Le silence qui s'ensuit
pétrifie
l'atmosphère.
Je les regarde
tour
à
tour
me prends pour une girouette
non pas légère volage
par-ci par-là.
Qui ne sait plus où souffle le vent
s'il y en a jamais eu d'ailleurs
dans ce monde-là.
J'ai certainement traversé
une paroi incognito indolore
et fantastique.
Ici sens dessus dessous
Sans devant ni derrière.
Jamais venue ici.
Jamais touché à ça.
Alors bien sûr, elle est girouette,
mécaniquement,
Qui fait quoi comment pourquoi ?
Possible ?
C'est la panique.
'Ta gueule Maman ! Tu comprends rien.'
Lourd choc de mon corps en compote
contre,
pas le sol,
contre une sous-couche de la Terre dure mère en vrac
qui rebondit pourtant.
A l'appui de cette exclamation vénéneuse,
Pffffffff qui siffle les yeux au ciel
(Je suis un instant ce souffle-là, croyant à un repère. Un autre leurre en réalité qui s'abat sèchement dans le vide. Bien avancée. Éprise de ma gigue acrobate.)
La seule qui bouge, c'est moi.
Respiration hachée.
Mais c'est moi qui comprends rien !
Aucune parole.
Aucune prière.
Aucune promesse
de vengeance ou autre, même.
Aucune malédiction.
Pas d'éruption en vue,
à part la mienne,
solitaire,
celle qui a fissuré mes tables de Loi.
La mère est impassible.
A hausse les épaules.
A haussé
les
épaules
...
Elle a replié ses pavillons auriculaires,
les nettoyer de l'affront,
si c'en est un,
je n'ai toujours pas saisi.
(Peut-être qu'il s'agit juste d'une mesure d'hygiène précisément à ce moment-là.)
Elle est entière, tranquille, égalé à elle-même.
Moi, je la vois détruite, foulée aux pieds, ricanée.
Et envolé la coupable.
Tiens,
y a-t-il un coupable ? Pas ici-bas non non.
Je cherche, relativement désespérée avouons-le, les frontières de l'univers où j'ai été
propulsée.
Ça glisse au pays démerveille
désillusionne,
démissionne,
déséquilibre la sensible balance de mon quotidien
funambule, alcoolique bringuebalant.
Alors bien sûr pirouette
je suis changée girouette.
Je me prends
pour l'une
pour l'autre
pour moi
pour le Terre mère
et je sens monter la lave
sans merci
dans mon œsophage en spasmes.
Et je l'aurais bien chassée
jusqu'aux confins de l'étant,
qu'elle ne trouve plus aucun abri
nulle part personne.
Sur la route.
Cette petite garce qui a osé défier l'Ordre des Choses
et tous nous faire tanguer avec.
Je l'aurais bien attacher hargneusement à sa falaise ,
mérite pas mieux que Prométhée
le traître
voleur
bolchévique
sans qui je ne serais qu'un singe dans l'immense faune.
Bien sûr qu'un poids
a cédé dans ma poitrine quand elle a blasphémé
mis le feu aux poudres des générations.
Soulagée au fond de mes talons
de n'avoir plus rêver cette scène,
à m'y voir moi
matricide honteuse toute-puissante
rayée de la surface par la jouissance de mon pouvoir sans limites.
J'avais bien essayé en vain.
Voilà qu'elle a craché
l'acte sauvage qui me brûlait les lèvres.
Je l'adore de sa prouesse.
Je suis une lâche ?
Sans aucun doute.
Et présentement, c'est un bonheur.
Elle est mon héroïne
et l'ultime exterminatrice des règles régulières.
J'aurais été avec plaisir une amazone sans vergogne.
Elle est parfaite dans ma tête
et qu'elle y reste cette folle au galop !
Je la perdrais la tête si elle pensait les rênes.
Le crâne en bilboquet,
assise dans un berceau,
Aliénée parmi d'autres dans un somptueux jardin aux apaisants parfums.
Alors Madame H. ? Comment ça va aujourd'hui ? Toujours pas descendue ?
Elle serait marrante celle-là ! Par où veux-tu que descendre quand on est girouette ? Sans pieds sans ailes et sans cervelle. On voit qu'elle n'a jamais tenté (bougon).
Je les adule encore ces aventuriers-là.
Les vrais fous sont bien eux,
à provoquer les dieux, la Terre, la mère et l'ours blanc.
Ils se jettent sciemment
dans la grande gueule du loup.
Il ouvre la mâchoire jusqu'à la décrocher,
et engloutit presto
maman et les petits.
mercredi 6 novembre 2013
mardi 5 novembre 2013
Les malaimés
Vendre son âme
S'armer de l'immense courage
Des malaimés
Interne externe
Le malamour
Globes globulus qui est le monde
Du bossu laid
Moche et méchant
Débilos rigolo
Mais pour qui.
Celle qui respire tout l'air de la journée
En une bouffée
Parce que la porte franchie
Plus rien ne rentre ni sort
Les lèvres scellées
Jusqu'au retour au havre
Douze heures plus tard
Même pas sacrée championne d'apnée
Ça ne se voit pas
On n'en parle pas
Et puis, ce ne serait plutôt une tare ?
Faites-moi rire.
Ce seront des années après
Quand elle aura savamment transformé
Sa compétence en don
Émerveillant
Elle aura compris que la formule
Qui gagne
C'est
Brillant
Criant
Vantard
De vendue à vantarde,
Un petit bout de vent retourné
rien de bien phénoménal
Pourtant la clef du succès.
Celui qui
du matin au soir
Coursera
L'absolu
Être sûr
Et parfait
Sans accroc
Satisfaisant pour chacun
Et pour tous
Sur le pied de guerre
A la recherche
Du bon
Mot
Tour
Jeu
Tourmenté par l'invisible désir
des yeux qui l'évaluent
A peine la porte franchie
Jusqu'au retour au havre
Flexion du cou
Cheveux orteils
Vérification administrative
En règles
De sa normalité.
Des zones de flou.
Au purgatoire !
En quarantaine !
N'approche pas avant le diagnostic final.
Dix ans vingt ans
Des milliards de jours
A pourchasser
Les fils
Du scénario.
Accepté parmi les vivants
Après le bagne
De la jeunesse
Et le voilà
Acteur
Artiste,
D'une racine de malheur.
Tous ceux qui
Rouleraient à genoux
Dans la boue la plus
Crasse ;
Pourvu qu'un ami s'offre
Et reconnaisse
Un pair
Dans leurs yeux-là.
Tous ceux
Prêts à déchirer
toutes leurs peaux
Remparts,
Nus et à vif
Bien davantage ;
Pour une minute
De la magie d'en être.
Tous ceux
Une fois adultes
Et bien assis
Qui boufonneront ;
Pourvu que jamais
Plus jamais
On ne parle de ça
On ne déterre la honte.
De ces révolutions
Amères
Grillagées et mutiques,
Sortis debouts
Décharnés mais battants.
Rescapés
Acharnés à la vie
Eux que l'on riaient faibles.
Le cœur et la valeur
De l'expatrié
De naissance.
Poussés par le désir,
Peut être de vengeance,
Et de toutes les beautés,
Il sera
Comédien
Créateur
Richissime
Adulé.
Rien ne le compromettra ;
Sauf,
Indestructible,
L'angoisse du crépuscule,
Tous les jours que Dieu fait.
L'entrée en scène du monstre
De la nuit.
S'armer de l'immense courage
Des malaimés
Interne externe
Le malamour
Globes globulus qui est le monde
Du bossu laid
Moche et méchant
Débilos rigolo
Mais pour qui.
Celle qui respire tout l'air de la journée
En une bouffée
Parce que la porte franchie
Plus rien ne rentre ni sort
Les lèvres scellées
Jusqu'au retour au havre
Douze heures plus tard
Même pas sacrée championne d'apnée
Ça ne se voit pas
On n'en parle pas
Et puis, ce ne serait plutôt une tare ?
Faites-moi rire.
Ce seront des années après
Quand elle aura savamment transformé
Sa compétence en don
Émerveillant
Elle aura compris que la formule
Qui gagne
C'est
Brillant
Criant
Vantard
De vendue à vantarde,
Un petit bout de vent retourné
rien de bien phénoménal
Pourtant la clef du succès.
Celui qui
du matin au soir
Coursera
L'absolu
Être sûr
Et parfait
Sans accroc
Satisfaisant pour chacun
Et pour tous
Sur le pied de guerre
A la recherche
Du bon
Mot
Tour
Jeu
Tourmenté par l'invisible désir
des yeux qui l'évaluent
A peine la porte franchie
Jusqu'au retour au havre
Flexion du cou
Cheveux orteils
Vérification administrative
En règles
De sa normalité.
Des zones de flou.
Au purgatoire !
En quarantaine !
N'approche pas avant le diagnostic final.
Dix ans vingt ans
Des milliards de jours
A pourchasser
Les fils
Du scénario.
Accepté parmi les vivants
Après le bagne
De la jeunesse
Et le voilà
Acteur
Artiste,
D'une racine de malheur.
Tous ceux qui
Rouleraient à genoux
Dans la boue la plus
Crasse ;
Pourvu qu'un ami s'offre
Et reconnaisse
Un pair
Dans leurs yeux-là.
Tous ceux
Prêts à déchirer
toutes leurs peaux
Remparts,
Nus et à vif
Bien davantage ;
Pour une minute
De la magie d'en être.
Tous ceux
Une fois adultes
Et bien assis
Qui boufonneront ;
Pourvu que jamais
Plus jamais
On ne parle de ça
On ne déterre la honte.
De ces révolutions
Amères
Grillagées et mutiques,
Sortis debouts
Décharnés mais battants.
Rescapés
Acharnés à la vie
Eux que l'on riaient faibles.
Le cœur et la valeur
De l'expatrié
De naissance.
Poussés par le désir,
Peut être de vengeance,
Et de toutes les beautés,
Il sera
Comédien
Créateur
Richissime
Adulé.
Rien ne le compromettra ;
Sauf,
Indestructible,
L'angoisse du crépuscule,
Tous les jours que Dieu fait.
L'entrée en scène du monstre
De la nuit.
lundi 4 novembre 2013
En désespération
Désespération d’être prisonnière, enfermée avec mon bon et loyal consentement, c’est normal, pas le choix, c’est la vie.
Normal,
disons admis. C’est animal, dégradant et bien plus encore.
Murée.
Emmurée.
Mes petits poings ridicules.
Muée en épais gorille au poil dur et laid, les bras mous, traînards au sol, caressent presque langoureusement la
poussière.
Qui en effet est devenue
intéressante.
Fond du puits pathétique.
Faisons feu de tout bois !
Droit comme un i ? Aux oubliettes !
Le dos est une courbe douce absolument régulière. Les fesses rasent la terre, les jambes fléchies prêtes à bondir.
Meuh non ! Plaisanterie.
Bondir, comme si !
Fléchies sous le poids du dos oui !
Donc, un arc de cercle
pitié
surélevé à quelques dizaines de centimètres, bras d’un côté, jambes de l’autre
pour peu on marcherait en crabe ;
le pompon ! et chute dans les bas-fonds crustacés.
Tenons-nous-en au règne des primates.
Pas glorieux mais moins débilitant.
Tout de même.
Bref, on n’est plus bien digne et on s’en bat les cacahuètes ;
On a même oublié où on était au tout départ ;
on est maintenant les cerveaux de la jungle belle promotion my dear.
La désespération a mis les voiles : on souffle, on se balance, on grogne, on a lâché du leste.
Du coup, on se redresse
Fatale erreur…
Station debout…
Erigé.
L’horizon apparaît
à mille nez de soi
versus à portée des narines, quand gorille.
Déteste l’horizon.
On dit c’est… ah… oui … la promesse de l’ailleurs de tout possible tralalala ; mais on ne finit pas honnêtementla proposition.
Parce
que, qui dit
espération
dit désespération.
Et ça, on ne le dit jamais. Faut pas être négatif comme ça.
Alors on doit choisir : ou c’est la poule et l’œuf ou poulailler rasé.
Aucun autre ordre.
Et le dilemme comme d’habitude : dignité douloureuse humiliée ; liberté revendiquée impraticable.
Programme salé.
Ou imbécillité tranquille ; panique au jour le jour sans conséquences.
On dit rabâche que l’horizon s’ouvre. Ca oui mon vieux ! il ouvre nos tripailles. Plus il s’éloigne, plus l’étau se resserre.
Il signe le registre
entrées,
sorties
pénitentiaires.
Paysage maritime Mon Dieu l’angoisse ! des palpitations jusque dans les sourcils, je te promets ! Et je n’exagère pas cette fois. Il fait tout trembler, une petite ligne, un petit point de rien du tout.
Et asphyxie en contre-point
Elastique inversé
Horizon ! Rapproche-toi, étreins-moi si fort que je respire !
Et puis la désespération sans disparaitre se dissipe, peuplée que devient la vasteté qui étranglait.
C’est ce duel à l’horizon qui me pollue. Oublié que j’étais seule quand désespératée. Les mots et les sourires arrivent doucettement, chantonnent tout autour,
tout,
autour,
et l’horizon va bouder dans un coin, il a l’embarras du choix,
Je suis libre comme l’air.
l’élastique pendouille.
Normal,
disons admis. C’est animal, dégradant et bien plus encore.
Murée.
Emmurée.
Mes petits poings ridicules.
Muée en épais gorille au poil dur et laid, les bras mous, traînards au sol, caressent presque langoureusement la
poussière.
Qui en effet est devenue
intéressante.
Fond du puits pathétique.
Faisons feu de tout bois !
Droit comme un i ? Aux oubliettes !
Le dos est une courbe douce absolument régulière. Les fesses rasent la terre, les jambes fléchies prêtes à bondir.
Meuh non ! Plaisanterie.
Bondir, comme si !
Fléchies sous le poids du dos oui !
Donc, un arc de cercle
pitié
surélevé à quelques dizaines de centimètres, bras d’un côté, jambes de l’autre
pour peu on marcherait en crabe ;
le pompon ! et chute dans les bas-fonds crustacés.
Tenons-nous-en au règne des primates.
Pas glorieux mais moins débilitant.
Tout de même.
Bref, on n’est plus bien digne et on s’en bat les cacahuètes ;
On a même oublié où on était au tout départ ;
on est maintenant les cerveaux de la jungle belle promotion my dear.
La désespération a mis les voiles : on souffle, on se balance, on grogne, on a lâché du leste.
Du coup, on se redresse
Fatale erreur…
Station debout…
Erigé.
L’horizon apparaît
à mille nez de soi
versus à portée des narines, quand gorille.
Déteste l’horizon.
On dit c’est… ah… oui … la promesse de l’ailleurs de tout possible tralalala ; mais on ne finit pas honnêtement
Parce
que,
espération
dit désespération.
Et ça, on ne le dit jamais. Faut pas être négatif comme ça.
Alors on doit choisir : ou c’est la poule et l’œuf ou poulailler rasé.
Aucun autre ordre.
Et le dilemme comme d’habitude : dignité douloureuse humiliée ; liberté revendiquée impraticable.
Programme salé.
Ou imbécillité tranquille ; panique au jour le jour sans conséquences.
On dit rabâche que l’horizon s’ouvre. Ca oui mon vieux ! il ouvre nos tripailles. Plus il s’éloigne, plus l’étau se resserre.
Il signe le registre
entrées,
sorties
pénitentiaires.
Paysage maritime Mon Dieu l’angoisse ! des palpitations jusque dans les sourcils, je te promets ! Et je n’exagère pas cette fois. Il fait tout trembler, une petite ligne, un petit point de rien du tout.
Et asphyxie en contre-point
Elastique inversé
Horizon ! Rapproche-toi, étreins-moi si fort que je respire !
Et puis la désespération sans disparaitre se dissipe, peuplée que devient la vasteté qui étranglait.
C’est ce duel à l’horizon qui me pollue. Oublié que j’étais seule quand désespératée. Les mots et les sourires arrivent doucettement, chantonnent tout autour,
tout,
autour,
et l’horizon va bouder dans un coin, il a l’embarras du choix,
Je suis libre comme l’air.
l’élastique pendouille.
samedi 2 novembre 2013
Belle du Seigneur, Albert Cohen (2)
Une histoire de gros bourdon et immédiatement surgit la scène de Sodome et Gomorrhe, longue description tendre et moqueuse du rituel de l'accouplement. Des dizaines de pages métaphoriques burlesques et profondément sérieuses. Ce mélange si juste d'humour et de vérité trop lucide. Le regard de l'observateur, le voyeur qui jamais de sa place ne participe à la vraie vie, qui comprend ce que tous préfèrent ne pas regarder, à raison.
Plus j'avance dans cette lecture de Belle du Seigneur, plus les images de La Recherche se font lancinantes. Je me convaincs que non, il ne faudrait tout de même pas voir Proust à tous les coins de rue, que ce n'est pas une référence pour tout le monde, que la littérature des autres ne tourne pas autour de son œuvre, que cela relève de mon regard, intime. Il serait peut être sacrilège de les rapprocher, les yeux noirs du critique littéraire sûr de lui et de sa théorie. Moi bien penaude avec mes impressions sans arguments. Que je garde donc secrètes. Et puis le danger d'être taxée de simplisme : ce n'est pas parce qu'ils sont tous les deux juifs qu'ils écrivent la même chose, enfin ! Voyons au-delà. Qui plus est, l'homme et l'écrivain sont à distinguer nettement !
Le gros bourdon passe, et quelques pages plus tard, je tourne et me retrouve nez à nez avec Marcel, en son nom propre. J'en lâche les lignes un instant, jouissant de cette communauté pressentie, espérée, remisée, finalement révélée. Nous sommes trois, même dix, quarante, tous ces lecteurs qui avons lu et résonné avec Albert et Marcel ? Qui avons eu cet ineffable plaisir de se sentir moins seul, été savoir que toutes ces idées un peu étranges qu'on ne divulgue pas (-euh, je comprends pas ce que tu me dis là ! Ça n'a pas de rapport avec ce dont on parle. -Mais si mais si, regarde etc., pendant cinq minutes. -C'est compliqué ton affaire dis donc et je vois toujours pas le rapport. -Ok, pas grave, c'était un peu perso c'est vrai. -Tu l'as dit oui ! Les yeux de merlan frit, sourcils sceptiques presque suspicieux.). Loin de moi l'idée du génie incompris ou du poète maudit, sur son rocher, en communion avec la nature, sa seule égale, et allons-y les violons ! Non, non. C'est cette terrible frustration de sentir depuis ses entrailles et de fait, d'être sans appel convaincu, mais aussi sans interlocuteur avec qui battre des mains comme une jeune ou moins jeune Japonaise à la Tour Eiffel, la voix tremblante d'émotion.
Bref, une fois, deux fois, trois fois, je libère toutes mes envies de penser Alcel Marbert.
Il y a ce passage immanquable, fatras, capharnaüm de dialogues qui se chevauchent et s'embrouillent les uns les autres. Comme une grande partouze de langues. Solal écoute toutes les conversations qui l'entourent et il n'en dit rien ou presque, en tout ça moi lectrice je ne me souviens pas de ce qu'il pense lui personnage mais de ce que Cohen me fait penser à moi sans pitié. Au fur et à mesure des pages (pas seulement quelques lignes dis donc ! Pas seulement un exercice de style ; ça risque de paraître long.) Peu à peu, l'absurdité du monde, du mondain, des mondains et leurs mondaines encore davantage, a envahi mon esprit de mépris, d'envie de rire, jaune, de l'univers social. Cette impression d'être le subtil donc cruel spectateur de la représentation vitale et quotidienne de la plupart des hommes, Proust en avait déjà ouvert la voie. Cette conscience de la nécessité de ces conversations futiles, leur importance derrière leur légèreté et au bout de trop de pages, le sentiment que le sol s'effondre sous la violence de l'inanité inouïe de tous et toutes. On n'en retient finalement que le langage, on perd de vue les vivants et des mots de plus en plus vides virevoltent. Proust est demeuré classique, me semble-t-il, dans sa mise en scène de cet absurde social, Cohen mène jusqu'au bout du sens, aux confins des jeux de la littérature absurde où on l'on s'accroche tant qu'on peut à la forme. Le fond est mort. Ils se rejoignent la-dessus.
Bien entendu, la suite des événements dans cette chute vertigineuse se dessine bien plus sombre chez Cohen que chez Proust. Ce dernier se réfugie dans la salvatrice arche de l'art, qui n'est rien moins que pris dans le tourbillon social et ses miasmes chez Cohen. Le social ira jusqu'à salir l'art ; Proust préserve ce havre de paix, pour certains.
Je parlais tout à l'heure d'un subtil donc cruel spectateur, voire voyeur. J'ai retrouvé dans Belle du Seigneur cette manière proustienne de faire sourire le lecteur en grossissant les travers bien connus du monde. Ils en font trop ? Le cliché est là remanié, développé, déplié dans toutes ses plus infimes rainures. Il n'est donc plus cliché et continue d'amuser malgré tout. Il y a toujours cet immense joie d'être celui qui regarde et se gausse, ne prend aucun risque en riant haut et fort de son prochain. En lisant ces œuvres, on n'est pas imbéciles non plus au point de croire que cela ne nous arrive jamais mais ce n'est pas le moment de la remise en question. On rit d'abord.
Narrateur comique triste, faux comique, qui pourtant prend plaisir, c'est évident, à faire rire son lecteur. Mais ce qu'il a à peindre n'est pas de toute beauté. Il ne peut pas travestir la réalité et après avoir bien rigolé ensemble, il nous claque à la tête le pathétique humain dans toute sa splendeur. Narrateur de Belle ou de La Recherche, ils prennent du bon temps, un temps et ce n'est qu'un attrape-mouche, (même si je perçois un humour véritablement jouissif chez Proust qui semble absent chez Cohen). La fin justifie les moyens : nous ne devons plus ignorer nous lecteurs que l'homme est un acteur qui se joue de lui-même, qui accepte son humiliation.
Quant à la peinture des Juifs, veuillez ne pas m'en vouloir d'y voir tant de similitudes. Swann est un esthète, un artiste véritable, une sensibilité travaillée, qui se perdra mais qui l'est et y retournera finalement. Solal et ses mises en scène burlesques n'est pas narré comme un artiste ; il l'est pourtant bien dans les actes. Les membres de sa famille suscite des envolées sublimes dans le texte, et ce sont les seuls. Et on a beau rire encore une fois au début, on cesse vite de n'y voir qu'un jeu quand on ressent la forme que prend alors le texte de Cohen. Il change de ton et plus uniquement de la satire, plus seulement du ridicule désespérant. Un ridicule et une profonde tendresse qui rendent touchants, voilà qui est rare ! les personnages de Cohen. Quelque chose de l'ordre du beau.
Cette utilisation du langage comme identité sociale et romanesque ! Chaque personnage se définit par son langage, il est sculpté par ses mots, ses erreurs, ses préciosités, ses silences, ses longueurs. Encore une fois, les dialogues proustiens sont exemplaires en ce sens. On se souvient d'un Cottard ou du bâtonnier de Balbec grâce à leurs langage et discours si spécifiques, si déterminants. Cohen élimine carrément la narration pour ainsi dire. Il reste leurs paroles pour nous dépeindre ces hommes et ces femmes, directement plongés au cœur de l'expression des personnages. On assiste impudique à leur monologue intérieur et à ses méandres absolument personnels, en même temps que caricaturaux. Paradoxe inquiétant s'il en est pour notre fier sentiment d'individu unique.
Et tous ces sourires complices avec l'invisible narrateur. Je m'imagine désormais qu'ils sont tous les deux quelque part, autour de moi, et qu'ils me voient sourire en lisant leur voix. Nous sommes tous les trois, je ne souris pas toute seule. Et pourtant ni Proust ni Cohen ne me feront de clin d'œil ou autre geste de connivence explicite. Une sorte d'intelligence impalpable, partagée, je le sais, avec des invisibles, pas même réels, qui s'évaporent dès que je ferme mon livre. Ou peut être pas d'ailleurs. Théoriquement, sans aucun doute, ces narrateurs n'ont ni cœur ni chair. Ils perdurent pourtant dans mon esprit et je pense souvent au narrateur proustien, au narrateur célinien, à toutes ces voix plus authentiques que toutes les autres, souvent d'une subtilité qui me fait frissonner. Frisson d'émotion sans nom, de tendresse, de douleur, de colère... Ces narrateurs sans reflets qui font palpiter les œuvres qui me font vivre. Ils ne comptent pour rien. On remercie dans son for intérieur et en public tel ou tel personnage, Mon Dieu qu'il m'a bouleversé ce Charlus et sa souffrance ! Et cette sombre amoureuse ! Je suis la première à en dire autant, à m'émerveiller, tout feu tout flammes pour ces êtres de papier qui s'insinuent en moi. Mais derrière eux, si j'en prends le temps, je retrouve serein, riche et patient, ce narrateur marionnettiste. Il est entre tous les mondes, ne fait partie d'aucun, leur donne du sens à tous.
vendredi 1 novembre 2013
Bébé congénital
Il est là ce bébé congénital.
Il attend
dans les starting blocks depuis trente,
vingt, au moins vingt ans. Il ne perd pas patience.
Il affiche calmement une assurance d'au-delà des lois. Cette confiance sans bornes puisque les derniers remparts ont été abattus
d'un regard
du simple fait qu'il soit lui,
ce bébé monstre.
Il prend la forme qu'il veut,
peaufinant sans relâche ses magies
d'invisible.
Il sait que là réside son poids.
Il ne pèse rien, pas même un gramme.
Nenni, un rien du tout.
Il a pourtant le pouvoir.
Le Pouvoir.
Sans adjectif.
Sans complément.
Le Pouvoir Sec.
Il a beau ne pas disposer de la boîte à idées, matières blanche grise et tout le tintouin,
il sait sa force et
il s'amuse.
Bourgeon sadique, malicieux ? pas assez, maléfique, cynique? beaucoup mieux.
On croit qu'il faut nécessairement un corps pour une intelligence et qu'une âme vit d'elle-même autonome judéo-chrétienne en diable ! libre comme l'air.
Fatale erreur !
Le bébé-congé' est un être sans corps et sans âme parfaitement raisonnable et calculateur, digne d'un politicien avide de preuves de son importance en dépit du nanisme. C'est un napoléon intérieur, un hitler intestin.
Même pas pensable qu'il renonce. Héroïnomane confirmé. Il ne pourra être relégué qu'à moins d'être éliminé. Et voilà bien le trou noir à la place de l'idée d'un éventuel succès d'éradication. C'est là aussi son ineffable puissance :
devenir élément vital,
s'insinuer dans les vingt-quatre heures du jour et de la nuit
un deuxième coeur
une pompe à vivre.
Avec la crèverie dans les entrailles.
Le règne qui rend fou du paradoxe.
Voilà sa monstrueuse aura :
obturer sans bruits sans pompes l'issue d'un monde sans lui.
Bébé congé' infinitésimal,
plante de l'extrême,
cactus au désert,
nénupar au tsunami.
Toujours droit et fier
né du chaos des hommes
(ne mêlons pas à cela les innocentes planètes)
qui ne rompt pas qui jamais ne replie ses tentacules immatériels.
Taupe en mission que personne ne soupçonne,
sauf le policier solitaire,
et qu'il faudra abattre,
sans armes,
sans lames.
A la force de l'espoir.
Il attend
dans les starting blocks depuis trente,
vingt, au moins vingt ans. Il ne perd pas patience.
Il affiche calmement une assurance d'au-delà des lois. Cette confiance sans bornes puisque les derniers remparts ont été abattus
d'un regard
du simple fait qu'il soit lui,
ce bébé monstre.
Il prend la forme qu'il veut,
peaufinant sans relâche ses magies
d'invisible.
Il sait que là réside son poids.
Il ne pèse rien, pas même un gramme.
Nenni, un rien du tout.
Il a pourtant le pouvoir.
Le Pouvoir.
Sans adjectif.
Sans complément.
Le Pouvoir Sec.
Il a beau ne pas disposer de la boîte à idées, matières blanche grise et tout le tintouin,
il sait sa force et
il s'amuse.
Bourgeon sadique, malicieux ? pas assez, maléfique, cynique? beaucoup mieux.
On croit qu'il faut nécessairement un corps pour une intelligence et qu'une âme vit d'elle-même autonome judéo-chrétienne en diable ! libre comme l'air.
Fatale erreur !
Le bébé-congé' est un être sans corps et sans âme parfaitement raisonnable et calculateur, digne d'un politicien avide de preuves de son importance en dépit du nanisme. C'est un napoléon intérieur, un hitler intestin.
Même pas pensable qu'il renonce. Héroïnomane confirmé. Il ne pourra être relégué qu'à moins d'être éliminé. Et voilà bien le trou noir à la place de l'idée d'un éventuel succès d'éradication. C'est là aussi son ineffable puissance :
devenir élément vital,
s'insinuer dans les vingt-quatre heures du jour et de la nuit
un deuxième coeur
une pompe à vivre.
Avec la crèverie dans les entrailles.
Le règne qui rend fou du paradoxe.
Voilà sa monstrueuse aura :
obturer sans bruits sans pompes l'issue d'un monde sans lui.
Bébé congé' infinitésimal,
plante de l'extrême,
cactus au désert,
nénupar au tsunami.
Toujours droit et fier
né du chaos des hommes
(ne mêlons pas à cela les innocentes planètes)
qui ne rompt pas qui jamais ne replie ses tentacules immatériels.
Taupe en mission que personne ne soupçonne,
sauf le policier solitaire,
et qu'il faudra abattre,
sans armes,
sans lames.
A la force de l'espoir.
Chasse à l'homme
Approche canine
commissures en bave
pas tellement de désir
même si ma nausée n’opère pas la distinction,
d’impatience
de plaisir
d’être ensemble
en famille.
Pas de queue frétillante,
un peu de dignité !
Pas de jappement joyeux,
fierté virile !
Pas de reniflage préalable,
tête haute !
Mais tout ça comme un film devant mes yeux
file et refile
la métaphore
malheureuse.
Je brise ma voix,
à pieds joints de tout mon poids
sur mes paroles en fumée.
J’obture la bouche,
lèvres scellées,
j’en appelle à toutes mes forces vitales
pour tuer dans l’œuf
la rébellion salvatrice.
Cette résistance mortifère
devient ma vie.
Je ne peux rien dire.
J’ai ordre tacite et impensé
de me taire.
Le clébard tout content poursuit sa parade d’accueil
et après circonvolutions de rigueur,
nez à nez.
Je ne sais plus
à ce moment-là,
s’il est canin ou félin.
Je suis proie au piège
et maître barbare.
Phagocytée,
dégustée,
humée,
léchée,
sucée
avalée,
absorbée.
Avant même d’être touchée.
Pirouette cacahuète,
sourire coupable,
et
souveraine
dictatoriale
absolue
capricieuse
sans merci
inique
tranchante.
Le monde ordonné
temps espace
1,2,3,4
se chamboulent.
Je ne suis plus personne
et je joue tous les rôles.
Il est caméléon.
Version multipliée
de l’homme.
Violent,
soumis,
orgueilleux,
loqueteux,
supérieur,
paria.
Je tourbillonne au rythme de nos démasquages déguisements respectifs.
Mes repères agacés malmenés fondent.
Je ne suis qu’un gros savon informe
manipulé
qui a perdu son nord.
La vraie personne est en friches
à force d'apesanteur et paradoxes.
Loin de lui
Dans ton coin
Protège et construis.
De près ou de loin
je reste entraînée
enchaînée
un pied dedans
tachée,
salie,
engrossée
pour toujours.
Je détourne les yeux
de ce côté obscur
dos courbé
lâche
et impuissante
toujours en mouvement
pour stopper net
la germination répugnante.
La pousse est prête
enracinée
dans mon hystérie,
condamnée
d'emblée.
Ne pas laisser grandir.
Atrophier
consciencieusement
jour
après
jour.
commissures en bave
pas tellement de désir
même si ma nausée n’opère pas la distinction,
d’impatience
de plaisir
d’être ensemble
en famille.
Pas de queue frétillante,
un peu de dignité !
Pas de jappement joyeux,
fierté virile !
Pas de reniflage préalable,
tête haute !
Mais tout ça comme un film devant mes yeux
file et refile
la métaphore
malheureuse.
Je brise ma voix,
à pieds joints de tout mon poids
sur mes paroles en fumée.
J’obture la bouche,
lèvres scellées,
j’en appelle à toutes mes forces vitales
pour tuer dans l’œuf
la rébellion salvatrice.
Cette résistance mortifère
devient ma vie.
Je ne peux rien dire.
J’ai ordre tacite et impensé
de me taire.
Le clébard tout content poursuit sa parade d’accueil
et après circonvolutions de rigueur,
nez à nez.
Je ne sais plus
à ce moment-là,
s’il est canin ou félin.
Je suis proie au piège
et maître barbare.
Phagocytée,
dégustée,
humée,
léchée,
sucée
avalée,
absorbée.
Avant même d’être touchée.
Pirouette cacahuète,
sourire coupable,
et
souveraine
dictatoriale
absolue
capricieuse
sans merci
inique
tranchante.
Le monde ordonné
temps espace
1,2,3,4
se chamboulent.
Je ne suis plus personne
et je joue tous les rôles.
Il est caméléon.
Version multipliée
de l’homme.
Violent,
soumis,
orgueilleux,
loqueteux,
supérieur,
paria.
Je tourbillonne au rythme de nos démasquages déguisements respectifs.
Mes repères agacés malmenés fondent.
Je ne suis qu’un gros savon informe
manipulé
qui a perdu son nord.
La vraie personne est en friches
à force d'apesanteur et paradoxes.
Loin de lui
Dans ton coin
Protège et construis.
De près ou de loin
je reste entraînée
enchaînée
un pied dedans
tachée,
salie,
engrossée
pour toujours.
Je détourne les yeux
de ce côté obscur
dos courbé
lâche
et impuissante
toujours en mouvement
pour stopper net
la germination répugnante.
La pousse est prête
enracinée
dans mon hystérie,
condamnée
d'emblée.
Ne pas laisser grandir.
Atrophier
consciencieusement
jour
après
jour.
Rouages
Sûre d’avoir tout compris.
J’ai bien trop longtemps réfléchi à cette question que je
sais cruciale pour douter de ma compréhension multidimensionnelle. J’y ai
pensé, repensé bons jours et mauvais.
Quelle que soit l’humeur,
quelque heure,
soleil ou lune au zénith.
Au fur et à mesure des années, je suis descendue et
profondément, osant toujours davantage m’aventurer dans les sous-couches. J’en
étais fière, relativement satisfaite. Et en même temps, pas rassasiée puisque
le problème avait beau être fouillé décortiqué émondé etc. jusqu’à atteindre
son cœur le plus intime, l’épreuve quotidienne demeurait.
Sûre d’avoir tout compris avec mes neurones, fiables
ouvriers.
Dévoués.
Malgré le rythme insensé imposé.
Donc je leur en avais voulu à un moment. Mais je me suis fait
pardonner cette bévue depuis. Injuste. Et même sachant qu’aucun d’entre eux
n’était en cause et que les bureaux centraux fonctionnaient à toutes turbines,
je piétinais. Bien entendu, l’agacement a
surgi,
mûri,
pourri.
Maîtrisé pour les besoins de la société.
J’en aurais cassé la gueule à tous les psys et profs de
l’univers.
Le haut fourneau se lasse. Il a fait tout ce qui était en
son pouvoir. Il a envie de passer
la main,
au suivant,
son tour.
Suffit maintenant.
Un bras de fer s’amorce. Les neurones en plein conflit de
loyauté, tiraillés entre marteau et enclume.
Périlleux.
Je ne lâcherai pas le morceau les gars. Peux pas.
Un petit matin comme les autres, il cache bien son jeu
celui-là. Je parle de l’avenir, désirs et besoins. Avec plaisir, insouciante.
Interlocuteur bienveillant.
Trêve.
Je m’entends à merveille, de haut en bas, larrons en foire.
Douceur de cette symbiose. Tout le monde est en accord. Le tiers médiateur fort
efficace ma foi cet intrus.
Je n’avais pas l’intention de le mêler à cette sale
histoire. Cela ne le regardait pas, je n’en parle pas, c’est décodé. Et puis
que pourrait-il m’apporter de plus ? Comprendra pas mieux que moi.
J’ai
déjà tout
compris.
Je
sais déjà
tout.
L’idée apparaît comme un cheveu sur la soupe dans mon déroulement,
rien à voir, sur les plans excitants du futur. Mais elle est là, peinturlurée
et rhabillée l’idée. Elle est méconnaissable. C’est pourtant elle.
Waouh ! la beauté !
Je l’avais épilée jusqu’au moindre bourgeon absolument lisse
de mystère.
Ubiquité de l’idée.
Je croyais la tenir
en joue
toujours sous les yeux
Sous contrôle. Je l’ai sous les yeux et elle se pavane en
champ périphérique, robe de soirée, apprêtée et sublime. J’en lâche mon
illusion à poil. Je ne l’ai pas laissé faire, à son caprice, je l’ai brimée
jusqu’à la moëlle. Libre de se révéler,
elle éblouit enfin telle que je l’ai cherchée derrière tous les buissons,
poursuivie, évidente.
Pas de rancœur ni colère ; un énorme courage
reconnaissant.
Assise par terre en tailleur, enfant maternel, je lâche
prise et l’idée imprévue coquette et codée, pourtant jamais aussi limpide,
débute enfin sa danse sacrée. Elle s’enroule et tournoie seule puis s’approche
de ses semblables, maîtresse chorégraphe, touchant l’un puis l’autre dans une
harmonie désarmante.
Fesses au sol, bras ballants, j’admire et me rhabille. La
raison humiliée tourne le dos et se tait.
Combien de
fois a-t-on expérimenté la quête acharnée face à l’angoisse ontologiquement
énigmatique, incompréhensible brûlante invisible ? On a relevé ses
manches, sacrifié à la besogne, mille fois sur le métier remis l’ouvrage. On a
lutté avec ténacité et volonté. Sans perdre le fil. Organisé, carré. On a perdu
confiance, un peu cœur aussi. Mais on a persisté. Et c’est un jour parmi ses
pairs, apparemment mais sûrement pas ses égaux, que tout s’éclaire au détour
d’un échange imprévu. Ce soulagement repus de voir s’élucider la douleur et
s’achever le combat qu’on avait admis vain. On est fier, on n’aime rien plus
que de savoir et comprendre d’alpha à omega. Mais ce jour-là, peu importe. Le
monde est puissant et on s’y soumet délicieusemtent.
Malgré l’erreur.
Malgré la honte embusquée.
Malgré l’honneur d’homme de science bafoué.
On a atteint le but par miracle.
Itinéraire bis serpentant en forêt obscure qu’on n’a pas voulu
pu emprunter ? Non. On ne l’a pas même imaginé. Formidable surprise. On se
sent les mains pleines
enfin
au fond des paumes
auparavant encombrées.
L’idée à la parfaite mesure et son cortège léger.
Celle pour laquelle on prie au-delà de la logique pour
pouvor continuer.
Inscription à :
Articles (Atom)