samedi 5 janvier 2019

5 janvier : Feu follet et sa foule-mammouth

Le feu follet exhorte
Sa foule
Tire pousse
Pouèt pouèt
Pousse-pousse
Tire-fouesse.
Il donne sa voix
Son chant
Sa sève.
Il se démène le pauvre
Bougre.
Il l’excite
La pique.
Mais la foule est bien
Lourde
Aujourd’hui,
Pèse bien son quintal.
Le feu follet est un
Agité chronique du
Bocal
Bercé trop près du mur,
Il ne dévolte jamais.
Ou sinon,
Mais oui c’est la mort enfin !
Il vrombit et butine
Tous les jours que Dieu
Fait et
Même quand tout le monde croit
Dormir,
Non moi je ne rêve pas non non c’est vrai je ne rêve jamais.
Non mais toi tu crois vraiment que ton feu follet s’arrête comme ça parce qu’il ne te dit plus rien, tu crois vraiment qu’il te suit les yeux fermés ? Tu rêves comme un bébé et un inconscient, un animal, tu es un animal ! parce que ton feu follet ne se posera pas et qu’il vrille, brille et trille dans la plus noire des nuits, et c’est encore plus drôle que toi tu ne t’en souviennes pas, maniaque du contrôle !
Mais le fu follet,
L’arrogance ne l’atteint pas.
Il se fout de tout cela,
Il continue son vol
Sauf que tout seul
Ça n’a plus de sens,
Il en perd son nord
Ses pédales s’emmêlent
Rien ne prend corps
Et il finit par s’énerver
Claquer la porte
Et prendre ses clics
Escampette
Et s’en grille les
Pattes.
Le feu follet laisse
En plan
Sa foule-mammouth affalée
Et va jouer
Avec ses billes,
Comme un vieil ermite
Aux échecs pour
Deux.
Son putain de courant
Continu,
L’aimerait être un peu
Alternatif parfois
L’en-foufelle.




vendredi 4 janvier 2019

4 janvier : panoramique

Distancé,
Ils sont tous loin
Devant
Quand remonté de la bauge
Miel miroir.
Queue de peloton,
On ne regarde pas
Derrière.
On ferme les yeux plus fort
Possible
Et aussi on cahote
Les lignes se croisent
Sous les petits pas
Freluquets
Indécis.
Le peloton disparaît,
Mirage ou cécité,
Et plus queue de rien
Mais tête aux pieds
Entier.
Lenteur exaspérée,
Et si tu ouvrais l’oeil ?
Le temps se perd encore,
La course est fichue,
Merde remerde !
Les larmes s’annoncent.
Mais il est encore trop tôt
Pour elles.
Les grossièretés feront
Office
En attendant.
Panorama  tournoyé
Sur soi-même.
Où suis-je ?
Oh non pas celle-là...
Qui...
Non ! Elle ne sortira pas !
L’existentiel dès le
Quatrième,
C’est satanément rageant.
Le tour d’horizon
Poursuit sa
Ronde.
Sur place,
Piétinage
On en cognerait le vide.
Tout autour
Accroche les pognes
Et les arrache un peu
Plus au guidon
Tout fait
Ergonomique certes,
La direction est assistée
Pour tous jusqu’au même
Point.
Tout autour
Dit le peloton
Est un faux mouton
Qui fait
Croire.
Mais les mains restent
Gluées.
On se révolte quand même,
On sait que
Tout autour
Est un juste.
On arrache le fameux
Guidon uniforme
Même enseigne
Et l’on panoramique
En sa
Compagnie.
Le temps d’en
Démordre
Viendra.
Le tour d’horizon en
Guidon
Est un grand écart
De bouffon.
Avant la course
En solitaire.




jeudi 3 janvier 2019

3 janvier : bauge de miel

Retour en surface,
Tombé de haut,
Sans surprise pourtant.
Le choc devait en être.
On court pas sans
Casse ni
Coups.
Le tout
C’est de ne pas s’en
Décourager.
La douleur s’oublie.
Le désespoir pas.
La réception
Du premier salto en nébules
De l’année
Marasme,
Noie,
Bain de boue sale.
Haut-le-cœur.
Agacement claque la langue et
Jure,
Ralenti dans cette putain de
Mélasse répugnante,
À patauger dans la choucroûte.
Le compteur tourne les
Cocos !
On se bouge le sac
On s’agite la noix.
Pas que ça à faire,
Chaque minute est précieuse
Et voilà qu’on s’embourbe comme
Des béotiens en
Goguette.
On l’a fait
20 30 40 fois le 3 janvier !
C’est la routine.
Mais non !
La bauge s’invite à la fête.
La poisse.
On n’en finit pas de s’y enfoncer.
On finit bien par prendre
Son mal en
Patience.
Et dans un moment d’assoupissement,
Un éclat tinte sur la rétine
À peine,
Juste un filet mais
Il suffit et la curio-
Sité cette fois l’emporte.
Bauge de miel
Miroir.
Le détour en valait la
Peine et
La crasse.
La course semble bien
Loin de ce silence d’or
Sucre.



Et alunir en soi

Le temps qui file
Sautiller léger
De jour en jour :
Je bigle et bée
Fort incrédule ;
Cela en rien
Ne sonne une cloche
Ou dringue une belle,
Comprends que dalle
Au tintouin.
Mon temps à moi
Est un gros géant
Un peu niais
Qui s’accroche à mes basques
Comme un enfant qui ne veut plus,
Maman suis fatigué
ééé.
Il pèse ma jambe
Tire ma manche
Et je boite
Maladroite dans le vrai monde.
Il me tient autant
Que je le garde
Près de moi
Dépendant aigu
Boulet bouillotte,
Chaude habitude même
Capricieuse.

Et le plus jamais
Lâche les mains et muscles
Tous.
Le temps recule et s’envole comme
Un ballon vibrant
De l’air qu’il perd
Joyeusement tortillé.
Jusqu’à imperceptible.
Seule,
J’attends la légère.
Naïve,
Je sens la pesanteur.
Elle creuse les entrailles
Grave
Sourde
Enfin claire.
Le temps idiot gavé en oie
Bien malgré lui
Etait un innocent
Sacrifié sur l’autel des tripes
Écœurées.
Les lâches !
Voila chacun de nouveau
Ou bien plutôt
Inaugural,
A sa place.
Je tombe cul-terre
Et c’est moi l’imbécile
En couche-culotte
Et ouïe ouïn ouïn.
Le simple équilibre vertébral
Est une guerre.
Tenir assis
Est un triomphe.
Marcher sera comme sur la
Lune.
La gravité m’attache au sol.
Depuis depuis,
Toujours plus vite surtout !
Sans arrêter
En traînant mon
Géant dégingandé.
Me voilà mon propre
Gros.
L’excroissance intestine.
Des bulbes éclosent
Et déversent leur pesant
Dormant.
Je me réveillerai alors.
Le temps filera
Sans doute.
Légère tisseuse
Peut-être.
Délestée.
Soudain habitante de moi-même.
Les mains accrochées à mon bord.

mercredi 2 janvier 2019

2 janvier

Suspendu ;
la terre a poussé fort sous
les plantes et les pieds.
Éjecté ;
en un appel
au-dessus des lignes.
Le ciel grimpe
et le départ et
les voies se floutent.
La stricte rectitude
danse
vue d’en-haut.
C’est le premier rebond
de la course qui s’amorce.
Pas de mordu,
tout au carré
mais l’envol tire d’ailes
et le monde dur
perd forme.
Le temps s’est un peu
arrêté,
subtil,
pour planer loin de
ce qu’on appelle
vrai.
Et les nuages murmurent
dans leur barbe :
N’est-ce pas l’aubaine d’un nouveau jeu ?
petit humain,
regarde bien tes mains,
ouvre-les grand sous tes yeux
clairs,
tu ne les perdras pas ;
tu détiens les peut-être
de tes désirs,
les nuances de toute ta
tessiture,
les membres de chaque animal
que tu vis ;
la combinaison de ces peaux
s’y cache
alors renverse donc l’ordre
existant,
écris les nouvelles règles
et souvent reviens
loin ici
tout au-dessus des choses
mirer le creux des mains,
les yeux pâlis
délavés
dévalés de l’avalanche de vie
valdingueuse ;
et souviens–toi des
peut-être.

Flotté ;
en ange d’un jour
et demain,
le premier pas
éclartifice
tranché
claqué
de
la deuxième vie ;
redescendu des
nuages.

mardi 1 janvier 2019

1er janvier

Le premier du liminaire.
Le départ du prime.
Commencement du début.
Redondance intrinsèque.
Pléonasme nécessaire.
La ligne d’avant l’avant.
Le pied juste en pointe.
Le corps en cul en l’air.
Le tout prêt à détendre.
Déplier.
Pousser.
Pulser.
Pulvé-
riser
La page immaculée
Qui s’ouvre,
Plus blanche que blanche,
Ambassadrice découvreuse.
L’étrangeté de l’à-venir
Non avenu irrespiré.
Le souffle est court.
De n’avoir pas
Encore.
Les possibles
En toutes statistiques
Galopent
Traversent
Fusent
Giflent
Voltent
Dans les neurones
Déjà en plein courant.
Ils brûlent
Par les deux bouts
Energifique
Miritiques.
Mais l’à-peine
Juste
À
En
Vers
Pour
N’est qu’un embryon
Pas tout à fait personne.
Le brouillon
Des centaines de jours
En
Gestation
A la plume
Tremblotante
Au-dessus de son papier,
Pressée de trotter
Gratter
Tracer
Graver,
Le souffle court
Peureuse et
D’impatience désireuse.

Tout en haut du looping,
Une nouvelle course
Prête à s’écrire.