolie Rouquine
Mystère
Dégomme
La fée Clochette !
Clochette en rousse,
les jolies toutes mignonnes
des blondes
adorables.
Et pourquoi pas orange ?
Oranges du diable
Oranges sanguines
Oranges acides.
Non mais !
Elle l’aime sa rousseur folle.
Elle le salue
Patrikounet
Et vlan !
Sourire !
Estomaqués les troufignons en sucre.
pas de cape pour
bidonner tranquille.
Elle contrôle ses commissures
fébriles.
Mais arrête donc ton cinéma ! tu peux pas faire giguer les gens comme ça ma fille !
Bien… si je peux, je le fais.
Elle l’aime son vent
chaud froid
qui souffle
N’importe comment.
Patrick a tout compris
n’en fait pas trop mais
s’accomplice
discrètement.
Elle l’aime déjà
la belle journée.

dimanche 9 mars 2014

Les Papouma à la loupe


Papalèlà
Papalèlà
T'inquiète don pas ma grande !
Elle a pas même posé la question,
L'a rien demandé,
Papaoutai
Rien du tout
Les larmes elles sont sorties
Mais les aurait retenues si
L'avait su.
Pas eu le temps de dire ouf
De désirer
D'attendre
Et d'espérer
Le remède
De pleurer chaudement.
Papalèlà
Allez
Chuuuuuut,
Papalèlà...
Mamanvolé ?

Toi c'est quoi donc ton cas ?
Mamanvolé Papalèlà Mamansèrfor Papaoutai ?
Hein ? Quoi tu dis ?
Mais t es le frère d'elle !
Et donc elle dit
Papalèlà Mamanvolé
Et toi,
Tranquillement,
Beuh non ! Mamansèrfor Papaoutai.
Miiiiiiinp
Le buzzer manifeste,
Mauvaise réponse,
Vous vous mettez d'accord les deux-là.
Z êtes des vrais frère et sœur ?
Du sang du même ?
Bon, eh bien, accordez vos violons
Parce qu'ils peuvent pas être agents doubles
Les Papouma.
A elle de se mettre en colère,
Lui il est interloqué.
Ils s'aiment si forts les deux-là
Et souvent sont pas d'accord
Et alors ?
Tu veux ma photo
Fonctionnaire de mon cul ?
Pas toi lui ! Pardon frérot !
Faut bien trouver une entrée pour
L'insulter.
Donc, mon bon Môsieur,
Sachez à l'avenir que les Papouma
Sont
Des
Êtres
Complexes,
Pas comme vous, c'est certain.
Paix à son âme Seigneur...
Les Papouma se mettent pas dans vos
Cagibis à carreaux.
Pour moi c'est 1 et 2
Pour lui c'est 3 et 4.
Compris clochard ?
Oui mais c'est pôposib !
Il fallait pas convoquer les deux-là alors
Donc.
Blairtoc !

Pour elle,
Maman cherchée partout
Derrière
Là-haut
Tout loin.
Dure à cuire la cacheuse.
Mais Maman veut pas d'elle ?

Pour lui,
Papaoutaiiiiiii ?
De fond aux combles,
Du rire aux larmes,
Un trou à gauche
Invisible le héros.
Mais Papa veut pas d'lui ?

Mais Papa serre fort !
Mais Mamanlèlà !
Ah bon !
Ah bon !
Sûr et juré craché qu'on parle des mêmes ?
Exagère pas quand même
Gamine !

Conversations maintes et maintes
Fois.
Jeu devenu
Jeu baptisé :
"cache-cache des Papouma".
Pas commercialisé,
C'est pour les H&H.
Le jeu qui fait devenir
Grand
Parce qu'on pardonne
Toute la grande vérité
Tour de Babel
Patatras.
Et on parle pas la même langue,
Même même famille,
Mais on trouve la fréquence
Partage des ondes.

Et un jour,
Peut-être les deux-là
Dormiront sur leurs deux oreilles.







samedi 8 mars 2014

Croisement mystère (45)

Titubation encore
Mais l'équilibre est recouvré
Elle sait où elle met les pieds
Pas de quoi demain sera fait
Mais oui pour le prochain mètre.
L'escalier est la passe difficile
Ardue
Un peu la nausée
En tourbillon
Mais elle a appris à regarder droit devant
Nuque forte.
La tête qui tombe sur les godassent
Et c'est foutu les gars,
Elle ramollit de tous les pores
Et jambes de coton
Cœur de flamby
Elle glisse le long des marches.
Elle a appris à gérer les virages.
Bien sûr que l'ascenseur
Mon Dieu ce serait simple
Mais ça invite à s'envoler
Il ne faut pas.
Personne n'y pense plus
Mais ça lévite l'ascenseur.
Elle colimaçonne
Tranquillement
Pas trop régulièrement
Pour ne pas s'assoupir
Au rythme.

Maintenant qu'elle est en bas,
Rue et rerue
Elle y repense
Pour encore mieux la prochaine fois
Pas si mal aujourd'hui.
Elle commence fièrottement
Sa journée.
Elle traverse le carrefour
Résistance
Et peut sourire
Au casque vert.
Ça doit être le chef de chantier
Ou alors c'est un rigolo.
En tout cas,
Veilleur.
Un de ces bonhommes
Qui tour de guet
Matin au soir
Tournicotons
Tournicotis
Pour embrasser tout le monde.
Elle va pouvoir lever la tête
Et regarder ses yeux
Sans badaboum sur l'épaule
Gnon de pommette
Foldingue.
Après,
Savoir qui est le vrai coupable,
Cou,
Joue,
Chou,
Genou,
Elle ne s'y risque plus.
Elle a envie d'affirmer
"Pas genou"
L'a rien vu
L'a rien fait
L'était même pas sur les lieux.
Elle arrive à sa hauteur
Elle lui fait signe
Personne n'y voit rien
Sauf eux deux.
Le bonhomme
Il s'y connaît en
Infini
Alors le genre
Mini ou gigantesque,
Ça lui parlotte
A la caboche.
Elle ne sait pas,
Elle,
Que c'est imperceptible
Qu'elle est
Minimaliste
Énormément.
Mais on et eux lui ont dit
Et répété
Parce qu'ils ne pigeaient rien,
C'est comme ça qu'ils
Vocifèrent
Leur frustration.
Elle sait que la plupart
Sont de l'espèce-là,
Besoin de tonnes
De cachalots
Pour être fixés.
Le bonhomme vert
Se repaît de peu,
Elle n'a rien à forcer.
Elle lui fait son signe préféré
Il hoche la tête
Et un collègue orange balance :
"Tu rêves Gégé ou quoi ?!"
N'ont rien compris,
Rien saisi,
C'est leur secret,
A l'heure de pointe
En plein Paris.
Elle se dit chaque semaine
Qu'elle l'a déjà croisé
Dans la vie
Le bonhomme vert.
Elle ne peut pas se souvenir
Mais trop commun
Connu
Connivence
Comité des psychotiques
Étiquetés.
Elle ne s'en plaint pas,
C'est une cachette en or
Une paix royale
Et on se retrouve entre sois.
N'empêche qu'elle ne peut pas
Retracer leur croisement
A eux deux.
A l'hôpital,
Plus d'une fois,
Elle remémore les bobines
Jamais vu le bonhomme
Ni la 1
Ni la 2
Ni la 3
Ni la 4
Ni la 5
Ni la 6
Ni la 7
Ni la 8
Jusqu'à 10
Et 2 et 8 font 10.
Maison de santé ?
Non plus.
Autre vie existence parallèle ?
C'est pour ceux qui croient que les fous sont vraiment fous ça !
Ils y croient les blaireaux.
Ça fait infailliblement fuir
Les lourdeaux
Qui plus jamais ne l'approchent.
La peur du fou
Houhou
Houhou...
Youyou !
C'est une blague.
Mais ils n'en démordent pas.
Maison de santé,
Non.
Université ?
Sûrement pas
Elle n'a jamais regardé personne.
Elle a usé ses semelles
A force de les zieuter
5 ânonnes de suite.
Une paire
Bimensuellement.
Métro ?
Non
Boulot ?
Non
Dodo ?
Pourquoi pas ?
Sans doute que c'est ça la réponse.
Mais ça lui laisse un goût d'inachevé
Parce que la preuve ?
Enfin,
Ce qui est sûr et certain juré craché sœurs sanguinaires,
C'est qu'il est membre,
Club occultiste.
Comment en savoir plus ?
Soi même lui en parler ?
Voir ce que Loi et jurisprudence
En avisent.
Ce soir,
A tête reposée.
Sourires
Rien de volés
Entre deux fracassés
Repus.

jeudi 6 mars 2014

Pas de porte (44)

Tout est fin prêt reprêt,
Les carottes sont cuites,
Elle est sur le pied de guerre.
Voilà donc bien le terme de son marathon matinal :
4 minutes et 28 secondes
sur un pied
puis sur l’autre,
toujours en symétrie
mais jamais ensemble.
C’est l’exercice de l’équilibre final
On plombe chacun des
Panards
Dans le sol.
Sans marteau et sans coups,
Mais fermement très fermement.
Ils ne doivent plus céder à la tentation
De la lévitation.
Ce dernier pas avant la sortie dans le monde,
Pas de bal ni d’éclat,
Juste maison-boulot
Etvpas une mince affaire.
Ce dernier pas avant l’humanité,
Elle le prend bien à cœur,
Elle respire,
Elle essaye de sentir comment les poumons s’ouvrent,
Elle ne l’avouera pas
Mais elle n’a
Jamais ô jamais jamais senti
Comment disent-ils déjà ?
L’air rentrer dans la cage thoracique
Et les poumons de s’épanouir.
Elle en a conclu que ses poumons
Sont des vieux rabougris
Dépressifs au fond de leur cage.
Elle a beau ne rien fumer
Pas même le cigare
Hérditaire,
Elle les tient ces deux penauds.
Ils se cachent
Et se ratatinent.
Bref, ceci n’est pas un exposé sur les poumons
Made in China
D’Anna.
On dit redit radote
Qu’il faut respire
Respire ma Grande,
Voilà comme ça !
On est satisfait mais elle n’a rien senti.
Mais si on sent en face dans les yeux,
Ca suffit
Apparemment.
Messieurs les Docteurs
se gorgent du plaisir d’avoir
débloquée la Petite !
On s’y perd dans ces appellations
Mesurées.
Si bien qu’on devrait plutôt regarder l’incohérence des plus
Savants
religieusement ouïs
avant de rire des enfants.
Donc, elle ne s’est pas défaite de l’injonction respiratoire
Inutile.
Tout réside dans le sentiment de bien faire,
De se faire du bien,
De rentrer dans les clous,
D’adhérer à la communauté humaine.
Elle s’y applique,
Physiquement,
Engagée.
C’est une sacrée battante !
personne ne la voit en cet instant
flamand rose
souvent fâné le rose.
C’est une drôle de scène
Tout est dans la représentation
Et elle force son esprit à bien représenter
Comme les autres
Comme il faut
A la force de poumons
Amorphes.
Elle sait que ça inscrit quelque chose
L’exercice de l’équilibre,
Elle est mrquée
Légitime
Droit d’entrée,
Comme le tampon en boîte de nuit.
Ce tampon-là dure plusieurs semaines
Heureusement,
Même s’il faut réinjecter du venin de temps en temps.
Tu es un homme…
Sois un homme…
Tu es leur pair.
Merde et remerde !
Tu es une femme…
Sois ta femme…
Tu es leur pair.
Shit bullshit !
Tu es une femme…
Sois femme…
Ce que c’est idiot ça Anna !
Tu n’as pas une autre formulation.
Sors les chichons et l’harmonica
John Lennon est de retour.
Bon, t’es comme tout le monde
Et oust au boulot !
C’est mieux comme ça.
Elle passe précautionneusement son manteau,
Elle est lisse comme un coquelicot
Tout est parfait
Elle peut être des leurs.
Un nouveau cycle recommence
Elle a bien traaillé,
Elle a gagné
Encore une fois.
Elle tourne la clef dans la serrure,
Contourne la porte et sort.
Elle referme et vérifie
Fermé OK !
Elle ne prend pas l’ascenseur
Et descend par les escaliers.
Elle s’arrête devant la porte sur la rue.
Elle appréhende le monde d’un
Vaste coup d’œil.
Elle s’engage
Pousse la porte battante
Et retombe sur ses pattes.