Le réveil sonne
Le plein vol explose
Et le cul par terre.
Le réel stridule.
Les yeux floutés.
Les oreilles bourdonnantes.
Le corps grinçant.
Mais le rêve garde sa moitié
Bien vivante.
Ne s’évapore
Pas
Pour cette fois.
Il concurrence
Le réveil du réel.
Il ne cède pas.
Il serre les dents
Et ne bouge pas d’un
Pouce.
Le réel
Se croyant intouchable
Vacille devant
Cet affront
Fait à sa toute-puissance.
Il doit regarder
Le rêve.
Il doit admettre
La face cachée.
Il chancèle.
Ses personnages
Se découvrent.
Les êtres
Coincés dans leurs
Codes,
Étouffeurs de
Pulsions
Professionnels,
Rires contraints,
Mains dans les poches,
Enlèvent le masque.
Les êtres
Froids,
Timides,
Lointains,
Ficelés,
Se dénudent
Et le vrai
Visage
S’offre enfin.
Le sourire franc,
Le regard droit,
Campés sur leurs deux solides
Jambes.
Sans faux savoir,
Sans fausse variante.
Les êtres
Enveloppés dans leur
Myriade
De couches oignonnes
Sont là en vrai.
Le réveil aura beau sonner
Encore et encore,
Une autre forme
A imprimé sa
Marque.
L’image désaveuglée,
La tendresse,
L’affection entière,
Les êtres sans peur
Du corps à corps,
Sans cir-
Convo-
Lution,
Sans
Retenue.
Drogués de vérité
Et
D’honnêteté.
Réel ne peut
Refermer cette porte-
Là.
Il est ému par Monsieur
Rêve
Et n’y résiste pas.
Grand bien lui fasse !
Le rêve est le plus pur
Antisocial.
Chambre noire
Révélante.
Touché coulé
Assuré.
Cage thoracique
Brisée.
Le coeur
À vif,
Brûlé à la lumière
Du jour.
mercredi 9 mai 2018
Drago Jančar, Et l'amour aussi a besoin de repos, Editions Phébus

https://www.actualitte.com/article/livres/entre-violence-et-melancolie-contempler-la-guerre/88755
mardi 8 mai 2018
Au bord du fou
Elle tient les rênes.
La discussion
Virevolte,
Un peu trop rapide,
Un peu trop pentue,
Piste noire,
Bossue,
La tête
Bringuebale
Mais on maintient le cap.
On suit ses yeux,
On l'a poursuit dans sa course
Galopée.
Petit peloton
Empathique
Derrière la chef de file
Déboussolé.
Personne ne juge.
On se tait poliment,
Avec coeur aussi,
Sans doute.
Un peu sidéré
Sûrement.
L’humain est un skieur
Tout terrain,
Il peut
Toutes les couleurs
De toutes les pistes,
Tous les chants du monde,
Pour peu qu’on lui laisse
Le temps
De trouver
Rythme.
Skieur chanteur acrobatique multicolore.
Mais voilà
Qu’un blanc s’installe.
Comme chacun sait,
Le blanc n’est pas
Couleur
Ou toucouleur.
Entre tout et rien,
Pareil au même,
Là est la limite de notre
Espèce,
Perdue alors
Pour la raison.
Le blanc silence
S’installe.
Une ou deux petites secondes.
Presque rien.
Mais,
Ces quelques instants
Aériens
Figent
L’atmosphère.
Le plus expérimenté,
Le plus téméraire,
Le plus toqué,
Prend la main et rebondit sur la prochaine
Bosse,
Petit looping
Superflu a l’appui,
Un peu ridicule,
Mais que faire quand
L’autre
En face,
À toutes berzingues
débloque ?
L’écart se creuse entre elle et
Nous.
Imperceptiblement,
Nous nous écartons
Habilement,
Pas de côté
Plus discret que la
Franche reculade.
Rebond saisi
Par les acolytes
Et l’on sent monter
La douleur,
Celle qui se cachait
Tant bien que mal
Derrière la descente
Échevelée.
Pas la nôtre,
La sienne,
Elle finit sans les mains,
Et l’on voit déjà la
Culbute
L’accident
Carabiné.
Sa douleur
L’affole
Et nous assistons
Impuissants à
Ses dérapages
Et
Glissades
Sinistres.
Elle rit aux éclats,
De ce rire sombre
Qui crispe encore nos lèvres.
Ce rire fou,
Rire de survie
Qui remplit
Les blancs
De rouge et noir.
On se séparera,
Elle presque en bas,
Nous au beau milieu,
Après un bout de piste
Ensemble,
Prêts à déchausser,
La regardant voler
Sans queue ni tête,
Dans ce jour
Tout aussi blanc pour elle ;
Terre et ciel ne font plus qu’un.
Elle est
Éliminée
Déjà,
Depuis longtemps,
Mais elle ne le sait pas.
Elle y croit encore.
Ses yeux noirs
Injectés de sang
Sur les neiges et nuages
Immaculés.
Chacun retourne chez soi
Retourné,
Retomber sur ses pieds.
La discussion
Virevolte,
Un peu trop rapide,
Un peu trop pentue,
Piste noire,
Bossue,
La tête
Bringuebale
Mais on maintient le cap.
On suit ses yeux,
On l'a poursuit dans sa course
Galopée.
Petit peloton
Empathique
Derrière la chef de file
Déboussolé.
Personne ne juge.
On se tait poliment,
Avec coeur aussi,
Sans doute.
Un peu sidéré
Sûrement.
L’humain est un skieur
Tout terrain,
Il peut
Toutes les couleurs
De toutes les pistes,
Tous les chants du monde,
Pour peu qu’on lui laisse
Le temps
De trouver
Rythme.
Skieur chanteur acrobatique multicolore.
Mais voilà
Qu’un blanc s’installe.
Comme chacun sait,
Le blanc n’est pas
Couleur
Ou toucouleur.
Entre tout et rien,
Pareil au même,
Là est la limite de notre
Espèce,
Perdue alors
Pour la raison.
Le blanc silence
S’installe.
Une ou deux petites secondes.
Presque rien.
Mais,
Ces quelques instants
Aériens
Figent
L’atmosphère.
Le plus expérimenté,
Le plus téméraire,
Le plus toqué,
Prend la main et rebondit sur la prochaine
Bosse,
Petit looping
Superflu a l’appui,
Un peu ridicule,
Mais que faire quand
L’autre
En face,
À toutes berzingues
débloque ?
L’écart se creuse entre elle et
Nous.
Imperceptiblement,
Nous nous écartons
Habilement,
Pas de côté
Plus discret que la
Franche reculade.
Rebond saisi
Par les acolytes
Et l’on sent monter
La douleur,
Celle qui se cachait
Tant bien que mal
Derrière la descente
Échevelée.
Pas la nôtre,
La sienne,
Elle finit sans les mains,
Et l’on voit déjà la
Culbute
L’accident
Carabiné.
Sa douleur
L’affole
Et nous assistons
Impuissants à
Ses dérapages
Et
Glissades
Sinistres.
Elle rit aux éclats,
De ce rire sombre
Qui crispe encore nos lèvres.
Ce rire fou,
Rire de survie
Qui remplit
Les blancs
De rouge et noir.
On se séparera,
Elle presque en bas,
Nous au beau milieu,
Après un bout de piste
Ensemble,
Prêts à déchausser,
La regardant voler
Sans queue ni tête,
Dans ce jour
Tout aussi blanc pour elle ;
Terre et ciel ne font plus qu’un.
Elle est
Éliminée
Déjà,
Depuis longtemps,
Mais elle ne le sait pas.
Elle y croit encore.
Ses yeux noirs
Injectés de sang
Sur les neiges et nuages
Immaculés.
Chacun retourne chez soi
Retourné,
Retomber sur ses pieds.
lundi 7 mai 2018
Sûr et certain ? Et si...
Sûr et certain
D’être
Fort et malin,
Doux et câlin,
Drôle et taquin
Ou bien
Ou en même temps,
Ou/et,alors,
Voire et,
C’est tout,
Raide et radin,
Vil et vilain,
Lourd et larbin.
On est sûr et
Certain.
Je suis ceci cela
Depuis toujours
Et blablabla
Et ça ne changera pas,
Ceci avec
Fierté
Ou amertume,
Douleur parfois,
Angoisse toujours.
Habitué à
Sa laideur,
Sa froideur,
Sa lenteur
Vaut mieux que de
N’être plus
Sûr et
Certain.
L’honneur habite
Au bout de plusieurs
Décennies
Les défauts,
Et les failles,
Les plus handicapantes,
Les plus haïs des pairs.
Et l’on tient
Tout au chaud
Les belles
Tendresse,
Finesse,
Sagesse.
Un jour,
Échappent
Les mains,
La bouche,
La langue,
Le coeur,
L’esprit,
Les jambes cavalent
Toutes seules,
Les neurones s’activent
En boîte automatique,
Les lèvres forment les mots
Ou le silence
Qu’elles veulent.
Cela dure,
Peut-être,
Pas seulement un instant,
Mais des jours
Ou tout l’an.
Et l’on n’a pas le choix que de
Se laisser faire
Par soi-même,
Impuissant
Incertain absolu.
Impuissance d’être
De raison,
Môsieur
Et non d’instinct animal
Et sauvage !
Oh que non !
Impuissance d’être
Qui s’oublie
Animal.
Impuissance préfabriquée,
Irrespect du fin fond
Du Vif tripal.
Et la métamorphose
A fait jaillir
Un autre possible,
Le sûr et certain
Est penaud,
Débile,
Et se repent.
Il s’adjoint
Le Et si ?
De rigueur.
Et si ?
Et si ?
Le seul vraiment
sûr et certain.
D’être
Fort et malin,
Doux et câlin,
Drôle et taquin
Ou bien
Ou en même temps,
Ou/et,alors,
Voire et,
C’est tout,
Raide et radin,
Vil et vilain,
Lourd et larbin.
On est sûr et
Certain.
Je suis ceci cela
Depuis toujours
Et blablabla
Et ça ne changera pas,
Ceci avec
Fierté
Ou amertume,
Douleur parfois,
Angoisse toujours.
Habitué à
Sa laideur,
Sa froideur,
Sa lenteur
Vaut mieux que de
N’être plus
Sûr et
Certain.
L’honneur habite
Au bout de plusieurs
Décennies
Les défauts,
Et les failles,
Les plus handicapantes,
Les plus haïs des pairs.
Et l’on tient
Tout au chaud
Les belles
Tendresse,
Finesse,
Sagesse.
Un jour,
Échappent
Les mains,
La bouche,
La langue,
Le coeur,
L’esprit,
Les jambes cavalent
Toutes seules,
Les neurones s’activent
En boîte automatique,
Les lèvres forment les mots
Ou le silence
Qu’elles veulent.
Cela dure,
Peut-être,
Pas seulement un instant,
Mais des jours
Ou tout l’an.
Et l’on n’a pas le choix que de
Se laisser faire
Par soi-même,
Impuissant
Incertain absolu.
Impuissance d’être
De raison,
Môsieur
Et non d’instinct animal
Et sauvage !
Oh que non !
Impuissance d’être
Qui s’oublie
Animal.
Impuissance préfabriquée,
Irrespect du fin fond
Du Vif tripal.
Et la métamorphose
A fait jaillir
Un autre possible,
Le sûr et certain
Est penaud,
Débile,
Et se repent.
Il s’adjoint
Le Et si ?
De rigueur.
Et si ?
Et si ?
Le seul vraiment
sûr et certain.
samedi 5 mai 2018
Un monde d'ailes
Qui ne rêve pas
Ses ailes ?
Il y aurait un monde
Où
Il y aurait toutes les tailles.
Ni de frocs
Ni de fric
Ni de bite
A qui pisse le plus loin.
Bien sûr,
Le monde sans cela
Est le plus improbable des
Rêves.
Chacun veut la plus
Grosse,
La plus
Grande,
La plus
Grave.
Mais la plus
Libre ?
Légère ?
Folle ?
Si toutes les tailles
Et toutes les sortes
Etaient celles
De
Nos ailes.
Celles qui
Parleraient
Pour nous.
Celles pour
Lesquelles
On se battrait,
On attraperait
Le monde.
On lutterait pour
Elles.
Et l’on n’aurait pas les plus,
Aaaaah ooooooh wouhhhhhh !
On aurait celles qui nous
Décollent
Le mieux,
Qui nous
Libèrent
En vrai.
Des ailes,
Libre pour de vrai.
Mais les ailes
Pour de vrai,
Avec aussi
Les elfes
Et les licornes
Sont celles de
L’intérieur.
Et l’on ne pourra jamais que
Brandir
Sa queue
Et
Son pouvoir.
Les ailes restent invisibles
Sinon elles ne
Servent
De rien.
On les chérit
Entre ses bras.
Je rêve
Quand même
À tire d’ailes
D’un pays
Magique
Où
Voler
Voler
Voler.
Ses ailes ?
Il y aurait un monde
Où
Il y aurait toutes les tailles.
Ni de frocs
Ni de fric
Ni de bite
A qui pisse le plus loin.
Bien sûr,
Le monde sans cela
Est le plus improbable des
Rêves.
Chacun veut la plus
Grosse,
La plus
Grande,
La plus
Grave.
Mais la plus
Libre ?
Légère ?
Folle ?
Si toutes les tailles
Et toutes les sortes
Etaient celles
De
Nos ailes.
Celles qui
Parleraient
Pour nous.
Celles pour
Lesquelles
On se battrait,
On attraperait
Le monde.
On lutterait pour
Elles.
Et l’on n’aurait pas les plus,
Aaaaah ooooooh wouhhhhhh !
On aurait celles qui nous
Décollent
Le mieux,
Qui nous
Libèrent
En vrai.
Des ailes,
Libre pour de vrai.
Mais les ailes
Pour de vrai,
Avec aussi
Les elfes
Et les licornes
Sont celles de
L’intérieur.
Et l’on ne pourra jamais que
Brandir
Sa queue
Et
Son pouvoir.
Les ailes restent invisibles
Sinon elles ne
Servent
De rien.
On les chérit
Entre ses bras.
Je rêve
Quand même
À tire d’ailes
D’un pays
Magique
Où
Voler
Voler
Voler.
Pierre Linhart, Une mère modèle, Editions Anne Carrière


https://www.actualitte.com/article/livres/quand-la-famille-modele-est-une-vaste-imposture/88725
jeudi 3 mai 2018
Petit rien ouvre un monde
Un rien,
Hasardeux,
Inopiné ;
Une image
En passant,
Une pub nulle
Qui par là,
Une parole
Sans adresse,
Une histoire
Mieux que rien.
Des riens
De rien
Sauf si tu écoutes
Et tu sens :
Viens viens
Je suis ton bien.
Ne passe pas
Ton chemin,
Surtout !
Ouvre grand tous
Tes attrape-tiens,
Oeil
Feuille
Sein
Main.
Toutes tes pinces et
Pavillons.
Et tu verras,
Chaque jour,
Ces
Passerelles inattendues,
Étroites,
Goulets
De haute montagne,
Au-dessus du vide
Plein d’échos.
L’image,
Le mot,
Le conte
Viennent
S’attacher,
S’entremêler
À ton désir,
Ton rêve,
Plaisir,
Ta sève.
Mais n’oublie pas
D’ouvrir
Sans aguets
Mais sans filets,
À tous les vents,
Qu’il tempête
Ou doucette,
Oeil
Feuille
Sein
Main.
Tête pied
Feront
Le reste.
Les petits riens
Qui ouvrent des mondes.
Hasardeux,
Inopiné ;
Une image
En passant,
Une pub nulle
Qui par là,
Une parole
Sans adresse,
Une histoire
Mieux que rien.
Des riens
De rien
Sauf si tu écoutes
Et tu sens :
Viens viens
Je suis ton bien.
Ne passe pas
Ton chemin,
Surtout !
Ouvre grand tous
Tes attrape-tiens,
Oeil
Feuille
Sein
Main.
Toutes tes pinces et
Pavillons.
Et tu verras,
Chaque jour,
Ces
Passerelles inattendues,
Étroites,
Goulets
De haute montagne,
Au-dessus du vide
Plein d’échos.
L’image,
Le mot,
Le conte
Viennent
S’attacher,
S’entremêler
À ton désir,
Ton rêve,
Plaisir,
Ta sève.
Mais n’oublie pas
D’ouvrir
Sans aguets
Mais sans filets,
À tous les vents,
Qu’il tempête
Ou doucette,
Oeil
Feuille
Sein
Main.
Tête pied
Feront
Le reste.
Les petits riens
Qui ouvrent des mondes.
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