Croire que là dehors,
Le monde est hostile,
Prêt à en découdre.
Ou croire que là bientôt,
derrière la porte,
La chaleur t'enveloppera.
Croire que la jungle,
Ses prédateurs
Te mangeront cru
Au premier regard.
Ou croire que ce beau jardin
T'accueillera
Comme quelqu'un
Qui a le droit.
Croire que tu seras
Chassé, méprisé, écrasé,
A peine sorti de l'œuf
Et du lit.
Ou croire que tu seras
Attendu, respecté, aimé
Comme presque tous les jours
Que Dieu fait.
Croire que tu seras
mis à mort
Pour une broutille,
Prétexte,
Ébouillanté de douleur.
Ou croire que tu seras
Le plus vivant
Et que tu te battras
Pour toujours mieux.
Croire que presque tout
est impossible
Et que,
Quoi que tu fasses...
Ou croire que tu choisis
Parmi une infinité
D'horizons
Interrogateurs.
Je crois, je ne sais pas
Tu crois, tu ne sais pas
Il croit, il ne sait pas
Nous croyons, nous ne savons pas
Vous croyez, vous ne savez pas
Elles croient, elles ne savent pas.
La jungle des croire.
mercredi 22 mars 2017
lundi 20 mars 2017
La mise à mort (2)
Le Nouveau
Monde
interdit
les
faiblesses passées.
Le Nouveau
Monde
interdit
les hontes
d'enfant.
Le Nouveau
Monde,
est sans
pitié.
Tu lèveras
la tête.
Tu
regarderas droit dans les yeux.
Tu
soutiendras les regards.
Tu n'auras
peur d'aucun.
Tu n'auras
plus peur.
Tu auras
droit.
Tu prendras
droit.
Tu défieras
si
nécessaire.
Tu te
révolteras
si
nécessaire.
Tu
brandiras les armes
haut
par-dessus ta tête.
Tu sera
fière.
Tu souriras
aux provocations.
Tu resteras
narquoise
et tu te
vengeras.
De la plus
petite blessure.
Tu vengeras
ceux que tu aimes.
Tu haïras
les lâches.
Tu seras
courageuse
jusqu'à
mourir.
Tu ne
cèderas
sous aucun
prétexte.
Tu gagneras
tous les
bras de fer.
Tu ne te
vanteras pas.
Tu seras
fière de toi,
en silence.
Tu te
tairas,
le plus
possible.
Tu
laisseras les autres
parler pour
ne rien dire.
Tu riras de
leur temps
perdu.
Tu riras de
leur malaise
face à ton
silence
sans pitié,
ni pour eux
ni pour
toi.
Tu te
regarderas toi aussi
aussi droit
dans la glace
qu'eux dans
les yeux.
Tu ne te
détourneras pas.
Tu penseras
mieux que
tous
mais !
tu
n'hésiteras pas.
Tu tueras
s'il le
faut.
Dans le
Nouveau Monde,
la vie est
la jungle
sans
apparât
ni
faux-semblant.
Dans le
Nouveau Monde,
on sait que
la vie est survie.
dimanche 19 mars 2017
La mise à mort (1)
Un jour,
un éclair,
et le
tonnerre qui
l'accompagne.
Le fracas
qu'on
espérait
jamais
venu.
Un immense
fracas
intestin
silencieux
mais
l'horizon s'est ouvert
d'un coup.
Finalement,
on ne
l'avait jamais vu
l'horizon.
Alors,
obligé de
sourire.
Le bout du
monde...
Un autre
bout,
Un autre
monde.
Enfin,
Les vannes
sont libérées,
le verrou
sauté.
Un
sentiment de jamais vu,
jamais venu
jamais
sauvée.
Le
sentiment de prise.
Je la
tiens,
je la
retiens,
je la
barre,
dès
aujourd'hui,
je la vire,
ma vie.
L'infirmité
ne s'est pas envolée.
La
boiterie,
la douleur
sont
tenaces
et voraces.
Réalisme
dans
l'espoir
brutal,
pour
l'instant.
Mais
vous allez
voir ce que vous allez voir !
Dans la
voiture,
regardant
passer
l'habituel,
un orage
s'est réveillé,
sourd,
il sera
aveugle,
il sera
fou,
sans pitié,
mais il
sera vivant
et solide.
Bienvenue
dans le Nouveau Monde.
dimanche 12 mars 2017
Moi moi moi je te hais
Il
y a ces gens
vous
savez bien ces gens-là
qui
jamais.
Vous
croyez que ça n'existe pas.
Mais
si,
jamais
ils ne.
Jamais
rien ne.
Toujours
vous vous.
En
silence.
Bien
sûr.
Parce
que tout cela ne sert à rien.
Parce
que vous ne voulez pas faire de scandale.
Mais
vous avez envie de.
Oui
de,
et
fort.
Vous
vous en gardez.
Ce
serait mal vu.
Et
toujours,
ça
ne servirait à rien.
Vous
enragez.
Vous
avez vraiment envie de.
Et
ça s'arrête même avant de dépasser les lèvres.
Même
vous n'en dites rien,
parce
que ça non plus,
ça
ne sert à rien.
Vous
avez dit et redit.
Vous
avez crié.
Vous
avez maudit.
Vous
avez haï.
Et
ça n'a servi à rien.
Rien
n'a changé.
Les
mêmes erreurs,
le
même rouage face à vous
toujours
quoi
que la vie prépare,
quoi
que la vie répare,
quoi
que.
Le
même rouage
qui
ne cessera qu'avec la mort.
Que
peut-être on espère pour
qu'enfin
la
colère s'arrête aussi.
Cette
colère
que
vous ne maîtrisez
décidemment
pas,
qui
reprend toute la place
qui
vous dit que
Putain,
c'est pas possible !
Mais
qui n'accepte pas
que
si,
tout
cela demeure,
et
demeurera.
Certaines
choses restent
inchangés.
Certaines
personnes
jamais
ne
changeront.
Egoïstes,
moi
moi moi
jusqu'au
bout de la vie.
samedi 11 mars 2017
J'écris
J'écris
des heures.
J'écris
Je me remplis.
J'écris
je suis vivante.
J'écris
je suis quelqu'un.
J'écris
sans avoir.
J'écris
je comprends.
J'écris
j'apprends.
J'écris
toujours une autre.
J'écris
encore plus loin.
J'écris
je plonge.
J'écris
je n'ai plus peur.
J'écris
et j'ai le droit.
J'écris
mes pieds se posent.
J'écris
mon souffle s'apaise.
J'écris
et j'ai confiance.
J'écris
voilà ma chance
J'écris,
j'avance.
dimanche 5 mars 2017
Sur la cîme, sans un pli
L'arête,
tout en
haut,
sans un
pli ;
la cîme,
pointue
aiguë.
Elle est
là,
sous nos
pieds.
Elle est
sans politesse,
sans pitié.
On est au
cirque,
sur un fil,
pas tant
que ça quand même !
Mais pas
loin.
Bouger sera
choisir.
Pas de
demi-tour,
pas
d'arabesques,
aucune
danse
d'aucune
sorte,
pas de
Mmmmmh attendez,
avec force
gigotage.
Tout ça
est terminé.
Sur ce
sommet,
on ne
tourne pas en rond
ni en aucun
autre sens.
On ne
tourne plus.
On ne
voltige plus.
On ne
s'amuse plus.
On ne gâche
plus.
On ne
tergiverse plus.
On ne
procrastine plus.
On est face
à soi-même.
Et on
n'échappe pas.
On peut
redescendre à reculons.
Avec tous
les prouesses techniques
imposées
par cette
figure,
à travers
les pierres imprévisibles,
à
l'aveugle.
On peut.
On peut
toujours,
même le
plus improbable.
L'humain
est doué de ressources
insolites
et extraordinaires.
On peut
aussi descendre de l'autre côté.
En face.
Paraît
plus facile ?
De loin,
sans aucun
doute.
Paraît
plus logique ?
Bien sûr,
avec juste
la tête.
Trop
fastoche avec juste la tête.
Sur l'arête
tout
là-haut,
la tête
n'est que la moitié,
peut-être
même moins.
N'est-ce
pas à souhaiter d'ailleurs ?
On peut
descendre
mais,
on ne l'a
pas dit,
il fait un
immense
brouillard.
Vous savez
ce doux et
frais brouillard
qui monte
qui monte qui monte !
Ce
brouillard dans lequel
on aurait
envie
de
se lover.
Il est beau
mais
l'esthétique n'est pas de mise
à cette
altitude.
On joue sa
vie.
Bien sûr
qu'on joue sa vie !
Ne pas
exagérer ?
Certainement
pas !
On joue sa
vie,
son avenir
tout son
être.
Aujourd'hui,
je ne
reculerai pas.
Je suis,
sans
vraiment le comprendre,
arrivée
sur la cîme.
Surprise,
je suis
restée immobile.
J'ai
attendu de
mesurer
l'ampleur
de l'événement.
Puis,
j'ai souri,
fière.
Fière de
mon ascension
parfois
insupportable.
Et sans un
pli,
je
m'apprête à choisir.
Je bouge
mon premier pied
et
m'embarque sur cette
nouvelle
pente.
Je
glisserai sans aucun doute.
Mais le
brouillard me consolera.
Je pourrai
rire de mes
zouip le
pingouin.
Et je me
serai fidèle.
La
traîtresse à elle-même
s'éteindra
peu à peu,
avec la
peur et la rage.
mercredi 1 mars 2017
Patate impitoyable
Sans
pitié seulement quand elle était seule et invisible. Bien vivante,
plus vivante que jamais mais indéchiffrable. Elle n'osait pas penser
quand elle était en présence de tous les autres. N 'importe
lesquels. Elle n'osait pas penser ce qu'elle avait envie de penser.
Ca, elle ne se rendait pas compte, mais c'était ça qui la tuait à
petits feux et qui lui faisait croire qu'elle exploserait un jour en
milliers de morceaux de verre tranchants pour se reformer ou plutôt
se former enfin vraiment. Être une vraie, pas une hybride sans.
Dans
sa tête, elle retenait ses pensées.
Dans
sa tête, elle était un horrible maton.
Dans
sa tête, c'était elle la sadique.
Dans
sa tête, elle ne supportait aucun
pas
le moindre
petit
écart.
Dans
sa tête, Patate était un tyran.
Elle
croyait qu'on l'entendrait penser.
Elle
croyait que cela sauterait forcément aux yeux.
Que
même son odeur la trahirait.
Surtout
son odeur.
Elle
croyait dur comme fer à tout cela.
Tellement
dur qu'elle ne savait pas qu'elle y croyait.
Mais
elle sentait qu'elle ne pourrait pas toujours vivre ainsi et qu'un
jour dans sa tête, les plombs sauteraient, qu'il y aurait le
court-circuit du siècle. Peut-être en l'an 2000. Peut-être avant,
1999 c'était bien aussi. Il y aura un miracle ou une tragédie ou
les deux à la fois. Elle le savait. Et elle avait en cela tout à
fait raison.
Arriva
ce jour, un 24 août. Bien sûr c'est un grand saut en avant que nous
faisons là. Bien sûr ce sont des années plus tard. Mais c'est
important, c'est essentiel parce que tout prend sens. Parce que
Patate prend sens. Parce que Carotte et Petite Poisse, Piment et
toutes les autres volent en éclats avec elle et elle, en plein vol,
inhumaine, à nouveau embryonnaire ou alors enfin née, tire à vue
sur tout ce qui bouge, et se retourne sur ces années. Patate
virevolte, salto multipliés, de toute façon, elle ne retombe pas
tout de suite, et elle bombarde le passé. Elle extermine tout ce qui
a eu lieu, elle troue la poitrine de tous ces êtres qu'elle déteste
alors ouvertement. Elle épargne Piment. Ce n'est pas la même chose.
Elle déchire les autres et elle se déchire elle-même en tout
premier lieu pour être sûre de ne plus rien craindre, de n'avoir
aucune représailles. Elle se ravage déjà donc plus besoin de rien
faire de ce côté-là. Mais les autres, Patate l'observera au cours
des mois suivants ce 24 août, ne se vengent pas. Les autres sont
bien moins puissants que ce qu'elle pensait. Elle s'est complètement
trompée. Ils restent bouche bée, terrifiés et désolés aussi et
la regardent sans bouger. Au début du moins.
Ce
jour-là, elle dit : « Plus jamais je ne serai ce que j'ai
été. Plus jamais vous, vous tous ne pourrez me mépriser et
m'enterrer comme vous l'avez fait jusqu'à présent. A partir
d'aujourd'hui, je vous imposerai le respect et vous demeurerez loin
de moi pour ne pas vous blesser. Non pas pour ne pas vous salir,
comme avant. Mais parce que vous aurez peur. Enfin, à votre tour
vous aurez peur de moi et je cesserai de vous craindre jusque dans
mes rêves. A partir d'aujourd'hui, je suis Patate-ninja. Tous les
sacrifices, je les accepte, même celui de ma vie, pour exister enfin
correctement. Vous n'aurez plus jamais le droit. Plus jamais. »
Et
elle avait réussi son pari. Son pari, c'est ce qu'on dit de
l'extérieur. Sa survie, sa renaissance, c'est que Patate vous
dirait. Mais à quel prix ?
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