mardi 21 novembre 2017

Coule et ploie !? Tu seras plus qu'un vivant

Laisse !
Lâche !
Coule !
Fond !
Desserre cette putain de corde
sans fin !
Ouvre !
Libre !
Tremble !
Et plie !
Cède !
Cesse !
Largue !
Jette !
Et cramponnée c'est fini !
Plie,
cède
tremble,
renonce !
Et laisse couler
les larmes
du fond de
l'antre.
Tu seras faible ?
Oh que non !
Tu seras libre.

lundi 20 novembre 2017

A bas l'infâmante maladie bouffe-tout !

Par les armes jusqu'aux dents,
à la force de tous les poignets,
par l'attaque au couteau ou bazooka,
avec tous les coups sont permis,
la maladie ne cède pas.
Cette peste-là résiste
à toutes les parades
guerrières
traditionnelles.
Les puissances
fières de leur belligérance
repartent
sans surprise
systématique,
la queue entre les jambes
penaudes.
Les célèbres et infaillibles
coups
de l'école militaire,
les grands stratèges
devant l'éternel
sont renvoyés dans leurs
cordes et
doivent,
la rage baveuse,
jeter l'éponge.
Cette maladie-là ne leur
cède pas.
Elle est bien plus forte
qu'eux.
Elle se nourrit
d'eux,
aspire,
suce jusqu'à la moelle leurs
énergies,
même nucléaire.

Cette maladie-là est une plaie
qui ne se referme
pas.

Cette maladie-là,
pour la première fois a
fermé
sa grande gueule
de tyran
méduseur
quand tout doucement,
elle a entendu
juste à côté de moi,
sur le canapé :
« Tu vas te faire du mal,
encore... »
J'ai repris la main et la maladie
est sans doute là
devenue mienne.
Docile,
à elle de baisser les
yeux
et de se soumettre,
sans douleur,
avec reconnaissance.
La maladie,
elle aussi,
est à bout de
souffle.
Qu'on la capture
et lui coupe les
tentacules de la
toute-puissance.
Mais mais !
Renaîtra-t-elle ?
Je sais qu'elle peut ne pas.
Il a sans démonstration d'aucune
autorité
proféré les mots
magiques.
A moi d'apprendre à
battre sans la force
brute
et bête
de l'affrontement
impérialiste.

Juste quelques mots,
faciles et tendres.
Et soin de soi.
Encore encore.
Berce le bébé.

dimanche 19 novembre 2017

Plus Jamais a dit.

J'ai juré sur toutes mes
âmes
que plus jamais,
(souvent jamais me rythme,
et toujours moins...
Quelle étrangeté !...
c'est à penser peser,
il faudra penser à y penser,
note-le dans tes tablettes,
ma grande,
car c'est un nœud précieux)
je ne vivrai comme ça,
en escargot,
recroquevillée,
en attente de coups
qui,
la plupart du temps,
ne pleuvent pas,
mais ont trop plu.
Je me suis promis à moi-même,
pour ne plus survivre
comme une limace
écervelée
par tant de vigilance,
hyper et paniquée.
Je me suis promis,
il y a bientôt vingt ans.
J'ai peu rompu
ma promesse.
Pas aujourd'hui plus qu'avant.
Plus jamais !,
me hurle-t-on dans l'oreillette.
Les coulisses s'agitent.
Plus jamais !
Et ne va pas attendre
de ne plus pouvoir,
les mains tranchées,
la tête embuée,
les jambes glissantes,
irresponsable
et
presque folle.
Alors,
j'écoute le plus jamais
qui sait mieux que le
moilàmaintenant.
Ecoute-le et obéis,
pour une fois !
Tu cesseras de rêver
seulement
ta vie.

Les vestiges du jour, Kazuo Ishiguro

Le livre est lent et calme.
Il me ralentit.
Il ralentit la
viejamaisletemps.
Il roule en petites vagues
apaisées.
Apaisantes.
On s'assoit au bord de l'eau,
dans le sable
fondant.
Et l'on regarde,
Puis l'on cesse de regarder.
L'on n'a plus besoin des yeux.
Livre les yeux fermés.
Oui.
L'on ouvre les narines,
l'on sent plus fort,
désinhibé par le
laissé pour compte des
sens.
Et le sens propre se
livre,
touchant toutes les intestines.
Les organes
frémissent.
Le livre n'oblige pas.
Ne force pas.
Bien plus subtil,
bien plus britannique
que
cela.
Bien moins français
que
cela.
Il s'impose sans armes
létales.
Avec la fatale quiétude
de son écriture.
Pas de révolution.
Pas de bousculades.
De la vie
pour autant,
tamisée
mais indéniable.
La viejamaisletemps
devient
risible.

Et le père fut.

Ma petite sœur couchant avec un homme de 50 ans. Ma petite sœur de 19 ans, avec un vieux qui aurait pu être son père. Ma petite sœur menteuse, peut-être intéressée, vénale et salie. Ma petite sœur de pas même 20 ans mourrait à mes yeux. Celle que je croyais connaître n'était plus. Mais je croyais sans doute en quelqu'un qui n'avait jamais existé. Je le compris dès lors et Pitayak me le confirma par la suite. Tout mon univers s'écroulait. Moi qui aimais les vérités et les assurances, je tombais tout au fond du puits de l'incertain. Je pataugeais. Je ne pus évidemment pas dormir. Je veillerais ma sœur jusqu'à ce qu'elle se réveille le lendemain, si elle se réveillait. J'étais en mission. Je n'avais même pas sommeil. Je ne pouvais avoir sommeil. J'étais celui qui reste. Je commençais à délirer à moitié, d'inquiétude et de douleur. De déception sans doute. Je ne l'aurais jamais avouer alors. Je n'aurais jamais admis lui en vouloir, lui reprocher quoi que ce soit. Je la prenais pour une victime absolue. Elle n'était pour moi responsable que de se meurtrir et se torturer et je la plaignais. Je voulais encore la sauver. Durant ces longues heures, je me demandai ce qui avait bien pu faire d'elle un être aussi lointain de ce dans quoi nous avions grandi, aussi différent. Aussi fou peut-être. Je le savais dans mon for intérieur mais je me mentais comme chacun d'entre nous le fait si bien. La plus grande compétence humaine. La plus universelle. La plus indéniable. La mieux partagée du monde. M. Descartes, paix à votre âme !
Très franchement, j'ai encore davantage de peine à dire cela et je m'en aperçus cette nuit-là : je l'admirais. Pas seulement martyr donc. Je sentais l'autre Pitayak en qui j'avais foi. Elle avait tout fait voler en éclats. Elle avait brisé tous les codes, toutes les normes qu'on nous avait inculquées, qu'on nous avait fait avaler, couleuvres qu'elle ne digéra jamais, vomies, et remplacées par... Je ne savais pas encore, le saurais-je un jour ?, mais je sentais une sorte de chaos dans lequel elle fourrageait, qu'elle osait approcher et même vivre. Qu'elle domptait, qu'elle apprivoisait et dans lequel elle trouvait une place. Un monde dur, extravagant, imprévisible, si ce n'était fou parfois. Un monde effrayant pour nous autres, que l'on s'efforçait de mépriser par peur et lâcheté, nous autres, tous, mais dans lequel elle était entrée et naviguait à vue. J'admirais sa folie ravageuse, sa rage éclaboussante, sa révolte infinie. C'est ainsi que je croyais les choses, à côté de la victime sacrificielle d'une famille de furieux. Pas elle. Je ne le savais pas.
Je ne savais même plus si je devais appeler médecin ou autre secours. Je m'en remettais à l'avis de mon hôte qui me conseilla d'attendre. Il n'était pas aussi inquiet que moi. Il avait dû en voir d'autres. Et oui, je sentis qu'il s'était mis à veiller sur nous, les deux enfants lovés sur son grand lit. Nous qu'il ne connaissait pas. Car je ne doute pas que Pitayak ne se soit jamais livrée réellement à lui, comme à quiconque d'ailleurs. Il opérait ses rondes, revenant chaque heure vérifier que nous étions toujours bien là, sains et saufs. Il nous protégeait, deux jeunes inconnus au creux de son repaire.
Pour la première fois,
le sentiment de ne plus avoir à
veiller,
surveiller,
guetter,
garder,
notre bulle fragile.
Je me retrouvais,
enfant,
minus,
consolant ma petite sœur,
la berçant,
comme finalement,
jamais je n'avais pu.
Jamais elle
ne se laissait tant
approcher.
Je l'avais toujours
bercée,
de loin,
des yeux,
du sourire,
sans les mains.
Interdit.
Je le savais.
Elle n'avait rien à dire.
Et voilà tout cela prenait
forme dans
la réalité,
et qu'un
homme qui
aurait dû
être notre père
nous
protégeait.
Il murmura dans un souffle,
« les enfants perdus »,
qui tintèrent à mes oreilles,
mes yeux clos faisant croire
à
mon innocence.
Cet homme,
le pervers pédophile d'il y a quelques heures,
qui se muait
mystérieusement en
bienfaiteur tutélaire.
Celui que nous n'avions pas.
Jamais.
Pleurer dans les chaumières,
avec un Rémi sans Famille,
dégoûtant !
Mais pourtant,
parfois obligé de dépasser
cette pudeur,
ce dégoût de la douleur
pleureuse.
Nous étions bien deux enfants perdus
chez un protecteur
providentiel.
Je chialais.
Encore et encore.
Je ne pouvais plus m'arrêter.
Et ma colère se souleva
enfin.
La haine et le courage
s'encrèrent en moi.
Ecriture historique,
mémoire silencieuse,
indéchiffrée
jusqu'a-
lors.

samedi 18 novembre 2017

Branle-bas de combat neuronal


Les neurones s'affolent,
les lobes en ébullition,
ils s'étaient reposés
sur leurs lauriers.
On a bien bossé,
maintenant on y va en
roue libre,
les gars,
à nous les fiestas.
Mais le réel rattrape
et oblige à de nouveaux travaux
d'intérêt général.
Pas d'emprisonnement
comme ils ont connu,
pas de lourde peine,
pas même avec sursis.
Pas même avec sursis ?
Si si !
L'épée de Damoclès est de retour.
Au boulot les nains !
Blanche Neige fond de malheur.
Heureusement qu'ils ne sont pas que sept,
ceux-là.
On n'irait pas bien là
sans cela.
Les milliers de milliards de
neurones
se mettent en rang,
soldats parfaitement formés,
très peu rechignent,
c'est une très belle armée
dont je dispose.
Elle a trop souffert pour ne pas
savourer
sa chance
d'aujourd'hui,
même si,
même si,
la mobilisation est
de mise.
Ils s'agitent,
virevoltent,
crépitent,
et ils voient déjà
leurs effets,
quelques minutes et
Blanche-Neige se resculpte
de toutes parts.
La fonte s'est
abruptement
suspendue.
Et Messieurs Dames,
n'oublions surtout pas les
Dames,
pas besoin de couilles pour se battre,
sont aux affaires
et sauve la Blanche,
de blêmir et fondre
définitivement.
Vive les neurones !
Applause please !

jeudi 16 novembre 2017

Rêvez avant d'agir !

Trop beau pour
ne pas être
vrai.
Trop beau pour
ne pas tomber
dans.
Trop beau pour
laisser
échapper.
Cela ne se voit pas,
ne s'attrape pas,
ne s'entend pas,
ne se marche pas.
C'est tout dans la tête,
arrête de rêver !
Ça diffuse comme un
bon thé rouge
dans toutes les veines
et affluents.
C'est bien beau de rêver mais ça nous avance pas !
Longtemps, j'y ai cru.
Mais Messieurs Dames,
je vous annonce tout le contraire.
Rêver est le début de toutes les
aventures
découvertes
rébellions,
ébullitions
depuis des siècles d'humanité.
Sans le rêve,
je ne suis pas réelle.
Sans rêve,
rien de sûr.
Le rêve ne joue pas
solo.
Il fait toujours la passe.
Et la matière s'anime.
Rêvez avant d'agir !